Pierre Cardinal
80 UISTÛlHfi DES ALBIGEOIS
Toulouse est le irrai oentre géographique de oet empire poétique dont rhorizon englobait TEspagne et ritalie et flottait jusqu'au monde slave^ jusqu'au monde arabe. Toulouse était là métropole où s'élaborait le roman classique qui flottait au-dessus des langages villageois comme l'italien et \e castillan planèrent plus tard au-dessus des dialectes rustiques des deux péninsules méridionales. Cette langue romane est la grande sœur adulte de tous les idiomes néo-latins naissants. Non seulement les troubadours fréquentaient les cours de Gastille, d'Aragon^ de Lombardie^ de Naples et de Sicile ; non seulement ils chantaient en langue romane partout classique et partout entendue^ mais encore ils chantaient dans les dialectes indéfiniment rarîés des deux péninsules italique et ibérieujio. Il nous reste encore quelques-uns de ces poèmes polyglottes, où Génois, Catalans, Aquitains, dialoguent chacun dans son idiome indigène^ Les troubadours étaient leurs maîtres de poésie ; ils sont les premiers poètes espagnols et italiens, les parrains du Dante et de Pétrarque. Quelquefois^ comme dans Alighieri lui-même, le roman alterne avec le latin^ mais rarement. Il n y a ' que les moines qui versifient encore en latin» comme Ligor à Toubuse^ : coassement de corbeaux, glapissement de hiboux qui, du fond de leurs ténèbres^ grommellent contre toutes ces jeunes choses, la liberté, la poésie, le soleil, et contre ces blanches légions de cygnes qui les célèbrent en