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UiSTOiAE DëS albigeois
défi^nscu Simon parât enfin, mais ayant peu de monde^ il ne put menacer qu'nne petite partie da château. Les assiégés sortaient et rentraient sans crainte et venaient puiser de l'eau du torrent. Ils se moquaient des pèlerirjs, et du haut des murailles leur criaient : « Voici nos soldats, fuy*'Z, i^auvez- Yousl » Mais bientôt arrivèrent les Bretons, des multitudes de France et d'Allemagne; les assiégés cessèrent leurs dérisions et devinrent moins andacieox. Cependant Pifsrre-Roger de Gab-Âret rôdait nuit e| jour autour du camp, faisait main basse sur les croisés trouvés sur les chemins, les condamnait à la mort la plus bontease, ou les envoyait mutilés à Montlbrt. Ce chef sentait que la chute de Termés entraînerait celle de ses forteresses de la Montagne- Noire.
Après les Bretons arrivèrent en grand nombre des pèlerins français. Ils étaient conduits par les princes du Nord^ les comtes de Dreux et de Ponthieuy les évéques de Chartres et de Beauvais. Ce dernier, Philippe, était de la maison de France. Leur arrivée réjouit Monlfort, mais ils secondèrent peu le chef de la croisade. Le combat, du reste, était aux machines. L'ingénieur du siège était Guillaume, archidiacre de Pans. On remarquera que les deux ingénieurs de la croisade étaient deux prêtres, maître Guillaume et maître Thédise. Tàédise s'occupait alors moins de machines que de machinations. Mais Guillaume était infatigable; il prêchait, haranguait^ enseignait les charpentiers et les forgerons, poussait les soldats à l'assaut, allait
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couper les arbres dë la forêt et nivelait les crevasses
du sol en les comblant de fascines et de rochers. Le puissant balislaire entoura Termés d'une armée de c/w/5, de chiennes f de mangonneaux, de pierrières, de calabres qui gesticulaient et lançaient des quartiers de montagne comme des géants.
Les morsda premier faubourg furent bientôt dis* loqués et fracassés. Les croisés montent à rasssnt. Les assiégés incendient leurs maisons, ils se retirent dans le Barri supérieur. Ils firent un pijège de ce quartier brûlant. Ils laissent entrer les croisés, puis redescendant en tumulte, les refoulent sur les décombres fumants, et les précipitent par la brèche dans le ravin du torrent ^.
Cependant le Termet gênait beaucoup Tinvestisse* ment et Tattaque de Termes. Montfort résolut de s^emparer d'abord de ce roc crénelé. Il l'isola par un guet, pour le double cas où les soldats de la tour voudraient foudre sur le camp, et ott ceux du donjon viendraient en aide aux défenseurs de la tour. Maître Guillaume, avec grande peine et danger, sur un roc presque inaccessible, dressa un mangonneau entre la tour et le château. Les assiégés lui opposèrent un mangonneau pareil ; mais son jet ne pat détruire l'engin des croisés. Alors les défenseurs, se voyant cernés au pied de la roche, sans espoir de accours du chftteau, et écrasés dans la tour par le pierrier turc, s'esquivèrent pendant la nuit et abandonnèrent le Termet. Le matin, le guet voyant le
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HISTOIRB DES ALBIGEOIS
fort muet, se risqua à monter .daus la tour qu*il trouva déserte, et y planta, sar la cime, la bannière de Téyéqae de Chartres.
L'archidiacre dressa on mangonneaa sur une roche presqne inaccessible, voisine du château. Son jet
meurtrissait les côtes de granit du donjon. Monlfort l'avait mis sous la {^;arde de trois cents servants et de cinq chtn-alier?, Kamon de Tcrniès envoya quatrevingts servants détruire ce pieri'ier turc. Us sor tirent du château couverts de leurs écus, armés d'arcs et de tlèches, et suivis d'un grand nombre d'autres portant du bois, du feu et des matières inflammables. Ils s élancent vers la machine; les trois cents croisés se débandent, quatre des chevaliers suivent ces fuyards i il n'en reste qu'un seul sur le rocher. A grands coups de sa longue épée, il refoule les assaillants; il écarte de la roche les hommes, de' la machine les brandons; les pierres, les flèches, les Gammes, les menaces, rebondissent sur sa poih-ine vêtue de fer. Le cntnp et le château curent un instant l'étonnant spectacle du combat d'un contre cent. Montfort ne pouvait sauver ce vaillant avec ses pol-> Irons. 11 simula une attaque contre la forteresse ; ce qu'avait prévu le chef arriva ; les montagnards abandonnèrent le chevalier invaincu et se portèrent' vers les murailles menacées, de sorte que ce valeureux, deux fois abattu, précipité du rocher, se releva tou« jours, regrimpa sur sa cinrîe et sauva le pierrier turc. Dieu sait s'il fut acclamé dans le camp où sa bravoure prenait un air do miracle! Il se nommait Guilhem d'Escuret. (De la petite ioutaïue basque.)
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Il ne manque i> ce lu'rns que de con ballre pour son peuple et non pour l'étranger, pour la croix où sa patrie pendait expirante, où TEsprit agonisait martyrisé*.
Le moine historien présent au si^ge ne parle guère que des exploits des croisés. Il reste dans la chronique un vide que nous remplirons par les indications de rhi>^torien troubadour. Le camp fut fréquemment attaqué, soit par Pierre-Koger de Gab-Aret, qui rôdait dans les forêts voisines comme un léopard, soit par Hamon de Termès qui, de son donjon, fondait comme un vautour sur les hordes de la croix.
« Là se fit mainte joute^ et furent brisés maints ar* çons, tués maints chevaliers, maints intrépides Braraansons, perdus maintes enseignes et maints riches gonfanons, qUi, de force, furent emportés là-haut dans le donjon, en dépit do ceux de l'ost, et qu'ils le voulussent ou non. Les mangonneaux ni les pierriers ne font uucuu dommage au château. Les vivres y abondent, la viande fraîche et le bœuf salé; le vin, l'eau boire et le pain à foison. Ët si Dieu n'eût en* vojéquelquesfléaux, Termès n'eût jamais été pris'.»
Le premier fiéau que Dieu envoya fut la sécheresse. Il en viendra d'antres encore : la soif, un ciel d'airain, une terre de plomb, un déluge empoisonné, les trahisons de l'hiver. Termès ne sera vaincu, s'il Test) que par les éléments conjurés. Les calabres battent nuit et jour les côtes de pierre de la forte-