‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 109 sur 124 · CAITCT ET CÔTE-OE-FEA · texte numérisé non relu

CAITCT ET CÔTE-OE-FEA

Canut marchant arec cëlëritë vers le Gloucestershire , poursuivit Edmond qui opérait sa retraite dans cette direction. Celui-ci rallia ses soldats , et lorsque les armées se retrouvèrent en présence , il s^avança hors des rangs et défia Canut en combat singulier. « Ne devons-nous » pas renoncer , dit-il , à exposer la vie de tant » d'hommes pour satisfaire notre ambition ' ? » Canut refusa le duel , alléguant qu*il était de petite stature , et qu'il n'aurait aucune chance de réussite en s'opposant au gigantesque Edmond. La prudence lui prescrivait en efifet d'agir ainsi , et il ajouta qu'il valait mieux se partager entre eux le royaume, Comme leiurs pères l'avaient fait autrefois.

Lorsque cette proposition fut connue des armées respectives , elles la saluèrent de leurs acclamations. Edmond fut forcé de céder au vœu général , et Stréone , toujours empressé de nuire à son souverain , se mit à la tête d'un parti de

' Selon ce que rapporte Ethelred ,' thhé de Rîvauli , cette maQÎère de terminer les hottUités ëtait provoquée par les*réclamatioQ4 des chefs des deux armées , qui déclaraient que les rois devaient vider leur différend par nn combat sin^iier , on se mettre d'accord par une pacification. Il existe à ce isujet plosieors variantes dans les récits.

4q^ mort i»*ei»monb côte-oe-fer.

ccmaeiQerft ou -mUxis qui devaient procéda au partage. Ije Wessex , l^E^ssex , l'JE^taoglie et Londreâi furept assignes à Edmond , avec une supériorité nominale sur les autres ëlats ahaivdonnës au prince danois. Ainsi , pour nous servir de Texpression des chroniqueurs» Eldmond- Çd^-de-Fer conserva la couronne.

Pei^ de iems après , Edmond cessa de vivre. }ja cause de sa mort n^a jamais été bien appro* fondie \ on voit seulement qu^elle ne fut pas naturelle, et personne ne ps^raîi; avoir douté qu^Edric Stréone ne fût ici Tauteur d^un oomveau crime* On ne trouve aucune preuve que Canut en ait étë précisément le complice , mais il recueillit tous les avantages du mengrtre et devin.^ souverain de Tempire entier.

U prit dans ses premiers actes une apparence de légalité. Un grand conseil des évé^es « dfs ducs et des optUnofes » f ii)t convoqué à Londres , et, d^^fis cette assepiblée, Canut consulta ceux ^ui avaient été témoins de son traité avec £d mond , pour l'explication des clauses qu^il ren- 1017. fermait. Ils déclarèr^^nt hautement qu/Edmond n'avait entendu réserver aucun droit de succession à SiCS frères , et que quant à ;^es fil^ il avait désiré que Canut eii fut le gardien pendant leur

GOOTKRMEllEliT DE CANUT. 4^3

tmfiaince. C^ëtait un mensonge arrache par la craime qu'inspirait le monarque , et par Tespoir de se manager sa faveur. Canut ne s'arrêta pas )ài; il demanda aux witans un serment de fidélité. Lesmembres de rassemblée cédèrent à sa volonté et le reconnurent non comme régent , mais comme roi ; il leur donna la main en signe de ^ paix et de protection, et il fut convenu que toutes les inimitiés seraient ensevelies dans l'oubli. Il donna pleine amnistie pour les discours et les actions du passé. Les descendans d'Elhelred furent proscrits et pour toujours exclus du trdne. Le paiement d'un tribut ratifia ce pacte , et fiit le prix de la bienveillance du souverain danois. Canut, en divisant l'Angleterre en quatre gouvememens distincts , fit un changement important dans l'administration du pays. B retint le Wessex sous son autorité immédiate , comme l'état principal et prédominant. Les diflPérends qui s'étaient élevés entre Canut et Thurkill s'étant apaisés, celui-ci obtint le comté de TEstanglie. Edric et Eric furent confirmés dans leurs, comtés respectifs de Mercie et de Northund[)rie. Il fiiut se rappeler que ces grands earls étaient du genre des vice-rois , et que les autres earis du pays y conservaient leur

£f,^ AMaMINAT b'»wt.

ancien pouvoir. On peut citer Leofric . eailde Chester en Mercie ; il gouverna ses domaines avec tant de fennetë qu'tt devint un des nobles les plu» influens de l'Angleterre. . Le witenagemot ou parlement avait donc encore une fois exclu du trône les descendani d'Ethelred. Mais les prétentions de ces princes étaient suffisamment fondées pour foire naître des craintes dans l'esprit de Canut, et il fut porté à commettre un de ces crimes dont il souilla si profondément son caractère qui, sans cela, n'aurait mérité que des éloges. Edwy, frère de Côtede-Fer , déclaré proscrit par le witenagemot , fut ensuite assassiné suivant le conseil d'Edric et l'ordre formel de Canut. Edwy portait le titre singulier de roi des paysans.CfMe qualiJvcaùoa ne peut avoir eu aucun rapport avec une dignité réelle ; nous devons conjecturer qu'elle lui avait été dounée à cause de sa popularité parmi les habiuns des campagnes, ce qui apparemment avait excité davantage la jalousie et les appréhensions de Canut.

