Moréri. Durfort
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Braïda du Peyrai; ces noms d'enfants aident TliistcH rien h reconstruire ce refuge guerrier et sacerdotal. Montsôgur fut un clan chevaleresque. Ramon de Perelha en est le chef sous £sclarmonde. Il est le Barac de cette DÔbora. Autour de lui se groupent son frère Bertran^ ses beaux-frères les Lantar, ses cousins de Lavelanet, de Bélissen, de Villemur, du Peyrat, de Diirfort; puis encore ses parents ou alliés de Léraii, de liélestar, de Massabrac, de Fanjaux, de Festa, de Toruabois, de Gabarret,de Rabot, de Durban, d'Arvigna, de Narbonne, de Montservaf, d'Acongost^ de Gap de Porc^ et toute cette forôt de branches mftles ou femelles inextricablement entrelacées de la noblesse pyrénéenne. Le patriarche, les évéques, les -vieillards, les femmes, les enfants, gardaient, comme une légion de prières, le tabernacle aérien du Paraclet. llamon mit sa jeune épouse sous la protection d'Esclarinonde et de Philippa, embrassa son nouveau-né dans sou berceau, et partit pour combattre dans la vallée. Il descendit avec les barons pour défendre les abords de la montagne sainte, cet hémicycle de ch&teaux, vedettes avancées de Montségur.
Le prince de Sidon franchit le Ghercorb, montagne qui sépare la vallée de l'Aude du cours de l'Ers. 11 avait pris en })assant Lambert de Groissi, seifi:neur de Limous; Gui de Lévis venait le rejoindre, de Mirepoix. Les autres chefs étaient Robert, archevêque de Rouen, Kobert, évèque de Laon, et Enguerrand de Boves, châtelain de Saverdun. L'ingénieur de Tost était Guillaume» archi* diacre de Paris. Ils enlevèrent Ghalabre» capitale
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du Ghercorb, et ]e donnèrent à Jean de Bruyères, avec son canton montagneux, dépouille des Bélis- .sen de Fanjaux. Ils prirent le Peyrat, Bélesta, la Roca, défendus par leurs seigneurs. Tous ces châteaux étaient plus forts par leur courage que par leur escarpement. La pliis.irrande résistance fut à Lavelanet. Ixatiion et Bérenger défendirent leur hourg- situé sur un nionticulo rocailleux, dont le Lectorier forme le fossé bouilioniiant. Lavelanet fut escaladé et tout le peuple resté dans ses murs fut massacré. Bertraude Perelha et Arnaud-Roger de Bôlissen disputèrent Perelha, et Rocafissada Tut défendue par les Lantar. Ils ne succombèrent pas sans combat; le torrent roula du sang et des morts; des amas d'ossements, recouverts par les alluvions, dans la vallce de 1 Herui, nous révèlent un champ de bataille.
Pierre de Vaux-Ccrnay, alors au sièL'-e de Penne d'Agénais, ne parle que de l'assaut et du meurtre de Lavelanet, qu'il appelle incorrectement Anan h ( . 11 prétend que sa chute fit tomber d'etfroi tous les châteaux des alentours. Chacun d'eux, on l'a vu, eut son escalade, et Montségur ne sourcilla pas dans les nuées. Ramon de Perelha ramena les fui^i tifs vers la raonta-^ne sainte. 11 y eut des combats dans la plaine de Ben- Aïs ou Massabrac. Dans cette retraite la cavalerie cles croisés enleva Olivéria, mère de Béreiiger de Lavelanet. Gui de Montlbrt l'envova dans les tours de Garcassonne.
De la plate-forme. de Montségur, Ësdarmonde, Philippa, Corba, regardaient, comme du sein des nuées» à deuxlieoesdelàdans la plaine, les combats
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de leurs, fils et de leurs époux. Jusque-là lecuUe du P«raclet s'était maintenu dans les bourgs de i'Olmès. Les mères de Ramon de Perelha et d'Arnaud- Roger de Bélissen officiaient Lavelanet. Guillabert de Castres résidait à Saint-Paul de Jarrats, chez les Lantar. Après l'irruption dos croisés, ce patriarclie, les diacres et les diaconesses remontèrent à Moiitségur. Tunique sanctuaire inviolé dans les nues.
