‹ Histoire des albigeoisChapitre 396 sur 442 · Innocent lil, i. X.V, ep · texte numérisé non relu

Innocent lil, i. X.V, ep

iOi aiSTOlHE DES ALBIGEOIS

TÔque de Narbonne ef Simon de Montfort, ayant coudait ensaite l'armée des croisés dans les domaines da comte de Toulouse, tous Devons êtes pas contentés d*envahir tous les lieux où il y nvait des hérétiques,

mais voiîs vous êtes encore emparés de ceux dans lesquels il n'y avait aucun soupi on d'hérésie; car ayant exigé h' st-nuent des peuples du pays et leur ayant peruiis d'y demeurer, il n'est nullement vraisemblable qu'ils soient hérétique». Les mêmes am* bass&deurs nous ont remontré que tous avez usarpé le bien d'autrui avec tant d'avidité et si peu de ménagements, qu'à peine de tous les domaines du comte de Toulouse lui reste-t-il la ville de ce nom, avec le château de Montauban. Knlre ces domaines usurpés, le roi d'Ara<ron marque le pays que Richard, roi d'Angleterro, avait donné sa sœur en la mariant avec ce comte, les terres des comtes de Foix, de Gommenges, et celles de Gaston de Béarn. Ce prince se plainty de plus, de ce que vous, archevêque de Narbonne et Simon de Montfort, aves obligé les sujets de ces trois comtes, quoiqu'ils soient ses vassaux, à prêter serment de fidélité à un autre, dans les domaines que vous avez envahis. 11 3joute qu'à son retour de la guern^ contre les Sarr.isifis, le comle de Toulouse l'ayant été trouver et lui ayant exposé ce qu'il avait soulVei t de la part des croisés, il avait attribué à ses péchés le refus que l'Eglise faisait de recevoir la satisfaction qu'il olfi ait, étant disposé d'exécuter tous nos ordres autant qu'il serait possible. Que ce comte lui avait dit ensuite que, pour n'être pas le seul à souffrir une pareille confuàon, il lui remettait ses domaines, son ûla et sa femme, sosur

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HISTOIRE DES ÂLBIGCOIS

de ce prince, afin qn'il prît leur défense on qu'il l'abandonn&t, comme il jugerait à propos. Le roi marque ensuite qu'étant sur le point d'essuyer un

affront sur ce sujet, et que n'étant pas juste que la peine soit plus grande que le délit, il nous supplie humblement de conserverie comté de Toulouse pour le fils de ce comte, qui n'a jamais été imbu de l'erreur et qui ne le sera jamais» avec la grâce de Dieu, il a promis de garder en son pouvoir tant le fils du comte de Toulouse que le comte lui-môme, tout le temps qu'il nous plaira, afin de faire instruire le premier dans la foi et avoir soin de son éducation, et d'apporter toute son attention pour extirper l'hérésie du royaume d'Aragon et pour y faire fleurir la fol catholique : avec offre de donner pour l'observation de toutes ces choses telle caution que le Saint-Siège demandera. Enfin, il a déclaré que le comte de Toulouse est prêt à faire pour le passé la pénitence que nous voudrons loi imposer, et d'aller servir contre les infidèles, soit dans les pays d'outre-mer, soit en Espagne, sur les frontières des Sarrasins. Au reste, comme l'affaire est difficile et qu'elle a été conduite à une fin assez heureuse, on doit y procéder avec beaucoup d'attention pour ne pas détruire légèrement ce qui avait été exécuté avec tant de peine. C'est pourquoi nous vous ordonnons d'assembler un concile dans un lieu commode et assuré, d'y convoquer tous les archevêques, ôvéques, abbés, comtes, barons, consuls et recteurs que vous jugerez à propos. £t après leur avoir proposé les demandes et les désirs du roi d'Aragon, sans aucane considération humaine, de nous envoyer leur

avis afin de statuer ensaita tout ce qoi sera convenable K •

Innocent III écrivit en mdme temps à Montfort : « L'illostre roi d'Aragon noas fait remontrer par ses ambassadenrs que vous gaerrojez, non senlement contre les hérétiqnes, mais encore contre les catho-

liijues; que vous répandez le sang des innocents et envahissez les terres des comtes de Foix, de Gommenges et de Béarn, ses vassaux non suspects, et que vous ravissez leurs terres dans le temps où il fait la gaerre aux Sarrasins. Rendez leurs terres à ces princes, rendez an roi l'hommage quevonsloi devez pour Carcassonne ; qu'on ne dise pas que vous travaillez pour votre intérêt et non pour la foi K •

Enfin le pontife, magnanime cette fois et bien inspiré, ordonne à Arnauld-Amalric de suspendre la croisade, de détourner la guerre contre les îSarrasius et d'en conférer avec le roi d'Aragon

Il est évident qu'Innocent 111 est changé. Ce n'est plus le pontife foudroyant. 11 sort de sa bouche un accent humain. Qui Ta donc ainsi transformé? . Ëst-ce la voix du roi d* Aragon ? Est-ce le cri de l'Aquitaine égorgée? Est-ce le chœur des villes martyres, Béziers» Carcassonne et Lavaur remontant du fond de l'abîme? Le vice-Dieu, qui se croyait le vicaire du Christ, s'est-il entrevu avec horreur dans la chaire du monde catholique comme un spectre d'Attila, une larve de Satan?

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