EdricStréone , qui poursuivait avec une hâne fanatique la famille de son ancien souverain , fit entendre qu'il serait utile de sacrifier les deux fils de Côte-de-Fer, Edmond et Edouard. Un

iDOUARD KT ALFRXO. ^o5

sentiment de honte empêcha Canut d'exëcqter dans le pay^ même ce cruel attentat ; il envoya les jeunes princes chez le roi des Suëdoiâ , son allie et son vassal , en le priant de le délivrer de ces objets de défiance. L^innoeence des enfans émut de pitié le cœur du chef Scandinave, il les plaça, hors des atteintes de Canut, sous la protection du roi de Hongrie, qui les traita honorablement et avec adTectiori.- Edmond mourut sans postérité. Edouard épousa une parente de Fempereur de Germanie , dont il eut l'atheling l^dgar , Christine et Marguerite. Cette dernière devint par la suite femme de Malcolm , roi des Sots , et c'est par elle que les droits de la ligne directe de Cerdic furent transmis aux descendans de Malcolm, après la conquête de FÂngleterre.

Il existait deux autres prétendans, jeunes aussi, mais que Uur parenté nîatemelle rendait redoutables. Edouard et Alfred, fils d'Ethelred par Emma , étaient restés en Normandie , où le duc Robert, leur cousin, leur prodiguait les soins d'une amitié fraternelle. Celui-ci envoya des ambassadeurs à Canut, et lui demanda en leur nom la restitution du royaume. Canut offrit de rendre la- moitié des états conquis : mais l'histoire ne^

4o6 MORT d'eDRIC STBBOnB.

nous apprend rien de plu» sur ces négocî»tions, et au Iku de rétablir les eafans dans léâr héritage , il séduisit leur saère , la légère et lâche Emma, qui donna sa main sans répugnance au meurtrier de son épouK. Une légende bien connue dit qu'ayant été accusée d^inixmtinence , elle avait prouvé son innocence en marchant sur sept socs de charrue rougis au feu, sans en être blessée ; elle eût plus difEcilemeal trouvé le moyen de laver la tache que cette unipn dénaturée imprima sur elle.

A cette époque environ , Edric rencontra le sort qu'il méritait. On dit qu'une discussion irritante s'éleva entre lui et Canut , auquel il demandait une plus ample récompense de ses bons services. Il possédait tocg^urs la Mercie, mais il voulait une augmentation de richesses et de puissance ; et il insista près de Canut, sur ce qu'en quittant les rangs d'Edmond , il avait contribué à ja victoire qui avait procuré la couronne au 1017. TQJi danois. Celui-ci répondit avec mépris, que l'on ne pourrait se fier à la fidélité d*an vassaA assassin de son ancien maître. Le ton et le geste de Canut indiquèrent apparemment son intention. Eric de Nortbumbrie était présent, «t, d'après un plan concerté , Tearl s*avança et

0B9MTI8HE DE CANeT. 4^7

abattit Edric d^uii coup de sa hache d'armes : le corps dn misérable fut jetë dans la Tamise ^ et aa léte hideuse^ clouée à la priucipale porte de Londres, annonça au peuple que ce félon ayaîl enfin reçu le prit de ses forfaits.

Lorsqu'un contemporain nous dit que Canut fit de sang^roid mourir Edric dans l'intérieur de son palais, afin de ne pas occasionner des troubles dans la ville , on croirait lire l'histoke de la Turquie. Mais le despotisme prend la même forme sous tous les climats et dans tous les siècles ; et Canut , à cette époque de son règne , ne suivait d'autre loi que sa volonté. Si le ckà-* liment d'un traître tel qu'Edric put avoir une apparence d^équité , les autres assassinats com->' mis dans le même tems ne furent pas aussi excu* sables. Nortbman, fils de l'ealdorman Leofmne ; Athelward, fils d'Ethelmar-le-Grand ; Brithnoth, fils d'Alphage , et TalbeUng Edwy, furent enveloppés dans ane proscription commune* On ne voit pas qu'aucune formalité judiciaire ait été observée pour sacrifier ces victimes à la politique du monarque danois. U proscrivit encore d'autres nobles anglais , accusés d'avoir conspiré contre les rois danois ses prédécesseurs. Leurs terres furent confisquées et données aux partisans de Canut.

4o8 TTRANNIB DES DANOIS.