Le prince de Sidon youlut assiéger l'inexpugnable forteresse du Tbabor. 11 lança sa cavalerie à droite et à gauche sur l'Ers etleLectorier, et aborda directement la montagne de Serrelongue, par Ben- Aïs, alors appelée Massabrac. Ranioii de Perelha, qui protéj^eait les fuiritifs, disputa l'accès do la montagne, (loîiiier asile du Consohiteur. Les combats continuèrent sur les rampes de la lorét de lioires et de bouleaux. Les croisés cependant, au travers des nuées de flèches, comme un guêpier irrité dans ses rochers, atteignirent la cime. Au fond d'une haute gorge ils aperçurent Montségur qui barrait le ciel et crurent qu'ils n'avaient qu'à l'escalader; mais en arrivant au pied du donjon, ils se trouvèrent arrêtés par un immense fossé naturel appelé T Abès. Ils voulurent tourner cet abîme en abordant l'échancrure de la chaîne latérale au château, (^olle embrasure était surplombée, par le donjon, ils furent ac-» cueillis par une pluie de résine bouillante entremêlée de gréions de rochers tombés des tours. Pour tenter un siège régulier, il eût fallu six mois à l'archidiacre de Paris, le Vauban de Tost, qui même eût été vaincu par l'hiver. Le prince de Sidon dut reçu-
1er et abandonner sa conqndle aérienne. G*eet alors qn'arriva le messager de Simon qui l'appelait an siège laborieux de Penne d' A gênais. Il apprit en
môme temps que le comte de Foix accourait sar ses derrières. Ramon-Roi^er ava-it repris Mazères et Saverdon. En trois bonds il était à Mirepoix, à Lavplnnet, à Montségiir. Un jour encore, et Gui se trouvait cerné sur cette cime et précipité dans les gonffres du Thabor.
C'est ainsi qu'an moment «d'un suprême assaut Montsêgur vit redescendre et s'éloigner la croisade» et la mort. Pendant 'que Guide Montfort cheyau«. che à grandes journées TersTAgênais, avant de rentrer dans les combats, arrêtons-nous sur ces cime^, mAlons-noiis .1 la joie des pioux solitaires, et voyons encore de quoi se composait à cette époque le grand asile pyrénéen.
Le comte de Foix en était le chef anonyme. Nous connaissons la phalange des barons réfugiés. Disons seulement que les vieillards seuls gardaient la Roche sainte, et que les jeunes chevaliers suivaient le comte dans les batailles. Guillabert de Castres était le patriarche d'Aquitaine. Les évêques Ramon de Rlasco, Ramon de lîéiissen, Bernard de Siniorra, Renédect de Termès, formaient son conseil. Esclarmonde était l'archidiaconesse. Elle avait pour acolytes ses co-catéchumônes. de £anjaux et la comtesse Philippa. Deux de ses diacone«^^=; sont très remarquables. L'une, Ermengarde du Teii, abbesse des SalenqueSy était l'amante soupçoniiée du comte Ramon«Roger, et la mère putative de Loup et de la petite Esclarmonde de Fois. L'àutre> dona Turca
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des Armens de Farijaux, descendait des Pauliciens d'Arménie, ou d'Arméniens armuriers venus avec les croisades, qui, dans leurs ateliers de Fanjaux, fabriquaient à la fois les armures du corps et de l'esprit; Don Ferrand, son mari, mourut et légua à Ramon de Perelha, en salaire d'hospitalité, Tunique trésor d'un chevalier des hois, son cheval de gnerre. — Montségar avait recueilli beaucoup d'orphelins des combats : le petit vicomte de Car* cassonne, Loup de Foix , les deux petits Pierre- Roger do Bélissen, Bernard et Olivier de Penne, les enfants d'Aiiiort, neveux rrAméric de T.aurac. Des troubadours leur apprenaient à lire dans les épopées et les martyrologes de leurs pères. Ils montaient à cheval, chassaient Tours et Tisard dans la forôt, péchaient la truite aux écailles d'or dans les gouffres druidiques, ou cueillaient les. fruits des bois» le naprun» Tabajou, (uva ursi) Tépine vinette^ le miel sauvage, dont les vierges et les matrones faisaient des liqueurs, des cordiaux, des vulnéraires pour lès guerriers blessés. Montségur.était la grande ambulance des batailles.