‹ Histoire des albigeoisChapitre 57 sur 442 · Michelet : Bib. de TUam. — Quinet : (iéaie des Hel · texte numérisé non relu

Michelet : Bib. de TUam. — Quinet : (iéaie des Hel

fasion, à leur merveilleuse efflorescence. Alors aussi la femme est glorifiée, mise sarcle trône et sur l'autel. Elle devient reine et déesse. On Télôve dans le monde snr an trône d'encens; dans le ciel, sar on trône de vapeais et de rayons. Or» l'empire d'amour a ses racines cosmogomipies dans le mythe d'ËTe. .

D'après le dogme mosaïque, Jéhova créa d'abord l'homme audrogjne. Adam, chose touchante, est la mère d'Êve qui devait l'être du genre humain. Éve fat tirée^ dans une estase, du âanc entr'oavert d'Adam, et formée d'an fragment arraché de son cœur. CeTîscère fiévreux sera le fonds de son être; fille d'un déchirement^ elle sera plaintive mais infiniment consolatrice, et d'un dévouement merveiHeuz à soigner les plaies du corps, à cicatricer les blessures du cœur. Née danp un songe, elle sera rêveuse, surexcitera les longs rêves, et volontiprs s'*'ilancera par l'extase vers un monde idéal. Dieu nnlui donna point d'autre âme que celle d*Adam. Adam est le chef «d'Ëve, comme Ëve est le cœur d'Adam ^ mais la téte domine le cœur. De là, créature complémentaire, plus faible, plus délicate et plus sensible, puisqu'elle n'est pas formée de la terre, mais d'une chair d^ft Tivante et du forer même de la vie : la femme reste néanmoins subordonnée, quoique semblable; inférieure, quoique identique. N'ayant point d'existence propre, elle n'aura point de nom; elle s'absorbera dans rhomme, son origine, et dans la famille, sa fin. Vierge, elle n'a que le nom de son p^re; épouse, que le nom de son mari. Son nom est Tlommesse. Le serpent seul lui dira : Déesse ! Telle est la solide base

que donne à la famille humaine le mythe mosaïque'.

D*apr(>s le mythe platonicien, Y époux etTéponse,

sont deux Esprits égaux, indépendants, unis déjà diuis le ciel, et tombés, d'astres en astres, dans Texil de la terre, et pris comme Toiseau dans les pièges de la chair. I/Ève cathare est donc moins terrestre, moins charnelle encore que i'Ë?e biblique. D'origine tout éthérée, elle sera moins épouse, moins mère et manquera de sang et d'entrailles. Mais distincte, indépendante, ayant sa valeur propre, elle aura plus d'activité, sur un champ plus vaste, dans un horizon plus éclatant* Elle héritera, possédera, sera baronne et prétresse, présidente des cours d'amour, arcliidiaconesse du Taraclet. Au lieu de la navette et du fasean, elle tiendra la plume, le lyre, le sceptre. Reine dos cu'urs, déesse des songes, elle siégera sur un trône de soupirs et d'encens. De k\, dans le mariage, peu de stabilité, divorce fréquent, dualité continue, car l'époux qui possède le corps, possède rarement le cœur. 11 existe un époux de Tâme dans un rôve. Le mariage physique n'est qu'un triste de* voir, ses baisers presqu'une souillure. Toute la gloire est au pur amour. L'Ëve platonique est donc sur le trône, presque sur l'autel. Domina, elle aura la domiriation, elle sera clame et 'niaUressc, magistrat. Bien plus, elle sera adorée, comnio une chose céleste, et tandis que l'épouse juive reste sujette, et ne sera jamais que hommesse, la nymphe grecque, selon la promesse du serpent, monte au rang de

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