Ces actes causèrent un mécontenteocieQt gé* néral parmi les Anglais , <jui se voyaient rëellement traites en peuple conquis. Les Danois, fiers de la protection de leuc roi , ^e conduisaient envers eux avec un orgueil insultant Diaprés les traditions populaires, lorsfju'un Anglais et un Danois se rencontraient sur un pont, le premier devait descendre de cheval et se ranger devant son vainqueur. Nous apprenons des sources les plus authentiques que les possesseurs danois des propriétés confisquées , couraient de grands dangers au milieu de ce peuple irrité , qui se voyait enlever ses biens , donnés ensuite à des étrangers^ à de nouveaux seigneurs qui , tyrannisant les habitans des campagnes , exigeaient d^eux un travail plus dur ; et que ces nouveaux seigneurs étaient sans cesse tourmentés par la crainte d^une vengeance. L'homme du nord ne pouvait dormir en paix. Le château qu'il avait usurpé était garni de soldats comme une forteresse en pays ennemi ; et la loi qui imposait un tribut aux villes sur le territoire desquelles un Danois était tué, atteste qu'ils ne jouissaient d'aucune sécurité.

Canut y maître de six royaumes , ne voulut pas garder en Angleteire tous ses soldats : il

TTRANNrS 0£S OAJIOIS. 4^9^

fit sordr de l'île un corps considérable de ces dangereux partisans ; mais cette mesure diminua peu l'oppression des Anglais. Les thanes danois , même au-delà des limites du Danelagh , formèrent toujours une classe de population à part dans les villes anglaises. Les hdbitans de Londres se façonnèrent aux mœurs grossières des Danois. On peut croire qu'il y eut là une forte infiltration de population danoise , car , à présent encore la principale , coiu^ municipale de Londres , appelée Husting, porte un nom danois.

Le premier tribut, levé conformément au traité qui avait placé Canut sur le trône, fut de soixantedouze mille livres , ou de la valeur d'un million sept cent vingt-buit mille acres de terre , contribution presque insupportable ; Londres s'y trouva pour dix mille cinq cents livres. Cette somme fut payée à l'armée danoise , et Canut lois. en reçut sa part en qualité de commandant mili-» taire. Durant son règne, les taxes territoriales furent exigées avec beaucoup de rigueur. Si le propriétaire tardait jusqu'à la fin du troisième jour à payer sa cotisation , la terre était saisie par les collecteurs des impôts, et vendue sans délai au profit du trésor royal.

4lO EXPÉDlTlOir SUR LE CONTINENT.

Canut , roi des Danois , des Suédois el des hommes du nord , parait avoir tonsidârë le riche i^oyaume d^ Angleterre comme le plus important de ses états ; cependant il ne négligea pas ses autres domaines. Ses possessions continentales , peuplées de sujets remuans , ëtaiefil voisines de la tribu slave des Vendes ^ nation féroce et belliqueuse^ qui avait poussé ses conquêtes jusqu^à l'Elbe. Canut fit marther ses soldais contre ces peuples^ en j joignant uti cxKps 1019. considérable de troupes anglaises, commandé par Godwin , dont le père , Wolnoth , neveu d'Edric Stréone , avait été connu , si l'on s^en souvient , sous le titre «r d^enfant de Sossex. » Godwin , dans une attaque nocturne , surprit et défit les Slaves , et la valeur des Anglais en cette occasion fat comblée d^éloges. Canut se conduisit avec adresse en employant ainsi hors de chez eux des sujets dont la fidélité lui était sus* pede dans leur pays ; soit qu^ils le délivrassent de ses ennemis , soit qu^ils fussent eiix«*mémes tués sur le champ de bataille , il ne pouvait qu'y gagner des deux côtés.

Canut retint fortement ses earls danois dans l'obéissance. Thurkill , earl de TEstanglie , fut proscrit pour n^avoir pas paru dans un synode

ÉTENDUE DE l' EMPIRE DE GANDT. 4^1

oà il avait ëté appelé par un Fescril du roi ; Tautorilé dvile venait ainsi au secours du pouvoir ecclésiastique. Le brave Haco , un des neveux <]e Canut , qui avait obtenu le comté de Worcestersfaire , fut condamné k l'exil, et rencontra la mort dans les Orcades ou sur les côtes de la Norwége.

Les Suédois , encouragés par l'absence de Canut y se révoltèrent à diverses reprises contre lui , refusèrent leur tribot et bravèrent son pouvoir ; mais ils furent à la fin réduits par les Anglais et par Godwin , et le comté donné à ce chef pour récompense en fit un des plus puissans nobles de l'île. Canut, vers la fin de "son règne , affermit sa domination sur les rois scots et cumbriens. Duncan , regtdus de Cumbrie , 1033. le gracieux Duncan , de Shakspeare , avait refusé de reconnaître' Canut pour son supérieiHT y alléguant que citait un usurpateur , et qu'il n'avait en conséquence aucun droit de rëdamer l'hommage y dû seulement à l'héritier légitime d'Ethelred. Malcolm , roi des Scots , manifesta aussi <les dispositions hostiles ; mais Canut se mit en marche avec toutes ses forces contre ceux qui osaient se montrer contraires à son. autorité. Malcoim fut forcé de se soumette.

