II. S
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f?rec, boulevtM'sé rAllernagae , l'Ang-leterre , la France, anathématisé trente rois, séquestré les trônes, asservi la catholicité, immobilisé le dogme, motilé r£uchari9iie> io8tito6 l'inquisition^ oe cheva* let de Tintelligenoe, et le confessionnal, ce tombeaa perpendicalaire de l'âme. Il avait fermé la Bible, et comme l'esprit liumaîn incarcéré l'esprit divin. Théocrato, il n'avait que faire de l'Ecriture ; scolasiique subtil, il j trouvait quatre sens : l'historique, rallé* goriqne, l'anagogiqne et le tropologiqne. Janus qua» drifrons. Dans sa harangue de Latran il dit un seul mot du salut par la Foi. S*il l'eût admis, il eût été Luther. Il n'admet que le salut par l'Église, et par le glaive, ce sacrement de fer des croisades. La Foi, c'est la liberté; la grâce, c'est Tamour : il retranchait dans le salut l'éclair, l'électricité, rinstanta-» néité de Dieu. Sa foi admettait laiperfidie; son amour, ]a haine et la mort. Le théocrate était d'airain, mais rhomme reparaissait parfois sous le yice^Dieu* Son concile fat plus inexorable que lui. Lateranus latrat et latrocinat. Au milieu de ses chiens aboyants, il resta relativement calme et juste. Il se montra magnanime envers le comte de Foiz, l'extermiDateur des bohèmes de la croix. Il réserva, dans sa pitié, la ProTcnce à Ramonet de Toulouse, et laissa tomber quelques paroles de miséricorde naïve et charmante, mais stérile, sur lorphelin de Garcassonne. Son der-* nier cri fut un cri de guerre : « Glaive^ glaive^ sors du /ourrcmi ! » 11 mourut en calife d'Occident. H s'était rendu à Pérouse pour activer la croisade orientale, rêvant d'aller à sa téte reconquérir Jérusalem. Ce César de la crosse et de la croix ne vivait que de
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sang et de larmes d'oranges. Il ne put digérer, comme l'autre, le sang végétal. 11 mourut à cinqaantd- quatre ans» après avoir, pendant dix-neuf années, régi, agité, gouverné, ensanglanté, éponyanté et foudroyé le monde. Les moines mômes doutèrent du salut de leur autocrate. Lutgarde, une nonne du Brabant, le vit enveloppé de flammes : la Vierge l'avait sauvé de l'enfer, mais il devait rester dans le purgatoire jusqu'au jour du jugement. G est le trône brûlant qu'il occupe dans l'histoire, sedet eternumque sedehit. C'est un olympieu de l'ombre, un superbe Antéchrist. Voilà le jugem^t de Joachim de Flore.
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