les terres de Tévéché et mit le siège devant la
986. ville de Rochester ; mais , apaisé par le paiement d^une somme d'argent, il cessa ^& hostilités. Il est probable que cette quei:cUe entre le jeune roi et Tévéque provint de quelque demande légale à laquelle ce dernier refusa dt souscrire ; mais dans un tel moment , lorscpe le pays fumait enicore des incendies allumés pair les Danois , la contestation était intempestive , quelque juste qu'elle pût être , etDunstan» ]^esqu'à son lit de mort , en prit de rechef occasion de noircir la conduite du roi.
A cette même époque environ , Âifric , Gis d^Alfere , qui possédait le comté de Mercie , ayant trempé dans une conspiration con^ Ethelred , fut condamné par le witenagemot. On confisqua ses propriétés, et lui-même, proscrit, fut banni du pays. On reconnaît encore dans cet événement Tinfluence des dissentions intérieures ; mais si Texil d* Aifric est une preuve
NODVELL8S IMVASIOIfS. 36']
d^ re$prit de rébellion qui faisait agir les oobles d'£tbelr€d , le prompt rétablissemeat du comte de Oflercie dan^ ses anciens honneurs prouye aussi le désordre où était tombé le gouvernement , et la faiblesse du pouvoir exécutif.
La seule partie de TAngleterre dans laquelle les Danois rencontrèrent une forte résistance fulTEstanglie , où Ton pouvait le moins s'attendre à trouver autant de patriotisme. L'armée des vikingar, commandée par Justin etGurthmand, y rencontra Brithnoth et ses guerriers. Ce chef était peMt-^étfç lui-même de sang danois , mais l'écoulement d'un siècle avait effacé dans cette ^^ contrée toute distinction entre les individus de âa race et les faabitans primitifs. Le pieux guerrier n'avait plus aucun rapport avec les bandes païennes. D'une loyauté inébranlable , il défendit avec opiniâtreté la p'er&onne , les siqets et le royaume de son souverain ; mais ce noble thane d*£thelred tomba sous la sagaie ' ^ arme qiie les pirates danois avaient probablement apportée des pays sarr>azii\s.
* Ce mot, en anglo-saxon , se rend par ategar ou halegar , qui présente une analogie évidente avec le mot espagnol oçogaya. Je ne connais pas la racine de ce mot , mais il semble ^u^on pourrait la trouver aussi dans yatagan.
368 LK DANE-GteLO»
Les exploits de Brithnoth ont ëtë recueillis dans nn poëme historique d\in mérite peu ordinaire, et quoique nous ne puissions convenir, avec certain antiquaire, que ce lay rappelle Tënert gie et la simplicité d'Homère , nous devons dire cependant que c'est un reste fort singulier et fort précieux de la poésie des anciens tems '.
Brithnoth fut donc célébré par les bardes ; mais personne ne fiit tenté de suivre son exemple ou de rivaliser avec lui de gloire ; et les invasions subséquentes des Danois montrèrent combien le courage de l'Angleterre était abattu. Les Danois menaçaient les côtes méridionales. Les witails s'assemblèrent ; Sigeric , archevêque de Gantorbery , Âlphage , évêque de Winchester, le comte Ethelward et le factieux Elfric donnèrent le funeste conseil d'apaiser les envahisseurs par le tribut du dane-geld. Ce malheureux expédient, déjà employé autrefois , fut adopté par le roi , et les Danois reçurent pour premier paiement la somme de dix mille livres qu'ils extorquèrent de la lâcheté de l'Angleterre.
' On trouve une traduction de ce poëme dans PesUmable ou^Ttge de M. Conybeare , qui contient un aperçu général de ta poëHC anglo-saxonne.
TRAHISON J>*ALFR1C. 36^
Cest à ce prix que, selon les termes mén^e an traite, les Anglais essayèrent d^ acheter leur paix arec Olave, Justin et Gurthmund, (ils deSte* getan. Mais le paiement de ce tribut , levé par une taxe directe sur les propriétés , fut peut-être moins humiliant qu^une autre condition à la>quelle les Anglais durent en outre se soumettre* Les Danois se firent nourrir par le pajs qu^ils avaient apauvri, et le peuple fut forcé de bien traiter ses plus cruels ennemis. La faiblesse avait dicté l'avis dont cette soumission fiit la suite ^ mais il avait été aussi TefFet de la trahison. Alfinc avait formé une ligue secrète avec les Danois , et sa fraude fui cause d'une défute. On avait rassemblé une grande flotte pour la défense de Londres : Âlfric en donna connaissance aux ennemis , et passa de leur côté la veille du combat. Il échappa au courroux d'Ethelred , qui punit son fils Elfgard à sa place en lui faisant crever les yeux ; vengeance féroce et impardonnable, que le crime du père ne devait pas faire retomber sur le fils.
Le châtiment infligé à Elfgard ne put arrêter les Danois ; ils n'étaient pas hommes à s'en laisser effrayer. Sweyne, et Olave^roi de Norwége, s'avancèrent avec un redoublement de furio. Ils
3^0 NOUVEAUX TRIBUTS PATBA PAK l'aZIGLBTE&RE.
^arguèrent LoDdres> mus tout le midi de T Angleieire éprouva des maux inexprimables , et on leur paya seize mille livres , comme pour les inviter à faire plus de mal encore. Chaque tribut qu'ils obtenaient les avertissait , en effets qu^en répétant les mêmes agressions ils provoqueraient un résultat semblable.
On avait inséré dans le traité qu^OUve se ferait baptiser , et il jura en outre qu'il n^attaquerait plus les Anglais , convention qu'il observa .fidèlement. Mais le traité n'impliquait pas que l'armée navale des Danois quitterait ies eaux de l'Angleterre. Leurs vaisseaux restèrent donc en station le long des côtes ; d'autres invsr sions s'ensuivirent , leurs déprédations se renouvelèrent sans relâche , presque toute l'Angle*