BfMiobn, II
IIISTOIRB DES ALOIGBOIS
était de môme de celle du vin, et ce banquet rappelait les agapes primitives. Remarquons que le manéisme occidental admettait le vin que rejetait le manichéisme oriental
Les cathares, comme les premiers chrétiens, s'en* voyaient ce pain consacré dont le pain bénit catholique est un souvenir. Pendant les persécations on le gardait , et Ton en man geait isolement des parcelles^ en témoignage de la communion des saints en celui qni est le pain du ciel. Mais le principal sacrement cathare, c'était le baptOme. Hardis logiciens, ils avaient supprimé le bapléme de l'eau qui est celui de Jean-Bapli:slc et lui avaient substitué le baptême do l'esprit ou do la lumière qui est le vrai baptême du Christ. Dans le christianisme ordinaire, le sacrement principal, essentiel, générateur, c*est l'eucharistie, symbole du sacrifice du Christ. Mais dans le catharisme, il n'y a point de sacrifice, dès lors point d'eucharistie proprement dite, et la cène est tombée au rang secondaire d'une agape. Le catharisme étant une purification, le baptême a pris le premier rang, est devenu le sacrement principal, unique. Nous Tavons dit précédemment, le catharisme est plutôt la religion du Paraclet que celle du Christ. Dès lors le sacrement générateur du paraciétisme est le baptême de r£sprit.
Les cathares aquitains l'appelaient Conort ou ConsohtnmU Ils l'administraient par Timposition
1. Le maJiofflétuine rejette aiiatt le vin, consacré par le CbriAt.
HISTOIRB DRS ALBIGEOIS
des mnin^î, accompagnée d'une prière, selon l'usage apostolique (Act. vrii, 12. — xiii, 3.-2 Tim. i, 6). Il n'était donné que dans l'âge adulte, parce qu'il suppose la foi. Il était le signe d'initiation des Parfaits et de consécration des diacreset des ôvôqnes» comme le baptdme des premiers temps. Vivant, Il introduisait Tadepte dans le sacerdoce ; mourant, il rintrodnisait dans le ciel. Aussi, ce moribond, pour faire une bonne fin, se mettait entièrement entre les mains des diacres. II fallait que le malade eût tous ses 9eA\9. On ne s'écartait de celte rèi^lo que pour les guerriers blossés à mort. Mais d'ordinaire les chevaliers s'y préparaient pnr r ApnrciVamenf , préliminaire qu'ils demandnient aux évéques avant la bataille *• Ainsi les cathares conservaient les deux sacrements primitifs, ou plutôt avaient substitué à reucharistie, le baptême devenu .en quelque sorte le sacrement unique et immensément développé dans un sens spirituel. Les catholiques au contraire matérialisaient les sacrements, dénaturaient l'essence du baptême ajoutant à l'eau l'huile et le sel, mutilaient l'eucharisliepar le retranchement de la coupe et dn vin, changeaient hi table en autel, la cène en sacrifice, et mul tipliaient à l'infini le sacrifice un, unique, universel du Calvaire. Les léoiiistes s'en tenaient strictement au baptême de Jean et à l'agape du Christ.
Du Paraclet, son céleste chef, rÉgli?e cathare prenait le hom d'Ëglise de la Consolation. Elle n'était composée que des Parfaits^ c'est*à-dire de ceux qu|