‹ Histoire des albigeoisChapitre 48 sur 442 · Rambaultl de. Vaquièros · texte numérisé non relu

Rambaultl de. Vaquièros

2k Pétri veuerabiUs carmina.

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chœur, décrivant leurs cercles harmonieux autour des Pâmasses pyrénéens.

Ainsi TAquitaine, comme la Grôoe, a commencé par la poésie; mais elle n'est pas arrivée jusqu'à ràge de la prose. La France, an contraire, a déiNité par la prose, comme Rome. La chronique y ya nattre ayec Vill^hardouin et JcHOviUe. L'histoire est la poésie de la France. La prose française a d^à l'allure chevaleresque et la marehe épique. Toutefois, le sénéchal de Champagne et le maréchal de Roumanie ne sont que deux exceptions éclatantes. La féodalité du Nord est uniquement guerrière, inculte, à demi barbare. Le baronnage du Sud aime l'art, cultive le gai savoir. La chevalerie romane, et c'est là son caractère distinctif, fait alliance avec la poésie et la liberté. Elle délibère dans les capitoles des cités, et chante dans.les cours ' d'amonr. Lé plébéien s'ennoblit par sa harpe; le baron i^ustre par le chant et les vers ; k poésie monte même jusqu'aux princes. De là, pAle-méle dans les fêtes musicales, tant de chantres plébéiens, de barons ménestrels, de troubadours rois. La bibliothèque des troubadours s'ouvre par le puissant et licencieux Guilhemll, comte de Poitiers, bisaïeul de Richard

Cœur de Lion, qui ferme ce siècle.

Jamais une pareille éclosion de poètes depuis répoque lyrique de la Grèce ; l'époque de Sapho, d'Alcée, d'Anacréon, de Simonide, de Tyrtôe, d'Archiloqne, de Stésichore, cet ftge prodigieux des chantres éoliens qui se termina et s*épanouit si magnifi-

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qnement dans le grand et religieux Pindare. L'art antique est plus éclatant, et posstuie dans sa Ijre d'ivoire un instrument plus parfait; mais il le cède à l'art aquitain pour le charme naïf, la grâce ineffable, l'héroïsme chevaleresque, les délicatesses et les mélanoolies du cobw, cette harpe vivante et sensible» qm rendent incomparables le^ cbantres d'amonr. Ofy cette mélodieuse et héroïque seconde moitié du zii* siôcley c*est le rôgne de Ramon V. Ramon V est Pempereor et Tonloiise la métropole de l'empire iTamour.

Les Capétiens avaient débuté par le bftcher des cathares d'Orléans. Los Aquitains qui redoutaient leur invasion, se retournèrent vers les Garlovingien s déchus. Gharlemagne, le fléau de l'Aquitaine, devint leur héros épique. Leur poésie ne célébra que le César gallo-romain. Charles, Roland, Turpin, les vaincas de RoncevanXy plus même qne le yainqueur, deymrent populaires. Le grand empereur donne son nom à un cjde poétique. Il eut desHomères» comme Théronlde; il eut ses Jérémies aux longs regrets. Vers la fin du ziv*. siècle encore, Âméric du Pejrrat, abbé de Moissac, écriyit les Lamentations de la mort du roi Charlemagne^.

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