‹ Histoire des albigeoisChapitre 342 sur 442 · Légandat dé GommingM · texte numérisé non relu

Légandat dé GommingM

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Devant rinsurreclion nationale, les 200,000 vagabonds de la croix s'étaient fondus comme une nuée. Monfort passa péniblement cet hiver. Il attendait le printemps et une chevauchée du Nord pour reprendre les hostilités. La croisade arrivait le long da Rhône, condaite par sa femme» Alix de Montmorency. La comtesse amenait avec elle ses enfants» ses serviteurs, sa domesticité féodale. Elle était accompagnée d*un cortège de dames de l'Ile de France. La plus illustre de ces châtelaines était Mahault ou Malhilde de Garlande, sa cousine, mère de Bonrchard île Marli, le conquérant de Saissac devenu le captif de Cab-Aret. Ces dames venaient habiter les manoirs conquis par leurs époux, et former la cour de la comtesse de Montfort dans le palais yicomtal de Garcassonne

jSimon se rendit à la rencontre de sa vaillante compagne jusqu'à Pézénas. Il assista^ en l'attendant, an synode de Saint-Tibéri, où le légat Âmalric avait convoqué les évéques et les abbés septimaniens, pour juger Estève de Servian, l'un des principaux barons hérétiques de la vicomté de Béziers. Eslève avoua qu'il avait patronné sur ses terres le docteur cathare Baldoiiin, et Bernard de Simorra, évéqoe johannite de Garcassonne. il abjura son crime entre les mains de l'abbé de Glteaux, et promit de se joindre anx soldats de la croix. Simon, aaqnel il fit hommage lige, lai rendit ses chftteaux confisqués, sur lesquels il imposa un cens annuel de trois deniers par feu, en faveur de TÉglise romaine ; et

i. P. de Yau^-Geraa/, XXXIY.

Tapostat, remontant sur son palefroi de trahison, s'unit aax pèlerins amenés par la comtesse .de Mont* fort.

Simon se mit à leur tête et se dirigea vers Garcassqnne. Il ne tarda pas à se hearter contre l'insurrection patriote. Il apprend qne ses soldats sont assiégés an ch&teau de Montlatir, voisin de Tabbaye de la Qrasse. II laisse sa femme à Gampenda, surprend les assi^eants, délivre les croisés, et laisse Montlaur entonré d'un cercle de gibets et de cadavres. Puis Monlfort, continuant son chemin, entre dans Carcassonne, et installe sa femme et sa famille dans le palais des Trencabei, au-dessus de la tombe du dernier vicomte-martyr.

Il n'y resta pas longtemps. Il s'élança snr Alzonne qu'il trouva désert, puis sur Bram qu'il assiégea trois jours; il j fit cent prisonniers, leur fit couper le ne^et crever les yeuz^ et laissant un œil à Tun d'eux, chargea ce borgne de conduire ces aveugles devant Cab-Aret, pour épouvanter les châteaux de la Montagne-Noire. C'est à Bram qu'il prit le clerc français qui avait livré Montréal à son seigneur dépossédé, Améric de Laurac. 11 le fit dégrader par TévAque de Carcassonne, traîner à la queue d'un cheval et enfin mettre au *:ibet. Il s'élança sur le Ménerbois dont il prit toutes les tours, à l'exception de l'âpre et inexpugnable donjon de Ménerba. U assiège Alairac, manoir du roi goth Alaric, perclié sur des rochers entourés d'abîmes, au sud de l'Aude. Après onzejours de siège, ses défenseurs, craignant d'être forcés, s'évadèrent pendant la nuit. Montfort sntra le matin, massacra le reste des habitants, et

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s^empara de ces tours, maîtresses du pays de Lôrida jusqu'à la mer

Puis il se rend à Pamiors, où l'attendent le roi d'Aragon et le comte de Toulouse, médiateurs du comte de Foix. Après une conférence orageuse, on se aôpara pins irrités. Pierre II suivit le comte Ramon à Toulonae, et Montfort farienx s'élança sur Foix. n en cnlbnte les milices, les refonle dans lears mnrs; il fait bondir son cheval contre les herses des portes. Une grêle de pierres pleut des créneaux ; son écuyer est écrasA ; il est on dé-^arroi, mais comme un lion ; et après avoir ravagé et épouvanté les alentours^ il regagne Carcassonne.

Pierre-Roger, seigneur de Gab-Aret, Ramon des Termes et Améric de Montréal, et d'antres chevaliers, s'assemblèrent à Montréal, ponr se donner avec leurs terres au roi d'Ara^ron. Ils appelèrent le prince, ils allèrent à sa rencontre, et le prièrent d*entrer à Montréal pour recevoir riiomniage. Le monarque exigea d*avance qu'ils lui livrassent tous leurs châteaux, y compris le triple et imprenable donjon de Gab-Aret. Les barons refusèrent, ne se fiant pas à ce versatile suzerain qui avait offert au pape la couronne d'Aragon. Il continua son chemin vers l'Espagne. Il pria seulement Montfort, qui près de là assiégeait le château de Bellegarde, en bravade et à la barbe des seigneurs, d'accorder jusqu'à Pftques une trêve au comte de Foix. Ce désaccord fut un malheur, car le chevaleresque monarque,

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