4l2 CAHàCTKRB DB CANUT.

Les tribus celtiques, armées à la légère , et les troupes saxo-lothiennes , ne purent résister aux rangs inébranlables des Anglais et des Danois : Malcolm devint l'homme de Canut , c^est-à-dirc son vassal. Malbethe , si connu sous le nom de Macbeth, suivit cet exemple, ainsi que Jemark. Ces deux reguli ou petits souverains étaient appelés par les Scandinaves les rois da fifre, L'inféodation du royaume de Cumbrie, comme apanage de rhéritier présomptif de la monarchie scote y acheva d'établir la paix entre les vassaux et le souverain ; et Canut, qui prit le titre de basUetis ou empereur des Anglo-Saxons , put se glorifier d'avoir assujéti six nations à son pouvoir : les Anglais , les Scots , les Bretons , les Suédois , les Danois et les Nprwégiens.

Canut , comme tous les rois qui se sont élevés par la force ou à l'aide d'un parti , a été présenté de diverses manières par ses amis et ses antagonistes. Eln pareil cas, le même homme est toujours vu soqs des aspects différens. Des actions qui , aux yeux de ses partisans , ne paraissent que justes et vigoureuses, semblent aux autres dures et cruelles, et les largesses vantées par celui qui les reçoit, comme une preuve de générosité , sont stygmatisées au contraire par

CARACTBRB DB CAMOT, /^iZ

-ceux qui font les frais de ces faveurs , comme ia prodigalité d'un tyran rapace.

Quoi qu'il en soit , Canut gouverna TAngleterre avec plus de justice que l'on ne pouvait en attendre de son origine et de sa position. C'était un guçrrier étranger, accoutumé à exercer un empire despotique sur ses sujets Scandinaves, -qui avait conquis sa couronne par les armes, et n'avait pu récompenser ses adhérens qu'en leur livrant les biens et les terres du peuple vaincu. La n^essité de ces exactions devint moins impérin^e avec le tems ; Tâge vint adoucir le caractère de Canut, et la religion purifia son cœur. Il fit un pèlerinage à Rome , et , à son retour, il adressa au peuple anglais une proclamation solennelle oii il professa le plus sincère repentir des violences de sa jeunesse , déclarant que, par une vie nouvelle, il avait désormais l'espoir de gouverner selon les lois de la justice et de l'humanité. ^^3^-

Dans le tems où Canut était dans la pléni* tude de sa gloire, il fit placer son trône sur le bord de la mer, et là , s'adressant à l'Océan : « Tu es mon royaume , dit-il , aussi bien que la » terre; garde-toi de te montrer rebelle, et obéis » à mes ordres. » Peut-être que Canut n'appe-

4t4 caHactùif. dk canut.

lait la mer son royaume, qM*à eauae de la donnation maritime qui a souvent été attribuée à l'Angleterre. Mais il arriva qu'eo ce mènent même, les eau% se gonflant par le flux , des vagues roulèrent en mugissaot jusqu'à ses pieds. Canut se tournant alors vers ses guenners et sa courtisans ^ leur fit remarquer combien les faciil* tés d'un roi terrestre étaient faibles auprès du pouvoir de celui qui gouverne les élémans. B âta ensuite sa couronne , déposa ce symbole de La. royauté dans la cadiédrale de Wincbe^r,.et renon^ pour toujours à orner sa té^d'mi diadème.

Canut était gméreux. On dit ^'en allani à Rome , Il répandit. l!or et l'argent ayec uore libéralité incomparable. Les lois et rég^Lemens qui portent son nom sont en général basés sur les statuts de ses prédécesseurs , et il administra la justice avec équité. Il protégeait les scaldes et les gleemen , cultivant lui-même l'art, de la poésie avec quelques succès^ Une ballade qu'il composa devint pendant long-tems la cbanson favorise de la clause inférieure du peuple en Augleteixe. Un jour qu'il naviguaitsMr la Neone, dans Les environs du monastère d'£ly, les sons doux et gpaves d'une psalmodie en chieur vinrent

LE KING's OELF ou CHAUSSÉE ROYALE. 4'^

frapper aon oreille , et Canut improvisa le lay qui commence ainsi .

« Merrîlj sung the mooks , wîthîn £ly, » When Cnuie , king, rowed Uiereby.

