ACCESSION DE HAROLD AU TBONE
• eût été de quelque poids , c'ëlait lui qui devait hëriler Au roi, comme descendant ea ligne directe de Cote-de-Fer, et scful rejeton mâle sur- Tivant de la maison de Cerdic ; il assurait en outre , comme les devix autres , qu'il a^ait été désigne par Edouard pour lui succéder au trône. Chacun de ces compétiteurs avait des partisans ; mais Harold était sur les lieux, tandis que Guillaume était absent ainsi qu'Edouard , et ce dernier, jeune, timide et dans le denùment, hésitait peut-être sur ce qu'il avait à faire. Harold, dans l'âge mûr, dans toute la force de Tesprit et du corps, jouissait d'une autorité considérable et possédait d'immenses richesses ; le jour même 6 janTîer OÙ l'on déposa le Confesseur dans la tombe , il 1066. persuada ou contraignit les prélats et les nobles, assemblés à Westminster , de Tacc^pter pour souverain. Plusieurs de nos historiens disent qu'il obtint le diadème par la force. U ne £iat pas entendre par là qu'il employa la violeaœ , mais seulement que la plupart de ceux qui Je reconnurent, agirent contre leur inclination. Si nos autorités sont exactes , Stigand , arclievéque de Cantorbery , qui avait été suspendu de ses fonctions par le pape , fut le seul {Mrélat qui lui donna son adhésion.
Discussion des droits de harold. 4^^
Quelques parties des domaines auglo-saxon^ paraissent ne s^étre jamais soumises à Tautorit^ 4e Harold. Dans d^autres , une morne obéissance fut tout ce que Ton put obtenir du peuple , privé des moyens de proclamer un autre roi. H est certain que Harold n^avait aucun titre légitin^ct à la possession du royaume, ni aucun 4rpi( personnel à, TheVitage d^Édouard ; )a couronpe anglo-saxonne n'avait jamais été portée par on monarque électif. Le^ droit$ constitu^onnels dç la natipn s^étendaiçnt au plus jusqu'à choisir un roi parmi les membres de la famille royale ; quel que soit le genre de sanction que les -vritans donnèrent à Tintrusion de Harold , cet acte n'eut pas plus de validité que celu^ par leque) ils exclurent les fils d'Ethelred pour admettre une famille danoise.
Harold montra , dit-on, du courage et de la prudence d^ns le gouvernement du roy^imie, e\ il mérita des éloges pour sa bonne administration de la justice ; mais en même tems , d' wtref écrivains l'accusent de tyrannie , et Tont particulièrement blâmé à cause de la rigueur oppressive de ses lois forestières. Harold peut avoir paru juste aux yeux 4e ses partisans , tandis que le simple exercice de la prérogative royale ét^it
4(>8 WSCBSMON DES BROITS DE HAIiOI.f>.
du despotisme pour ceux qui le regardaient comme un usurpateur.
La qualité de dernier prince anglo-saxon a souvent fait juger Harold avec une partialité qu'il serait peut-être difficile de justifier. Il n'avait , comme nous venons de le dire , aucun droit positif à la couronne, de quelque genre que ce fut : le testament d'Edouard en sa faveur était fort équivoque , et il n'avait point obtenu pour son accession au tr^ne ces suffrages unanimes qui , dans les principes ordinaires des convenances politiques , peuvent seuls légitimer un changement de dynastie. Le pouvoir anglosaxon avait rapidement penché vers sa ruine. Les earls sVtaîent élevés au rang de petits rois opposés à leur souverain commun. Au nord de THumber , il restait à peine une ombre de gouvernement régulier; et quand même les Normands n'auraient jamais foulé le sol de l'Angleterre, il eût été presque impossible au fils de Godwin de se maintenir dans la possession de l'autorité suprême. Plusieurs des grands nobles qui s'étaient partagé le territoire du royaume, auraient pu faire valrir des droits aussi bons que ceux de Harold , et il est probable que peu de chose aurait suffi pour les exciter à risquer h
GUILLàUME APPREND LA MORT d'ÉDOUARD. 4^
tentaiivje. Jusqu'alors la couronne avait ëté pré* servéede toute usurpation intérieure , parce que la royauté était regardée comme Tapanage des seuls enfans d'Odin.Tout incertaines qu^eussent été les règles de la succession , la foi politique attachée kla ligne direcie ro^aJ!? avait fait taire les projets ambitieux , excepté parmi les membres d' une famille ; mais le charme était rompu, le voile qui avait jusque-là couvert la souveraine magistrature.était déchiré, et le chemin du trône était ouvert au premier qui pouvait vouloir y pénétrer. Guillaume , environné d'une noble suite de chevaliers , d'écuyers et de damoisels , chassait dans le parc de Rouen ' , lorsqu'un sergent d'armes, qui arrivait d'Angleterre, accourut près de lui et lui raconta les événemens qui venaient de s'y passer : la mort d'Edouard et l'avènement de Harold au tr^e. L'arc tomba des mains du Normand, et il resta d'abord stupéfait de douleur et de surprise. S'enveloppant de son manteau et l'ouvrant tour-à-tour, il gardait le silence et jetait autour de lui des regards si furieux et si cruels, que personne n'osait lui adresser la parole. Enfin il entra dans un esquif, traversa la
' Ce parc éttài situe dans la forêt de Rouvray, près du Grand- Queytlly, à une petite lieue de Rouen. {N. duT.)
4nO CiriLLACllE RÉCLAMX LA COUHOlflfe.
Seine , entra lentement dans la grande salle de son palais, se jelasurun siège, et, s'eafonçant la tête dabs les replis de son manteau, se pencha le corps en arant comme un hommç accablé de désespoir. «Messieurs », dit le sénéchal Guillaume De Breteuil , s'adressanl à la foulé inquiète , « vous apprendre» bientôt la cause du » trolible où vous vôyet notre seigneur » ; s'approchant alors de son maître, il lui dît que tout le monde parlerait bientôt dans les rues de.RoDen de la mort d'Edouard , et des droits qu*il avait à lai succéder. Guillaume sortit aussitôt de sat profonde rêverie, et, d'après l'avis de Rb- Osbem , baron normand ^ il serésolîità sommer Harùld de lui restituer son héritage t\ de remplir les eiigagemens qu'il avait contractés envers lui 'comme vassal.
Harôld répondit qu'il ne pouvait disposer d'un royaume qui n'était pais à lui ;, voulant sans doute £aire entendre que la transmission nt pouvait s'en faire sans le consentement du witenageâiot. Il déclara de mêikie positivement qa'3 ne pouvait épouser Adèle sans av^ir pris conseil de la noblesse. Si ces expressions doivent être prises à la lettre « il faut supposer que comme la reine avait une part , quoique fort peu définie»