‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 105 sur 124 · ATTAQUE ET VENGEANCE DE 8WETNE · texte numérisé non relu

ATTAQUE ET VENGEANCE DE 8WETNE

ambition se trouvait alors accompagnée de rts^ sentiment, attaqua 111e avec plus d'opiniâtreté ^ que jamais. Ses invasions réitérées plongèrent 4 le pays dans une misère extrême. Tontes \es 1007. parties du royaume de Wessex furent livrées aux flammes et à la désolation. Dans cette extrémité, un grand conseil des-witans s^ assembla par les ordres d*Ethelred. Etait-il possible de sauver le pays d'une ruine, totale? Ils eurent recours à leur expédient ordinaire , et ne trouvèrent d'autre moyen de 'mitiger le mal qu'en payant une #ouvelle rançon. On envoya une ambassade aux Danois pour leur ofiGrir de Vargent et solliciter un armistice': ceux-ci acceptèrent ces propositions. Il fallut de toutes parts ibumir aux ennemis des provisions, et Ton acheta la trêve au prix de trente mille livres d'argent , valeur de sept cent vingt niille acres de terre.

Il paraît ;, d'après les expressions employées par lès chroniqueurs , que l'orgueil delà nation anglaise était profondément blessé des subsides payés à l'ennemi. Un tribut était la marque d'asservissement que les rois de Wessex avaient si long-tems imposée aux états bretons , après les avoir soumis : et cet impôt était aussi préjudi-

LK SHIF*MOIfET. S77

dable à l'honoeur de- la couronne que pesant pour Je peuple. Ce iut alors qu'Ethelred adopta un nouveau mO(de de recrutement. Outre Tan- 1008. cieane. milice nationale /il en fit lever une par les propriëtaires fonciers, en proportion des terres . qu'ils possédaient. Neuf hides de terre obligeaient de fournir un homme arme du casque et du.liaubert;* Le même moyen procura des forces navales ; et .par . chaque étendue de trois cent dix hides, il fallut faire lesfirais d'un vaisseau pour. la défense du royaume '.Telle est Porigine ëloigûée de la taxe connue sous le nom de jA^mo/i^y, et d'aprèala chaîne mystérieuse des évë» nemens humains, attachés Fun à Tautre comme autant d'anneaux, on peut Voir. dans ces régiemens d^Ethelred la cause qui plus tard fit expulser les Stuarts du trône. H parvint ainsi à équiper une flotte formidable , et les livres nous appreur nent que «c jusqu!au tems de ce roi, il n'avait été D rassemblé autant dç vaisseaux en Angleterre. » Si le pays au nord de l'Humber donna son contingent, la flotte put s'élever à mille vais*

' Les chromqaeurs varient sur les particularité, de la cotisation. ' Argent~dur-valsseim. Tayc imposée sods le règne de Charles I*'' pour foornir des ▼aisseaux i la marine royale. ( JV. «ftf 7. )

SijS CARACTÈftX d'eTHEUED

seaux t ^t îl àut y a^cnr «ooi les annes plus âe quarante millti hommes. ' Cet force» ^ bien diii»gëe« et joititeâ à la niilice , aum^ent auffi pour chasser à jasais les Danois des rivages bri*^ tanniqiiës ; mais le récit, de cet armemenl te tomine par des lamentations sur son înutililé. JEithelred avait commence son règne avec de mauvais présages f et la malëdictioti de Donatan s^était dppeiantie sur s^.tète. Il n'avait point soutenu soti caractère de voi , éf ce ii*élait pas les vices de Thonime qui pouvaient racheter les défaAita du souvêrÛB. La reine, sa fetnme, fut r objet de ses ^ëdains s setf wi^sto souffrirent de son-injusiice, et ses pluà proches parcaos craignaient sa violence et sa rapacité. Ses.mautaiscs qualités et ses défauts sont aterés;' mais les faits que son histoire ilOus rév^e ne justifient pas de même TimpUtation d^iùcapacité alléguée dontre lui par les chroniqueurs. Ses efforts furent panlyséA par la trahison, et par la confiance mal placée qu'il accorda ^ux traîtres pour les rame* ner à lui. I^ succès des invasions de Swejne doit être attribué aux artifices 4*£lfric , qui conserva son pouvoir et son i*ang, malgré Pévidence de sa déloyauté: Sa perfidie était notoire: en effet, il aurait pu prévenir la perte d'Exeter, dont il t

EDRIC STREOME. 3^g

été £fit mention prëcëdemment. Les forces du Wilts elda Hampshire étaient à ses ordres ; mais au moment où il fallait se mettre à leur tête , il eut recom^ à une de ses ruses ordinaires , et faisant semblant de tomber malade , il évita de combattre et laissa Sweyne piller et ravager les côtes avec impunité. Une longue suite de sentences judiciaires piv^noncées à cette époque , indique la découverte et la punition d'attentats contre le gouvernement , soit réels , soit sup-* posés. Wulfgeat perd toutes ses propriétés par la confiscation ; Wulfneah et Ufiigeat sont condamnés à perdre la vue , sans que nous puis*sions juger de leur innocence ou de leur culpabilité. Dans le même tems , Tealdorman ^Ifhelm fut injustement mis à mort par Tordre d^Edric Stréone , qui, autant qu'un seul individu peut avoir d'influence sur les destinées d'un peuple, devint la principale cause des calamités dont l'Angleterre fut affligée.

