‹ Histoire des albigeoisChapitre 376 sur 442 · Anonyme · texte numérisé non relu

Anonyme

2, O. 4« TudeUe.

S3â HISTOIRE D£S ALBIGEOIS

chard. Ils mourroat avec bonneor ceux qai monr-

ront ici! Ils seront sauvés! Et si nous perdons des

chevaliers, rennemi y perdra aussi la âeur de ses barons. »

Le comte de Foix chevauche à Saint-Martin des Bordes; ses chevaliers dressent à l'arçon leurs lances, et de lears arbalètes laneent une nuée de ilèches. Tels.soQt les cria qu'ils poussent, tel en est le retentissementy qu'on dirait que le ciel Ta tomber ayec la foudre. Grande, au baisser des lances, devint la bataille. Les uns crient : Toulouse! Commences ! Foix! Les autres : Monlfort et Soissons ! Un chevalier du comte de Foix, le meilleur de ses barons, Gérard de Pépios, pique son destrier de ses tranchants éperons. Sur son chemin, à Tissue d'une broussaille, il rencontre un compagnon de Bouchard ; c'était un Breton. 11 le frappe sur Técu, lui perce les brassards, le pourpoint et le haubert, tellement que, par le dos, il lui pousse jusqu'à l'arçon nn tronçon de lance dont le pennon est tout sanglant. Il tombe mort d terre, sans confession. Les Français en sont Ibrt courroucés, lis volent à la rescousse, furieux comme des lions. Bouchard agite un pennon de soie au lion deMontfort ; ils poussent, ils frappent, de leurs tranchantes épées, sur le penchant d'une vallée qui mène à Montréal. Ils en tuèrent une centaine, mais ils perdirent le fils du châtelain de Lavaur, atteint, par le nasal et la visière, d'une flèche dont le coup fut mortel. Il tomba mort devant le sénéchal.

Bouchard éperonne et avec lui les Français. Ils crient : Monlfort ! Mais lui, par-dessus tout, invoque

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la Vierge. De Tautre côté s'élance le comte de Foix avec ses preux barons. C'est là que vous auriez vu targas brisées, lances rompues» débris jonchant la terre, et maint cheval sans maître bondir effaré dans la prairie. Martin Âlgals et ses hommes, quoi queTon en dise, s'enfuirent de cette mêlée jusqu'à ce que la bataille fût gagnée. Ils reparurent alors, disant qu'ils venaient de la poursuite des routiers. L'évêque • de Cahors et les hommes sans armure s'enfuirent une grande lieue juscju'à Fanjaiis, ce qui ne m'étonne de tels compagnons. Tout leur convoi leur fut enlevé. Mais les vainqueurs firent une grande folie avec ce butin. Ils s'attardèrent à piller le camp des croisés.

Cependant Montfort est à Castelnau. Il fait armer ses chevaliers. Il annonce que leurs compagnons ont perdu leur convoi. Il sait que si Bouchard est vain- • eu, il sera bloqué dans Castelnau et toute la terre perdue. Il laisse les hommes de pied dans le cliûteau et vole armé de toutes pièces, et bannières déployées, à la bataille.

11 s'y lance par la vole battue, l'épée nue à la main. De tous ceux qu'il rencontre, il prend les uns, tue les autres, routiers et mécréants éperdus. Le comte de Foix se porte à sa rencontre; son écu est fendu et- son épée brisée, tant il a frappé de coups. Roger-Bernard, son a fondu la foule. Porada le suit avec une lourde massue, et Sicard de Puilaurens, et les autres faidits qui sont là jjlumant la grue. Longue fut la mêlée. Des deux côtés beaucoup de morts. Le châtelain de Lavaur y perdit trois de ses fils.