» Row f taj knîghu ; row near the land , » Anè hear wc thèse monket* song '. »

» DliamionîeuAes yoîz sortaient du monastère ; » NoA loin de là U roi yoigaftii en vaém» I««ia : » Mes chevaliers , dît-il , rames près de la terre , » De ces moines je veuit écouter les accens. »

Toutes les autres stances ont ët^e perdue^, et QQus devons regretter qu'il ne nous soit- reste qu'une si faible partie delà composition qui mit Canut au rang des rois auteurs. Parmi le petit nombre de travaux publics dont Torigine est connue ^ se trouve le King*s Délf, chaussée qui conduit de Peterborough à Ramsey, et qui fut élevée, par les ordres de Canut y au niilieu d^f marais. Ce mémorial de son règne est le seul

' On trouvera ci-après le firagùient original , tel quMl a M conrserve dans VHistona ÈliensU. On peqt renouer <|Q*eii ch>nyf#l deoz mots seulement , on convertirait la stance en anglais moderne. Sen pour hinnen ou iv/iAm, est encore usitë di^ns l*incien dia» leaU saxon de r£cc^saa ^tuelU*

« Merie sungen the mnnachM MvM»£ly » Tha Çnut ching , reu ther h j » Ro^etk eaihtes , nsr tha land , n And hère we thcs monechet s«iig. »

4 16 MOBT DE CANDT.

qui existe 9 et il ne reste plus rien des riches monastères qu'il ërigea, tels que celui de Saint^Bennet, dans le Holm , et celui de Saint- Edmond.

12 «oTcmbre Canut mouTut à Shaftesbury, et fut inhumé à Winchester. I) eut d^Emma , sœur de Richard , duc de Normandie, un fiils nommé Hardicanut, et il reconnut- comme ses ènfans deux autres fils qui , diaprés l'opinion générale , étaient d'une naissance fort équivoque. Leur mère , ou prétendue mère y Alfgive , fille d'Elfhelm , ealdorman de Southampton , vivait en concubinage avec Canut ; mais on dit qu^elle était stérile , et que ces enfans dont elle lui attribuait la paternité étaient supposés.On crut que l'aîné, Sweyne, était l'enfant d'un prêtre, et que le plus jeune, Harold-Pîed-de-Lièvre , avait une origine encore moins distinguée. C'était , disait-on , le fils d'un savetier, que cette femme artificieuse avait de même fait passer aux yeux de Canut pour le firuit de leurs amours.

Ces exemples de médisance antique pourront rappeler au lecteur le bruit si fortement accrédité par les nouvellistes du tems du roi Guillaume ; ils affirmèrent que l'infortuné petit prétendant avait été passé en firaude dans la chambre

PARTAGK DE» AOf AUMBS DE GANUT. 4^7

à coucher de Marie d'Esté, cache dans une ënonne bassinoire. liflais quels que soient les embellissemens faits à l'histoire par les caquetages anglo-saxons , il est certain que les chroniqueurs contemporains se sont refuses à croire que Harold fut le fils de Canut et d'Âlfgive ; Cela n^étaU pas vrai f tels sont les mots du texte, et nous devons nous arrêter à cette dëniîgation.

Canut avait eu Tintention de parts^ger ses ëtats entre Harold , Hardicanut et Sweyne. La Bretagne devait être gouvernëe par le premier , le Danemark par le second , et la Nonrëge par le troisième , qui avait déjà reçu sa part pendant la vie de son père. La nomination de Harold comme souverain des royaumes anglo-saxons déplaisait beaucoup à Tearl Grodwin ; et le^ Anglais aussi auraient prëfërë soit un des fils d'Ëthelred, soit Hardicanut , fils d'Emma, qui du moins ëtait issu des anciens rois. L'earl Leofric de Merde , les thanes au nord de la Tamise et tous les Danois épousèrent la cause de Harold; les citoyens de Londres jetèrent dans la balance leur influence puissante , «t Harold fiit proclamé roi de Mercie et de Northumbrie dans un grand conseil tenu à Oxford. L'earl Godwin et les nobles de Wessex résistèrent

4t8 HAROLB-flED»DE-UÈVftE.

aussi loag*tems qu'ils le purent , platdt sans doute par une usurpation de pouvoir que par aucun droit eonstilutionnel de s'immiscer danc les affaires des autres royaumes , mais ils étaient en minorité. Cependant ils «^tinrent que Godwin conserverait la possession du Wessex pour le prince dont il avait pris le parti , et Hardicanut gouverna en effet ce royaume « tandis qae la Mercie et la Northumbrie, ainsi que nous venons de le dire , reconnaissaient la souveraineté de son frère réel ou supposé.

Hardicanut végéta dans le Danemark pendant que sa mère Emma gouvernait à sst place le royaume de Wessex, et tenait sa cour à Winchester. Havold-Pied-de*Lièvre ' , aidé de son paru , devint bientôt phis entreprenant, et futprodanié seul roi de toute l'Angleterre ; néanmoins cette élection ne fut pas . sanctionnée par Tautorit^ l^islative. Ethelnoth , archevêque de Cantorbery , reftisa au roi sa bénédiction. Il plaça le sceptre* et la couronne sur l'autel , et dît à Harold : « Je ne te donnerai point ces insignes » de la royauté ; je ne puis t' empêcher de les

' La chasse ëtait son amusement favori , et ce somom lai lat éoikné parce qu'il marchait avec une extrême rapidité (JUT.iktT,)

ÉDOCâRD ET ALFHEB. 4^9

» prendre , mais je ne te bénirai pas , et ce » ne sera non plus avec la permission d'aucun » autre prélat que tu monteras sur le trône. » Harold employa les menaces , les prières , Içs prësens , tout fut inutile ; ;et voyant qu'il lui était impossible d^obtenir le consentement de Téglise , il se conduisit comme s*il eût abjuré le christianisme.

