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Oiraude, Quiraude, Géralda

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signe de la croix» réjpondit : « Que je ne sois jamais sauvé par ce signe-là! » Blanca, sa mère, menait la vie solitaire des Parfaits; Mabilia, sa sœur, était

vierge -diaconesse couronnée; Esclarmonde , son autre sœur, non moins fervente, mais plus virile, avait épousé Guilheni d'Aniort, de la maison d'impéria, puissante dans la Cerdagne; enfin, Améric, son frère, était seigneur de Montréal, et le compagnon d'amour et de guerre de Richard Gœur-de-Lion et de -Pierre il, roi d'Aragon. Améric et Géralda allaient recevoir ensemble la double palme de la gloire et da martyre, Dona Géralda était renommée par son hospitalité. Nul ne prit congé d'elle sans avoir été convié, dit un poète qui, malgré son hostilité d'alors, avait peut-être reçu cetaccueil patriarcal. Son cœur, son palais, sa ville, étaient ouverts aux infortunés. Lavaur était remjdi de troubadours errants, de chevaliers déshérités, de cathares échappés à la mort. Lavaur, comme autrefois Laurac, était un centre du catharisme. Un chef manquait à ces proscrits. Ce chef accournt; c'était Améric de .Laurac et de Montréal,

■ Améric avait traité avec Montfort. Simon lui avait donné un domaine obscur, mais il lui avait ravi ses deux fiefs paternels, Laurac et Montréal. Son vieux père, sa mère, sa sœur, étaient errants et sans abri. 11 apprend que Simon menace Lavaur. 11 rompt son hommage et voie au secours de sa sœur, veuve, et mère d'orphelins et de proscrits. Il s'enferme dans ses murailles pour défendre sa sœur, son peuple, sa patrie terrestre et céleste. Le troubadour, sympathique quoique ennemi> en parle magnifique-

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ment : // n'y avait point dans le Toulousain, ni dans tout le comté, chevalier plus preux ni plus largement libéral. Que ne vâ44lpas faire dans Lavauri,,. Car forte est la ville. Nul n*en vit de plus forte y munie de plus hauts remparts et de fossés plus profonds. Et dedans sont maints chevaliers gentiment armés^et don Améric. Les croisés ne la prendront pas, si elle se défend bien et si elle est secondée par le comte Ramon^,

Lavaur est situé dans le Toulousain, et cependant se trouve dans la mouvance de Garcassonne. 11 faisait probablement partie de la dot de la yicomtessè Âladaïs. Ramon se regarda comme attaqué directement par Montfort. Il envoya son sénéchal Raraon de Récaud s'enfermer dans Lavaur, se réservant de contrarier du deliors les croisés. Montfort avait trop peu de monde pour envelopper la place. Il dut se contenter d'une seule attaque, bien qu'un autre corps simulât ailleurs un autre assaut. Les deux osts ne pouvaient s'entre-secourir, étant séparés par TÂgout. Améric fit d*abord une sortie, enleva un chevalier dans le combat, combattit la construction des calabres et mit en danger les deux camps isoléjs de Montfort. Mais bientôt arrivèrent de France nne multitude de pèlerins, conduits par les ôvôques de Bayeux et de Lisieux, et Pierre de Gourtenai, comte d'Auxerre. Alors Simon put investir entièrement la ville, et les deux osts communiquèrent par un pont de bois jeté sur l'Agout. Pierre de Gourtenai était parent du comte de Toulouse. Ramon espéra

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que, par la médiation de ce prince, Montfort se désisterait d'assiéger Lavaur. II se rendit au camp des croisés. Mais TentreTne n'amena que des altercations violentes, et les deux comtes se sépanM'cnt plus irrités que jamais. Ramon ne voulait pas accepter la pai.c de PEf/lise, c'est-à-dire remettre ses terres au légat et à Montfort. 11 rentra dans Toulouse et défendit qu'on portât des vivres au camp catholique de Lavaur.

Toulouse était en feu; deux partis s'y combattaient : la ville et le bourg, le comte et Tévéque, les hkmcs et les noirs. Les noirs étaient les hérétiques, partisans du comte ; les blancs étaient les catholiques, champions immaculés de révôquo. Foulques avait institué une confrérie. Il les marqua de la croix et les gratitia des indulgences de la croisade, 11 leur fit prêter serment de fidélité à l'Eglise, et leur donna pour chefs deux bourgeois et deux chevaliers, deux frères, Ârnauld et Améric de Gastelnau^ ce dernier surnommé Goffa. Ces quatre prévôts se formèrent en tribunal. Ils citèrent à leur barre les hérétiques et les usuriers. Us payaient leurs dettes par le fer et le feu. Ils pillaient et incendiaient les maisons des contumaces. Leur terrorisme dura jusqu'à ce que les citoyens du bourg formassent la confrérie patriote et noire qui attaqua les pillards et les assassins. Leurs combats ensanglantèrent les rues et les places de Toulouse. Les blancs, probablement battus, voulurent se rendre au siège de Lavaur. Le comte leur défendit de sortir des murs; mais ils s'é^

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