Ibid. XXX
HISTOIRE DBS ALBIGEOIS
beau, ni oiseau <lfi [)roie, qui d'ordinaire suivent les armées, ne volai'Mit sur le camp des croisés. Et dans cet ost que la famine devrait dévorer, car on a détruit tous les moulins, l'abondance est telle qu'on a trente paios pour un denier. Certes, l'abbé de Cîteauz est un sorcier, et ses pèlerins qui ne mangent ni ne boivent ne peuvent être qae des démons*.
Ainsi résonnaient, dans leur effroi superstitieux, les habitants de Garcassonne. Un jour, un chef croisé, suivi de trente chevaliers, se présente à la porte orientale. Il demande à parler au vicomte. U se dit son parent et vient de la part du roi de France. C'est sans doute son oncle Beandoin, l'infant de Toulouse, déjà secrètement vendu aux chefs de la croisade. « Seigneur, dit-il à Rainon Roger, le Père toutpuissant me soit en aide tout comme je voudrais votre paix, votre salutetcelui de votre peuple. Si vous espérez être prochainement secouru, j'approuve que vous fassiez bonne défense. Mais de secours, vous le vojez, il n'en est point pour vous. Faites donc quelque accord avec le pape et les barons croisés. Sinon, je vous le dis de vrai, s'ils vous prennent de force, TOUS subirez tous même traitement que ceux de Bésiecs. Sauvez seulement vos personnes de douleur et de mort, — Seigneur, répondit le jeune vicomte, sur votre conseil et au commandement du roi Philippe de France, je ferais aussitôt droit de toute chose si je pouvais me rendre en sûreté à Tostdes croisés. — Je vous y mènerai sain et sauf, répondit le messager, et je vous ramènerai,