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HISTOIRE DBS ALBIGEOIS f03
sion de Cab-Aret. Pierre -Roger les reçut sur le seuil de son manoir, et leur remit les clefs de ses tours. Montfort confirma toutes les promesses de Bouchard, mit une forte garnison dans la forteresse, et son lion enfonça ses paissantes griffes sur les trois cornes crénelées da Bélier de la Montagne*^oire, — Ainsi fat conquis Gab-Aret, et, dit le poôte, « ce fat par grand miracle, car il eût r&istô au monde entier ; mais pas de cbàteao qai tienne contre Test da Christ*. .
Ainsi Montfort se trouva maître des trois forteresses, gardiennes avancées de Carcassoniie. Elles ne furent pas vaincues par les hommes, mais par la natare et un poavoir surnaturel : Ménerbe par la cani* cale, Termôs par Téquinoxe» Cab-Aret par une terreur panique, incarnée dans la Vierge, patronne de la croisade. Marie, Vénus pour les troubadours, était devenue pour les croisés une sorte de Minerve- Poliorcète.
Pierre-Roger rendit son chfiteau vide. Que devinrent les évoques albigeois, les troubadours patriotes, les chevaliers insoumis? Ils montèrent vers les cimes de la Montagne-Noire; ils s'établirent dans les terres des martyrs^ dans la forôt des Ramona- " dens, dans les grottes de marbre des sources de TOrbiel. Le centre de ces campements fut le cbàteau d'HautpouI, sur le versant septentrional. Son principal seigneur, de la maison de Saissac, prit fière« ment le titre de rot de V UautpùuîUns \
I. O. de TadeUe, stroph. LXIV. — Chronique romane. — Dom Vaissette, t. V, pr. I, p. 476.
d. JoUboU, archÎT. paléog. d*AU»i.
CHAÇITRE VII
"Lavaur. — Su l'o de Lavanr. — Les seigneurs de' T.avaur. — Troubles dans Touloiiso. — L'*''véque et les pèlerins de Toulouse vont joindre Munttort. — Les pèlerins aiiemaods sabrés par le comte de Foix.
Monlfort, maître des trois grandes forteresses de montagne» résolut d'assiéger l'importante place de Layaur. Lavaur, comme son nom l'indiqne, est sur une colline (la Baonr), baignée par FAgont, non • loin de son co»flaent avec le Tarn. Ses murailles avaient été défendues, trente ans auparavant, par la vaillante vicomtesse ÂladaTs, contre les bordetf dévastatrices du cardinal d'Albano. Ses seigneurs étaient restés fidèles aux Trencabel. Malheureusement le cliAtelain venait de périr, probablement lians quelque combat, laissant euceiote sa jeune femme, nommée Géra Ida
Dona Géralda de Lavaur était de la noble et puissante maison de Laurac-le-Grand. C'est Sicard de Laurac, son père» qui, voyant les missionnaires de' CUteauz entrer dans ses murs en les exorcisant par le