Edouard et Alfred , fils d^Ëthelred , étaient en sûreté aunielà de la mer ; mais aussitôt que la nouvelle de la mort de Canut s'était répandue en Normandie, ils avaient, à l'aide de leurs amis, équipé une flotte et fait voile pour l'Angleterre. Edouard s'approcha du port de Southampton ; il y trouva les habitans en armes , non pour le seconder dans son entreprise , mais disposés au contraire à la plus vive résistance ; soit qu'ils fussent réellement hostiles à l'impopulaire Ethelred , ou qu'ils craignissent d'attirer sur eux la vengeance brutale de Harold. Edouard n'eut plus qu'un seul parti à prendre , et. abandonnant ce rivage inhospitalier , il retourna se réfugier en Normandie.

Peu de tems après , Edouard et AUred reçu^ rent une lettre amicale au nom d'Emma ^ pour que l'un d'eux au moins vint en Angleterre , afin

4^0 MoaT d'alfred et de harolb.

de renverser le tyran et de recouvrer le royaume. Alfred répondit à cet appel ; suivi d'un petit nombre de partisans fidèles qu'il sVtait attachés en Flandre , il arriva en Angleterre , y fut favorablement accueilli par Tearl Godwin , à Londres, et conduit ensuite à Guildford. Là, le complot se dévoila. Alfred , saisi par les complices et les satellites du despote, eut les yeux crevés et fut mené en captivité dans le monastère d'Ely, où la mort ne tarda pas à terminer ses souffrances. Godwin fut généralement accusé da meurtre. L'épître avait peut-être été forgée sous la direction de Harold. Mille versions circulent toujoivs sur des faits aussi monstrueux,et£mma elle^^méme n'échappa point à de véhémens soupçons ; à cet égard, on ne sait rien de certain, si ce n'est le sort de l'infortunée victime et celui de ses compagnons , qui subirent de même une mort lente et douloureuse.

Harold cessa de vivre après un règne court et lOiO sans gloire. A sa mort, les proceres ou nobles, tant danois qu'anglais, invitèrent Hardicanut à revenir dans la Bretagne pour y recevoir le sceptre du royaume, et les chroniqueurs disent que l'on paya bien cher ce conseil. Il parait que l'on fut content de lui dans les commencemens ;

RXGlfE DB BARDICAMCT. 4^1

il donnait gënëreusement, et la libéralité gagne les cœurs dans tous les tems ; mais il perdit bientôt sa popularité.

Des danegelds accablans tombèrent sur la nation ; on en remarque un entre autres qui montait à trente-deux mille cent quarante-sept livres, et qui, selon la balance dont j'ai déjà fait usage y équivalait au prix de sept cent soixanteonze mille cinquante-six acres de terre labourable. Les taxes forent levées au moyen d'exécutions militaires , pour lesquelles Hardicanut employa ses huscarls ou gardes particuliers. A Worcesler , les citoyens se révoltèrent contre les collecteurs et massacrèrent ces odieux fonctionnaires. Hardicanut assembla ses earls ; il leur ordonna de marcher avec toutes leurs forces contre les rebelles , et la ville fut brûlée. Le fardeau des impôts pesait tellement sur tous les rangs de la société , que les prêtres se virent obligés de vendre jusqu'à leurs calices pour acquitter leur cotisation. Le prix du blé devint énorme , probablement* à cause delà rareté de Targent.

Hardicanut affecta d'éprouver beaucoup de doulem* de la mort de son frère Alfred. Le corps de Harold , exhumé de la tombe , fut jeté dans la Tamise ;^ et Grodwin, à l'avènement du nou-«

432 MORT OB BAKOTCAMUT.

veau roi , acheta son amitië , ou du moins apaisa sa colère en lui fiusant présent d'un, vaisseau somptueusement omë, qu'il équipa de quatre-vingts thanes, tous armes et vêtus avec une magnificence extraordinaire. Chaque thane était pourvu de brassards d'or dont plusieurs étaient du poids d'une livre , de hauberts et de casques dorés. Une épée dont la garde était d'or pendait au côté du guerrier. U portait en écharpe sur ses épaules la hache d'armes danoise damasquinée en argent. Son bouclier était recouvert d'un métal doré travaillé en bosselage, et il portait à sa main droite un at^ar doré ^ la cagaie moresque. Les hauts personnages et principaux thanes de toute l'Angleterre jurèrent queGodwin n'était coupable d'aucune participation à la mort d'Alfred. On croit qu'il avait concouru à Texéoitiou de ce crime ; mais il paraît que les ordres du souverain suffirent pour l'exempter de toute responsabilité légale et morale.