Edric était d'une naissance obscure ; mais il avait beaucoup d'éloquence, il possédait des talens <pii n'étaient égalés que par sa perver'* site, et il parvint rapidement à la plus haute faveur. Il devint parent du roi en obtenant la main d'Edgithe, fille d'Ethelred^ et se fit nom-

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mer ealdorman du royaume de Merde , *gour vemë jusque-là par Elfiâc. Gelui-d vivait encore, et Ton ne sait s'il fui de Vechef prive de ses domaines héréditaires , ou si la nomination d'Edric ne fut pas une espèce de vice-royauté. La dernière opinion me parait la plus probable ; on peut penser qu'Edric fut investi d'une aato^ rite déléguée qui le mit à même d'exercer les fonctions royales , et de se Êiire rendre par h noblesse de Mercie l'obéissance et les services que le roi lui-même eût pu en attendre. Cette promotion , et plus encore cette mésaliîance d'une fille d'Odin , constituèrent une dérogation formelle aux prindpes du gouvernement anglosaxon.

Edric était le chef d'une famille nombreuse et remplie d'ambition, dont tous les membres pa- 1 009. raissent avoir eu leur part de son avancemen L Cependant ils étaient très-désunis entr'eux.Brihtric, fi'ère d'Edric, conspira la perte de Wul&oth, son neveu, qui portait le titre ambigu d^en/ani des Saxons du sud. Dans d'autres documens , il est appelé le minisire ou le Ûuute de Sussex. Wulfnoth prit d'abord la fuite; mais ayant réussi à faire passer de son côté vingt des vaisseaux da roi , il se mit à piller les côtes méridionales^ et

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commit toates sortes de dëprëdMions , comme auraient pu faire les Danois eux-mêmes. Brihtric obtint le commandement de quatre-Tingto vaisseaux, et avec ces forces établit une croisière contre Wulfnoth ; mais une tempête jeta Brihtric sur le rivage. L'enfant du Sussex profita de cette circonstance , attaqua la flotte du roi et la brûla. Par un motif dont on ne peut se rendre compte , mais qui doit être provenu de Pinfluence d'Edric, Ethelréd parut frappe d'une terreur panique, et se hâta de rebrousser chemin avec ses ealdormen et ses heah-witans ou grands-conseillers. Toutes les forces que Ton avait réunies pour la protection des côtes furent dispersées ou anéanties dans cette honteuse guerre civile.

Immédiatement après ce désastre , vers le mois d'août , une multitude de Danois plus féroces que tous ceux qui étaient déjà venus , arrivèrent sous le nom d'armée de Thurkill. L'earl Thurkill était un des pirates de Joms- 1009. burgh, si célèbres dans l'histoire du Nord par leur indomptable courage , comme par la haine invétérée qu'ils portaient au nom chrétien. Son expédition ayait pour but de venger la mort de son frère l'earl Sigveald , et ses vaisseaux étaient montés par la fleur de la

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jeunesse Scandinave. Les habitans de la partie orientale du Kent achetèrent une trêve temporaire au prix de trois mille livres ; après quoi, selon leur coutume , les Danois pillèrent Tile de Wight et la plupart des rivages du sud et de l'ouest, croisant aux environs, selon qu'il convenait à leurs plans, mais établissant leur station principale dans le port que leur oflErait la Tamise. H est à remarquer qu'ils n'entrepritent rien contre Londres , qui parait avoir été très-^fortifié du cdtë de la rivière. « Dieu soit » loué »j dit la chronique, qui, dans cette partie du récit , est de l'histoire contemporaine , « la » ville est encore debout » , et l'écrivain ajoute que , sans la trahison d'Edric , il eât été possible d'empêcher les Danois de s'avancer dans le pays.

Au printems suivant, les Danois envahirent TEstanglie , et une effroyable bataille se 1910. livra près d'Ipswich. Aussitôt que les deax armées furent aux prises , un Angio -Danois , nommé Thurldll Myrenheafod, prit la fuite, soit par lâcheté , soit, ce qui est plus vraisemblable, par trahison ; tous les Angles l'imitèrent , et l'armée anglaise fîtt défaite et massacrée. Ce fat là que périt le noble Wulfric, consul des

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