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Cependant l'ost de Tonloiiso, dans la prairie, au pied du château, veut se retirer, tant est grand son effroi. Mais S^vari s'ér^^i^ : « Seii^neur, teaez-voos tons tranquilles. Que nul homme ne bouge ; antrement on est perdu ! 0 Seigneur de gloire, par ta très sainte loi, garde-nons de déshonneur! » Le comte de Toulouse se crut trahi. Ramon de Récaud* s'enfuit jusqu'à Montferrand ; puis il revînt, et ne quitta plus son armure. Après la bataille, Bouchard vint assiéi^(T camp. Il ci iail haute voix : « Frappez sur l'o.^t ! il?: sont (loconlits ! » Les chevaliers prirent un grand élan pour franchir les fossés d'un bond, et assaillir l'ost roman parmi les tentes et les pavillons. Mais les tranchées arrêtèrent la cavalerie qui trébucha dans les fossés et se crut perdue et morte. Montfort rentra dans le ch&teaUy satisfait de cette victoire incomplète. Les croisés, avant d'6ter leur armure, revinrent sur le champ de bataille, à la clarté de la lune. Ils n'y trouvèrent pas le comte de Foix. Ils pillèrent le camp désert, et ramassèrent dans le sang une partie do leur butin perdu. Le comte de Foix s'était éloigné. Le comte de Toulouse décampa. II abandonna ses engins. MoDtfort ne le poursuivit pas. De part et d'autre on était fatigué •

Ainsi se termina cette grande bataille formée d'une victoire, d'une revanche disputée et d'une re- • traite indécise. Mais Montfort aurait àt périr et la croisade être balavée.

Montfort a-t-il combattu? Pierre de Vaux-Gernay, présent à la bataille, assure qu'il n'arriva qu'à la ân et pour poursuivre les fuyards. Donc le héros catholique des deux affaires, c'est Bouchard de

Marli. Le héros albigeois, c'est le comte de Foix, qui, selon le troubadour, eut son cheval tué, son épée j3risée, son bouclier fendu, et s'éleva au niveau des chevaliers de la Table-Ronde. Dans la seconde affaire, c'est Roger-Bernard, infant de Foix, qui rétablit le combat. L'arrivée de Montfort décida la re- . traite. Il y ent des fajards dans les deux osts, et les deux chefs proclamèrent leur victoire. Montfort, revenu à GastelnatifSe déchaussa, entra pieds nos dans l'église, et fit chanter un Te Deuni. Le comte de Foix regagna le camp abandonné devant Gastelnaadari. La victoire romane parut si évidente que Puilaurens, Gaillac, Rabastencs, Saint-Antonin, se rendirent à Ramon V J , et que le comte de Foix défia en combat singulier le général de la croisade. Le vaincu, blessé au cœor, frappé à mort dans ses enfants, c'est l'héroïque Bouchard de Marli, châtelain de Lavaur, car il perdit dans ces trois combats ses jeunes âls, beaux comme des fils de roi.

GIIAPITRE m

SnitM de la lataUle de Lat-Bordas. — Soulèvement du raidi

contre Montfort. — Nouveaux croisés de Fraure, d'Allemagne, d Esclavonie. — Arrivée du prince de Sidoa. — Sièges de Tudelle, de Saiut-Marcel, d'iiautpoul.

Le roi Philippe-Auguste ne voyait pas sans une crainte secrète les conquêtes de Montfort. A Ra-

mon VI, son cousin, prince pacifique, se substituait

un sujet, un baron guerrier, un aventurier audacieux, un usurpateur de sa souveraineté. Il s'en phugnit à Iiino 'ciit m. Lo pontife répondit que * le comte de Toulouse élait accusé d'iiérôsie; qu'il avait coq- . voquô un concile pour le juger; que Ramon ne s'était pas purgé de son crime ; qu'il avait ainsi perdu ses domaines ; mais qu0 le saint^siège avait suffisamment pourvu à l'honneur du roi.» Rome, en attendant, s'appropriait le comté de Mag:ueIonne. |irj^a^ bataille 'de Lns-liordas avait cependant n ûlé Montfort. On le disait prisonnier, écorché vif,'ppndu à un gibet... Assiégé par lecomto de Toulouse, il ne répondait pas^ il faisait ie mort. II attendait des

