P«y, Peeh, Pooeh, Pool, Pi^ol
lilSTOiRË DES ALBIGEOIS 49
pôle poétique, c'était Toulouse et la conr de Ra-
mon V. G*est la terre classique de la gaiescience. Les dialectes du Limousin et de TAuvergne, sont agrestes comme leurs forêts, âpres comme leurs montagnes. Le Provençal lui-même est guttural comme son sol est rocailleux; mais à Toulouse, la fécondité de la terre, la sérénité du ciel, la culture plus latine, avaient produit le langage le plus mélodieux. « 0 Toulouse, s'écrie un troubadour du Velay, que ton langage est ravissant* 1 » Les troubadours de la ré* gion du Nord venaient pour s'y perfectionner» pour en saisir l'accent et la màodie. Là, parurent Bernard de Ventadour, Arnauld de M arreil^ et l'illustre Bertran de Boro. Ces cbanteurs du Nord Tenaient y jouter avec les poètes du Midi : Marcabrus, Pierre Vidal, Jordan de Saint-Antonin, Ramon de Miraval, Guilhem de Cabestang, et le grand Guilbem de Tudella, riiomère des comtes de Foix. Ils s'y rencontraient avec les poètes de Lombardie, de Catalogne et d'Aragon, et le roi Alphonse le Chaste, passait les Pyrénées pour y lutter d'harmonie et de galanterie chevaleres^e avec Richard Cœur de Lion. La poésie romane, exotique dans le Nord, ne peut donc pas s'appeler limosine, pas plus qu'auvergnate; limosin dans ce cas dériye,non de Liinogss, mais de Limons, d'où l'émigration cathare passa en Espagne. Mais, indigène dans le Sud, elle a droit de s'appeler Provençalej en tant que ce nom embrasse les deux rives du Ixhône, comprend l'Aquitaine, et s'étend avec le sceptre de Touioose, des Alpes à l'Océan.