Art. de vérifier les dates. IX
D. Vaissette, hist. du Languedoc, livre ixiii, p. 207.
(Joindre à la mort de Guiut, tuô devant Castelnaudari, la mort de Pétroaella, enterrée à Lesaledieu, nécropole des oomtea de Hit^urr».
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Nons avons va qa'Iiiiiocent III avait été charmé du comte de Foiz. Il avait été conqais par la grftce,
réloquence et Tliéroïsme du prince pyrénéen. De sorte que le plus grand adversaire de Montfort, le guerrier qui avait le plus abattu de pèlerins croisés, le baron qui avait armé les deux forteresses inexpugnables de Montségnr et de Castelbon, le héros futur de la délivrance romane, fut le bienvenu du foudroyant pontife. Innocent lui imposa une trêve de quinze ans, mais il nomma des commissaires pour lui rendre son château de Foix. ATabbé de Saint-Tibéri, détenteur favorable d o njon comtal, il adjoignit Tabbé non moins propice de Fontirède. Ils citèrent les deux grands champions. Simon, qui avait rompu la trêve, n'y vint pas; Roger, qui l'avait fidèlement observée, comparut. On ajourna les parties au 11 septembre, à Foix. Roger descendit de Tarascon, mais Montfort ne monta pas de Toulouse. Il envoya pourtant son procureur Lucas demander qu'on ajournât encore, et qu on se réunit à Saint- Jean de Verges, à rentrée de la montagne de Foix. Saint-Jean était au pouvoir de TÉglise romaine. Lucas comparut, mais fit de nouvelles objections, et l'abbé de Fontfrède, impatienté, renvoya Roger et Simon à la stricte observation de la trêve d'Innocent 111.
Montfort, qui éludait continuellement la paix du pontife, résolut de la briser par un coup d'éclat.
Pendant qu'il triomphait à Paris, le comte de Foix avait relevé le château qu'on appelait Montgrenier et indifféremment Monlgaiilard : Montgrenier, à cause
de la fertilité de son terroir; Montgaillard» à canse de l'escarpement de sa cime arrondie comme ane Tagae.
Il formait du côté de Test un fort avancé du donjon comtal qui b:irrait les vallées deTarascon et de Sairit- Paoul de Jarrats, au pied du Thal))r. Ce château appartenait vraisemblablement aux B ilissen, retirés dans ses murs depuis la perte de Mirepoiz.
Innocent III était mort; Honorius II, son saccessear, continua sa politique d'apaisement. Ce pape or* donna à Tabbé de Saint-Tibéri de rendre à Ramon* Ro^rer le château de Foix(27 novembre). « Nous ordonnons en i'.oiiséquence à révêijue de Maguelonne et au prieur de Fontfrède de recevoirde V()us(HamoQ- Ro^^^r), de Roger-Bernard^ votre ûls, et de Roger de Gommenge8(de Conseransl, votre neveo, nne caution suffisante que vous ne troubleres plus la paix et les affaires de la Foi ; et une promem que si cela arrive, le château de Foix demeurera cantisqué au profit de l'Eglise romaine » (8 décembre). De plus, lôyûÛO sols melgoricns à Tabbé de Saint-Tibéri, pour la garde de la forteresse. Rome faisait argent de tout, de la guerre comme de ia paix. Or, ce fut pour empêcher cette paix et la restitution du chftteaa de Foix que Montfort s'élança de Toulouse sur Pa* mîers et de Pamiers sur Mont.^aillard. 11 laissa jiasser le temps des neiges, et, le 6 février, il campait au confluent de TAriège et du Sios, qui descend du Thabor. Ramon-Bernard, infant de Foix, s'enferma dans le roc aérien. Ses compagnons étaient les Bé* lissen, seigneurs du manoir; les Lantar, dont Saint- Paoul est le bourg et Rocafissada le donjon ; peutêtre Ramon de Feyrela, leur beau-frère, et ses cou-
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sins les barons de TOlmès et du Sabartès. Le comtfl de Foix était à Tarascon; il n'attaqua pas Simon, mais accourut à Perpignan auprès des prélats garants de la paix. Les commissaires menacent Mont- -fort, lui écrivent de lever le siège, se rendent eux-mêmes au camp de Montgaillard. L*andacieux Simon ne lâche })as sa proie; il ravage, et so fortifie dans le bourg de Foix. Il brave les abbés, les évêques et le pape; les abbés de Saint-Tibéri et de Fontfrède ne peuvent opposer à ces violences qu'un blâme impuissant et qu'un stérile a na thème. Us repartent pour Perpignan, où les attendait révéque de Maguelonne ; ils y reçoivent les adhésions à la paix du comte de Foix, resté dans Perpignan, de Ro<^er-Bernard de sa roche assiégée, et d'Arnaud de Castelbon d'au-delà des Pvrénées. Castelbon et Montségur semblent désarmer devant le pape. C'est Simon qui maintenant est le rebelle. Il étreint Montgaillard, il le pulvérise de ses calabres, il multiplie les escalades, toujours refoulées.
Montg^aillard se montra di^ne de son nom ; il ne céda qu'à la famine. Uoger-Eernard, manquant de vivres, dut capituler la veille de Pâques. Après une défense de six semaines, il descendit do son inexpugnable rocher suivi de ses compagnons invaincus, revêtus de leurs armes, mais avec le serment d'être douze mois sans guerroyer contre les croisés, serment qui se confondait avec la trêve, et dont la réciprocité s'imposait à Monlforl. Ils montèrent dans les champs d'asile des Pyrénées, Montségur et Castelbon.
Montfori, maître de cette porte de TAriège, tira
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yen l'est et voulat fermer la porte de TÂude; de Garcassonne, il remonta vers les sources de oe fleave;
il reprit quelques châteaux du Termenois reconquis par les faidits, et traita avec les maisons d'Alion, d'Aniort, de Pierre-Pertuse, et avec le vicomte de Cerdagne, SaochoN-unez, dont il avait, pour son fils, enlevé la femme, PétronUle de Bigorre. Maître des ports de Bigarre, de Gommenges, da Gonserans» da Sabartès et de Gerdagne, il crut n'avoir plos rien à craindre pour Toulouse de Tinsurrection exilée, qui roulait comme un tonnerre sourd derrière les Pyrénées.