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troupes de France. Il alla à leur rencontre jusqu'à Narbonne. £iles étaient conduites par Alain de Roacj. Avec ce renfort, il marcha contre Ramon VI. Ce prince leva le siège de Gastelnan et se

rendit dans TAlbigeois, qui se soulevait tout entier sous le contre-choc de la bataille. Puilaurens, Gaillac, Rabastencs, La Guépie, La Garde, Puiceley, Cahuzac, Saint-Antonin, acclamèrent le comte national. La Grave se délivra aussi, mais plus tragiquement : c'était le temps des vendanges ; le châtelain croisé faisait arranger ses tonneaux; le tonnelier invite le chef à inspecter son travail; le capitaine se courbe» et Fonvrier, d'un coup de hache, abat sa tête. Son sang fnt le premier vin qui rougit cette futaille. Le peuple se soulève et massacre les étrangers. Quelques jours après, Baudouin, allié de Montfort, arriva sur le malin. A la croix de Toulouse, ou le prit pour le comte Raraon. On lui ouvrit les portes, et le transfuge ordonna le massacre. Tout fut impitoyablement mis à mort; mais il perdit Salvagnac ou croît le beau froment (167). 11 ne lui resta que Bruniquel.

Montfort, au désespoir, accourut à Pamiers pour

contenir le soulèvement ariégeoia. Déjà Saverdnn s'était insurgé. 11 donnait le signal au Podaguez et au Lauragais. C'est alors que le comte de Foix lui envoya son cartel qui était le déli national. Les croisés prétendent qu'il ne tint pas son cartel ; mais son âis le tint, et la nation le tiendra jusqu'à ce que la croisade soit exterminée. Simon faisait ravitailler Fanjaus par le châtelain de Melphe. L'Infant Tat-* tendity entre Fanjaus et Mirepois; il mit en fuite

Melphe, taa son frère Gausbert, sabra resoorte, et enleva le convoi.

Montfort' resta languissant tout cet automne. Mais voici que des bandes lui arrivèrent de France, d'Allemagne, d'Esclavonie. Simon avait connu ces Esclavons catholiques pendant sa chevauchée de Zara, de Raguse et de Iloni^rie. Les Grecs étaient sympathiques aux Albigeois. Maître Guillaume, archidiacre de Paris, et Jacques de Vitry, curé d' Argenteuily amenaient les peuples des bords du Rhin. L'évèqne de Toulouse et l'abbé de Vaux-Cemaj conduisaient ceux de TUe-de-France. Leur capitaine était Robert de Mauvezin. On ignore le nom du Vaivode des Dalmates aux caftans brodés, aux jupbns flottants, à l'aspect oriental. Ils arrivèrent en décembre à Carcassonne, et, malgré l'hiver, Montfort les mena débloquer le château de Quier, assiégé par le comte de Foix, et ravager le val de TAriège,

Enfin arriva Gui de Montfort. Les deux frères, partis ensemble pour TOrient^ se retrouvaient, après une absence de cinq ans, à Castres, aux fêtes de Noèl ; l'un prince du Liban, l'autre des Pyrénées.

Gui revenait avec sa femme, Helvise d'Helin, de race royale, dame de Sidon, et les enfants qu'il avait eus de cette Syrienne, qni seront nn jour seig-neurs de l'Albigeois et de la Pliénicie. Les deux guerriers se racontèrent leurs aventures sui- terre et sur mer ; c'était le siècle des merveilles. Pour le distinguer des nombreux chefs du même nom, nous donnerons au généreux Gui le titre de prince de Sidon. Los deux Montfort, à peine réunis, également