La mort de Hardicanut caractérise bien l'homme 10&2. et son siècle. Goda, fille d'Osgod Clopa ouGlapa, thane anglais trèsr-riche , était accordée en mariage à Towid-le-Fier, Danois puissant, porte* bannière ou maréchal du roi. Hardicanut honora le banquet de sa présence , à Lambeth , dil-on ,

MORT OE HàEIMCAHOT. 4^'^

mais plus probablement à Qapbam ou Clapa- Ham^ c'est-à-dire la demeure ou le palais de dapa. Les libations se prolongèrent fort ayant dans la nuit. Vers le milieu de cette orgie, Hardicanut tomba par terre sans mouvement , et peu de jours après il expira.

Ci)apitrr XIV*

Edouard— le -Confesseur. — Situation des partis. — Influence de Godwîn et de sa famille. — Comtés qa^Us gouvernent. — Favoris normands d'Edouard. — > Sîward et Leofric, eàrls de Northumbrîe et de Mercie > s'opposent à Godwin. — Troubles suscités par Eustache, comte de Boulogne. ^ Soulévemens dans le pays. — Godirîn entre en campagne contre le parti du roi. ^ D est proscrit ainsi que sa famille. -— Visite de Guillaume de Normandie. — Godwin revient et ressaisit son pouvoir. -—Mort de Godwin. — Questions au sujet de la succession. — Edouard-le-Proscrit, fils de Cote-de-Fer, est appelé en Angleterre par le Confesseur, et reconnu héritier de la couronne. — Sa mort prématurée. — Edouard désigne Guillaume de Normandie pour son successeur. — Mort d'Edouard k

L'atheling Edouard , seul fils yivant d^Ethelred , avait été engage à Tenir en Angleterre par Hardicanut, qui le reçut avec amitié. Hardicanut n^avait pas d^enfans, et le caractère accommodant et paisible de son frère utérin éloignait tout

ÉDOD ABO-LE-COMFBMEUIt . 4^^

soupçon et toute inquiétude. Aussitôt qu'Edouard apprît la mort de Hardicanut, il fîit saisi d'une terreur inexplicable , et il envoya immé- 10&5t diatement des émissaires à Godin^in, en lui de- 10&3. mandant ses conseils et son aide. Ce puissant noble ne se dëdda pas sur-le-champ à les accorder. Accuse sirëcemment du meurtre d'Alfred^ il se montra d'abord peu disposé à protéger le firère de ce prince , et nous pouvons nous faire une idée du caractère , de la position et des vues ambitieuses de l'earl , lorsqu'on nous rapporte qu'Edouard voulut se jeter à ses pieds. Que demandait donc l'atheling à Godwin? Réclamait-il la succession qui lui était due ? Non; il ne cherchait point à monter sur le trône d'Angleterre. Tout ce dont il priait Godwin , c'était que celuici l'aidât à retourner en Normandie , où , sous la protection de son oncle Richard , il pût passer le reste de sa vie dans la paix et l'obscurité.

Grodwin répliqua sur un ton bien différent : « N'êtes-vous pas , s'écria-t-il , l'héritier légi- » lime de la couronne , le fils d'Ethelred , le « petit-fils d'Edgar? Pourquoi préférer au trône » un exil avilissant ?» Il encouragea le prince en lui rappelant ses titres. Edouard était parvenu à l'âge mûr; il avait été élevé à l'écolç de l'advei^

4a6 coNYEiiTioirs simx Edouard et GODwiit.

ftitë i et Cîodwm , ftisant valoir ces considéradonft , lui aMorait que les afflictions et les malheurs qu'il arait éprouves ne le rendraient que plus capable • de soulager la misère du penple confié à ses soins.

Godwin , continuant un discours plein dV dresse , parWnt à démontrer à Edouard qu'il y avait peu d!obstades à rencontrer, et qu^il se chargeait Jui, de les surmonter. Mais, sans se targuer de ' désintéressement et de générosité , Teari stipula sa propre récompense. Il mit dans ses conditions qn*Ëdouard serait son ami ; qu^il Im conserverait , ainsi qu'à ses fils , tous leurs honneurs , et que le roi deviendrait un des membres de la famille de Godwin en épousant sa fille £dithe4a*Belle. Dans tout son discours , Veail , a£n d'obtenir les moyens de satisfiiire son ambition , avait attaqué Tame et le cceur d'Edouard. D'après ce que nous savons de ce dernier, nous p ouvons affirmer qu'il avait aussi peu d^envie des grandeurs et des plaisirs de la royauté, que d'aptitude aux travaux qu'elle exige. S'il fât retourné en Normandie ^ il se sevait probablement enfiermé dans le doitre du Bec ou dans celui de Fécamp , sans donner le moindre regret aa royaume qu'il eut abandonné. Mais Godwin lui

ÉDOUAIID MONTE SUR LE TâONE. 4^7

représenta qu'il ëtait de son devoir de s'inTestir de la dignitë royale , et, cédant à sesargumens , il y consentit , ^insi qu'au traité qu'on lui imposait.

