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34 HISTOIRB DBS ALBIGEOIS

L'abbé de Cîteaux en était le généralissime. Ce lieutenant du pape marchait sur son palefroi^ dans sa robe blanche^ comme un spectre, enveloppé de son suaire, et sortant des tombeaux pour se rendre à quelque grande fôte de la mort et de la destruction. Après ce prince du cloître^ les princes du monde en armures d acier, d'argent et d'or, le doc de Bourgogne, les comtes de Nevers et de Genève, les Montfort, les Marlj, les Montmorency, les grands barons de l'Ile de France. Puis, les aventuriers : Robert, sans avoir. Gui, qui yie boit point d'eau y Gilles, le loup, le renard^ le sanglier. Puis encore, les grandes et petites truanderies, les cours errantes des miracles, les abbajes nomades d'Amour ; des histrions, des chiens, des oiseaux. Les Bohèmes, les Gitanes, avec leurs rois hideux. Des Capétiens s'y coudoyaient avec des sultans fétides de Thunes, des caiâinaux ayec des califes yermineux d'Êgypte et de Galilée. Des papes des fous y singeaient Innocent III. L'empereur déguenillé des - Arlots menait Tayant-garde; Tarrière-garde se terminait par la reine des lupanars ; son phallus d'or formait la queue de l'ost dont la tête arborait la croix. Je tais Sodome et Gomorrhe. C'est ainsi que dans les épopées de l'Inde, Rama, ce tigre des hommes, qui est pourtant un dieu , marche contre l'hérétique Çeylan, k la • téte des éléments et des animaux, les rois des ours, des singes et des vautours'.

t. Hamayana. Le Midi A tiM^oart ou des races orientales vagahondej», Hum, Boulgtres» Armeoa, Tatares, Bohémia.

CHAPITRË IV

Présages sinistrM. — Les trois oat croisés s*«Taoo«ntdsrMt, d|i nord et de l!oneBt. — Ils opèrent leur JonetioB .dsTABt Bésien. «- Prise st massi^ers de Bésiers.

Le Midi cependant épronyait cette vague et eom*

bre émotion que ressentent les hommes, les animaux et môme, les éléments à L'heure des tempêtes. Les prêtres romains devenaient de plus en plus menaçants. Un jour lo comte de Foix passait devant le monastère de Saint- Antonin. C'était la fête du saint (iO mai), et l'abbé et ses moines, portant les reliques dans leur châsse d*or, se rendaient en psalmodiant vers un oratoire construit sur un monticule voisin au delà de TAriège. C'est la colline deTonnac dont réchaDcrnre est la brôche par où tons les orages da eouchant fondent sur Pamiers. Une chapelle chrétienne y avait remplacé nn autel païen de la Fondre. Le tonnerre était le seul danger .qne crai« gnissent les Ibères, et ils avaient dédié cette cime au Pericoul^, Les moines, à l'ouverture de la saison dés

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