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avides de guerre, marchèrent contre Tadelle d'Albigeois. Ce cliâteaa appartenait au pôre da fameux Gérard de Pépios. Le yieiUard défendit lui-même son donjon. Tndelle fat enlevé d'assant et ses défenseurs massacrés. On n'épargna que le baron, ponr l'échanger contre Drogon de Conipaus, cousin de Robert de Mauvezin, captif dans les tours de Foix. Le vieux Pépios se retira près de son fils au camp des princes. Montfort marcha ensuite contre Cahuzac. Les comtes de Toulouse, de Gommenges et de Foix s'avancèrent jusqu'à deux lieues de cette forteresse. De GaiUac ils semblaient vouloir contrarier le siège. Ils ne bougèrent pas : immobiles, ils virent Montfort escalader Cahuzac. Ils furent évidemment contenus par l'ost du prince de Sidon. Cahuzac tomba vers rEpipbani(», au plus fort de l'hiver. Les trois comtes rétrogradèrent vers le sud. Simon revint à Albi consulte r Tabbé de Clteaux. Cet oracle de la guerre lui ordonna d'assiéger Saint«Marcely solide forteresse à trois lieues d'Albi.

Montfort appela de Bruniquel le comte Baudouin» qui vint le joindre à Cahuzac, et les deux chefs réunis investirent Saint- Marcel. La place était forte par ses niurailics, par le torrent le Sczou qui baignait SOS l'osst's, et par l'intrépide courage de Pépios. Le comte do Foix s'enlerina de plus dans la forte- .resse, et les deux autres princes formèrent le blocus. Pendant un mois et demi, Montfort battit, fracassa, escalada le rempart. Mais, dit le troubadour, il ne fit ceuvre qui vaille une pomme pourrie , si ce n^est^ Diiu me pardonne^ des chants de messe ! Le comte deFoiXydu dedans, Técrasaitdanslesfossés. Ce prince

en personne viat incendier ses calabres. Le comte de Toulonae, au dehors, affamait le camp et enlevait les Ti?resqai venaient d*Albi. Le dernier jonr, vendredi saint» les croisés n'avaient plus à dévorer que le bois de leurs machines détruites, les grains de leurs chapelets et les dérisions des assiégés qui, du haut des murailles, leur renvoyaient leurs hurlements et leurs canlilènes. Montfort décampa la veille de Pâques ^24 mars). Le comte de Foix livrait cet ost famélique à Rjsimon VI ; mais le prince eut peur d'Âllard de Rousse et de Pierre de Livron qui protégeaient la marche. Il laissa* échapper Montfort, qui, vaincu et honteux, rentra dans Albi.

L'invasion musulmane empêcha le roi d'Aragon de secourir le comte de Toulouse. Le vainqueur de Tolosi ne viendra qu'un an plus tard et pour tomber à Muret. Montfort, que le monarque eût alors probablement abattu, se fortifiera de vigueur et d'audace et continuera ses progrès. Repoussé de Saint- Marcel, il passa les fêtes de Pâques à Albi; puis^ . après quinze jours de repos, descendit à Castres et monta contre Hautpoul. C'est un château du Toulousain qui, de son escarpement, domine un hameau jelé dans les précipices, et, dans Téloignement, les • bourgs de Sainl-.Vmans, de Mazamet, de la Higa, cachés par les bois dans les ravins de l'Arn. de l'Arnette et de la Larnettc, torrents de la Montagne- Noire. Le seigneur d'Hautpoul était allié aux puissantes maisons de Castres et de Saissac. Son donjon aérien le rendait très hardi. Son emblème héral* dique était le coq, le clairon du jour, â la crête em-

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pourprée, aa plumage noir, et à la grifife de eombat comme la serre de l'aigle. Dans «a fierté, ce baron

s'intitulait 7'oifle Vllimipoullois. C'était un royaume de rochers, de forêts, de torrents et de nuages, au pied septentrional du pic de Nore. La croisade, qui enveloppait Castres et Garcassonne, avait fait remonter les populations des deux versants vers ce sommet. Hautpoul était devenu une capitale de proscrits. Gomme ce donjon ne pouvait les contenir tous, ils campaient aux alentours; leurs noms signalent encore ces campements patriotiques : forêt des Ranwnâens^ hameaux des Martyrs ^ Terres de Dieu, L'mie des châtelaines d'Hautpoul, Ermengarde, la heUe Albif/eoi^e, était sœur du patriarche Guiilabert de Castres, et belle-sœur de Bertrand de Saissac, ex-régent cathare de Garcassonne. Ermengarde était la rivale de beauté d'AladaïS de Boissezon et de Brunissende de Cap-Aret. Leur troubadour était Ramon de Miraval, et leur platonique adorateur, le roi d*Aragon. Hautpoul était un siège de cour d'amour. Ses tours étaient ceintes d'une triple auréole de chevalerie, de poésie et d'albigéisme. Mais cet arc-en-ciel était maintenant enveloppé d'une tempête.