Peu de jours après que l'on eut confié à la terre le corps de Hardicanut , les prélats et les grands des royaumes anglo-saxons s'assemble* rent à iftndres , et acceptèrent Edouard pour leur souverain. Guillaume de Normandie appuya Edouard de son in^uence ; et Ton fit entendre aux Anglais que s'ils refiisaient leur soumission au fils d'Emma , ils éprouyeraient le poids de la puissance normande. Cependant l'acte de reconnaissance fiit dû principalement aux efforts de l'earl de. Wessex et à la haute considération dont il jouissait nlans l'assemblée. Un grand nomiu'e des membres de la. législature cédèrent aveuglément à son impulsion. D'autres furent persuadés par des présens , c'est-à-dire séduits ; d'autres encore fiu*ent entraînés par l'éloquence de Godwin, vive , abondante , spirituelle et parfaitement calculée pour plaire à l'inconstante multitude. Il y en eut de sensés et de raisonnables qui ne votèrent pour Edouard que parce qu'il leur paraissait avoir des droits ; enfin quelques uns s'opposèrent à son avéne-

4^8 CAaAcrimE d'édouàU).

ment et Yotèrent contre le parti dominant; ceuici , dit le vieux chroniqueur, fiirent «soignei»- 8ement notes » et bannis de rAngleferre peu de tems après.

Je rapporte ces particularitës parce qu^elles sont importantes sous plusieurs points de vue. Il est intéressant de remarquer combien , même à cette ëpoque reculée , le don d'une *oquence populaire avait de puissance en Angleterre , et nous verrons dans toutes les parties de notre histoire qu'il en fut toujours ainsi. Le dëtSiil des motifs qui déterminèrent la majorité de rassemblée , montre aussi combien il y avait peu de liberté réelle de sufiFrage dans la prérogative qu'exerçait le witenagemot anglais de diriger la succession de la monarchie / puisque , comme nous venons de le voir, un homme était acheté, un autre intimidé , un troisiènfe réduit au silence, et un quatrième chassé du pays comme turbulent, parce qu'il se refusait à voter contre ses inclinations ou sa conscience.

Du reste , il n'y avait pas de doute qu^Édooard ne fût le véritable souverain légitime , et on Vaimait d'ailleurs à cause de la douceur de son caractère. Il était si pacifique et si modeste qu'aucun affront , aucune injure ne pouvait troubler

GARACTEItE d'ÉDOOARS. 4^9

sa tranquillité. Il ëtait juste avec indulgence , et la promesse « d'observer les lois du bon roi Edouard » fut insërëe dans le serment que ses successeurs eurent à prononcer lors de leur couronnement; jusqu'à IVpoqpe de la révolution , où le parlement abrogea l'ancienne formule. Cest aussi à Edouard que les Anglais durent l'abolition du danegeld , impôt dont la perception était accompagnée de rigueurs extrêmes. Toutes ses actions le recommandèrent au peuple , et la mémoire « du Confesseur ' » a été sanctifiée par la piété reconnaissante de ses partisans. Mais si nous fermons la légende poiu*. ouvrir la chronique , nous trouverons qu'Edouard était bien sujet à tomber dans l'erreur. De puissantes causes de dissentions et de désordres existaient dans sa cour. Il nourrissait évidemment une haine implacable contre tous ceux qui avaient secondé les rois danois. Il porta si loin ce sentiment qu'il n'épargna pas même sa propre mère Emma ; il la dépouilla de tout ce qu'elle possédait et agi|t envers elle sinon avec injustice , du moins avec une excessive dureté.

• Ce surnom ne fut donne à Edouard ^^environ un siècle après sa mort , par le pape Alexandre iU. (N* duT,)

43o LA PAMILLE DES GODWlff.

Lorsqa'Edouard fut monte sur le trône , & appela- de la Normandie près de lui un grand nombre de ceux qui étaient devenus ses amû pendant son eacil, Cet acte , que Ton peut approuver s^il fut Teffet de la reconnaissance et de Taffection ^ ne se concilie guères avec les devoir» du souverain. Parmi toutes les causes de mécontentement qui peuvent agir sur Tesprit des nobles et des grands d'un pays , il n'en est point qui blesse phis généralement que la faveur accordée à de présomptueux étrangers. Grroappés autour du monarque ^ et formant une espèce de cabale, ils s'emparent de sa confiance, aupr^udice de ceux qui par leur rang et leurs services croient y avoir des droits plus certains , et te\\e était précisémentla position de notre roi anglosaxon. Edouard , selon ses conventions avec Godwin , avait épousé la belle Editbe , dont les frères , Harold ^ Svreyne , Wulnoth , Tostig , Gurtfa et Leofwriae , furent tous comblés d'honnem*s et de dignités. Suivant Tancienne expression anglaise , ils étaient devenus les dariings du roi , c^est'à^ire ses favoris les plus chers. Ils avaient pris sur lui le plus grand empire et gouvernaient en quelque sorte TAngleterre en usurpant son autorité. Ils étaient entre-

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