Simon de Montfort arriva, le second dimanche après Pâques, sur le soir, au pied de la montagne d'ilautpoul. Il fit mettre pied à terre à ses cbeva^ liers, et, du ruisseau, se mit à grimper le redan septentrional. Pierre de Vauz-Gemaj était de l'expédition, et voici le tableau qu*il nous fait des aspérités des lieux : « Or, était le fort d^Hautpoul situé sur le point le plus ardu d'une très haute montagne et très escarpée, entra d'énormes roches presque inacces^ n 16

sibles.Sa force était telle, ainsi que je Tai tq de mes yeux et connu par expérience, que si les portes du château eussent été ouvertes et qu'où n'eût fait aucune résistance, nul n'aurait pu le parcourir sans difficulté extrême et atteindre jusqu'à la tour. » Le vaillant petit )'oi de V HautpouUois lança se^ archers sur lescrôtes et les ravins, comme ane nuée de gaôpes. Ce ne fdt qae le troisième jour qne Montfort put atteindre un rocher an nivean dn bourg et y asseoir une calabre. La brèche ouverte, les chevaliers, des* cendant dans le ravin de granit, résolurent de tenter l'assaut. Ils gravirent le redan et pénétrèrent même dans le faubourg; mais les as^iéi^ét:, du haut des murs et des toits, les accablèrent sous une grêle d'énormes caillonXy et leur fermèrent le retour en mettant le feu sur leurs derrières et dans la brèche. Écrasés par cette pluie de pierres, il» durent s'ouvrir un chemin ft travers les flammes pour ressortir des murs et regagner leur camp.

Montfort était vaincu ; il essaya de négocier. Il est vrai que le chroniqueur attribue cette négociation aux assiégés, pour les charger d'une perfidie invraisemblable de la part d'un vainqueur, ifontfort avait dans son camp un transfuge de riliustre maison de Cap-Aret. Il l'envoya parlementer aux portes. Gomme il parlait de reddition, une flèche vint en sifflant lui couper la voix. Blessé à la jambe, il put regagner le camp des croisés. Pourquoi Hautpoul se serait-il rendu? Il était léfendu par les chevaliers de Lombers, de Saissac, de Cap-Aret. 11 était protégé par les Ilamondeusdes forêts, les faiditsdes Terres de Dieu; par le vertige et i'abUne; l'été,

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par Tardent soleil; l'hiver, par les âpres glaciers; en tout temps, pâr Tourapran du pic de Nore.

Eh bien, ce donjon d'ilautpoal, gardé ps^r la terre et par le ciel, invincible aux hommes, inexpugnable aux machines, fat yaincu par un brouillard et par une terreur panique. Un soir, la montagne fut en* yeloppée d'une légère brume, comme par une haleine (lu pic de Nore, Ces chevaliers, vainqueurs à la clarté du soleil, se virent perdus dans cette ombre et celle nuée. Ils s'épouvantèrent, se crurent surpris, égorgés, s'échappèrent par les poternes, abandonnèrent le glorieux donjon et se firent tuer par les croisés dans les précipices pour gagner le champ d'asile des bois de Ramondens. Montfort entra dans Hautpoul, massacra les fugitifs attardés dans ses murs, incendia le bourg fracassé, et en balaya dans les ravins les décombres et les cadavres; mais il garda l'inexpugnable donjon pour dominer son microscopique royaume de rHaulpouUois ; puis il traqua les Ramondens dans la forêt et descendit vers Sorèze.

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