‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 117 sur 124 · REVUS DE HAROLD · texte numérisé non relu

REVUS DE HAROLD

k l^autoritë royale , elle ne pôurait être élevée k ce rang sans, l^assentiment de la lëgislatare; mais peuuétre devons-nous adopter une signi«fication pins large, et penser que Harold voulait dire que dans le choix d'une épouse , un roi anglais devait avoir soin de ne pas se rendre impopulaire. Au surplus, ces excuses n'ont pas besoin d'être pesées à leur juste valeur* D'autres passages de la réponse de Harold étaient ironiques et insultana ; et quant k Vt^n^ semble on doit reconnaître que le fils de Crodwin défiait le pouvoir de Guillaume-le-Bâtard , duc de Normandie.

Harold ne sentait pas sa propre faiblesse; il ne connaissait guère les ressources de son adver^ saire. La Normandie , à cette époque , était parvenue au plus l)aut degré de prospérité. Souft le prudent gouvernement des derniers ducs Richard et Robert , on avait vu s'élever une noblesse active /sage et fidèle. Les chefs des grandes maisons de Beaumont , deMontgomery, de f^t^ Osbem , de Mortimer et. de Giffard 9 n'avaient pas knoins de courage dans le atur que de force dans le bras ; ils étaient en état de donner d'excellens conseils , comme d'exécuter les tonseils quMls donnaient ; et dans rassemblée qui

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fut tenue à LiUebonne, ie» baron» se dateminèrent à seconder leur sourcrain dans sa lutte contre Tusurpateiff anglais , le parjure Harold.

Une grande diversité d'opinions se manifesta dVbord dans cette mémorable assemblée. Le duc n'avait pas le droit d'ordonner à ses vassaux de traverser la mer ; leurs fiefs ne comportaient pas cette obligation. Guillaume ne pouvait que les engager à combattre pour lui en Angleterre ; ils refusèrent en grand nombre de prendre part à cette dangereuse expédition, et des débats trèsanimés s'élevèrent. Fitz-Osbem exhorta ses compagnons à seconder les intentions de leur seigneur lige. Après quelques discussions , ils permirent à rîntrépide baron de porter pour eux Ja parole , et il dit en leur nom que chaque f eudataire devait s'acquitter du service extraordinaire qui lui était demandé, outre celui dont son fiefle rendait passible. Lui, Fitsfc-Osbem , s'obligeait de plus d'équiper à ses frais soixante vaisseaux, remplis de. guerriers d'élite.

Fitz-Osbern pouvait faire personnellement toutes les promesses que lui dictait son dévoûment; mais les autres barons ne Tavaient pas autorisé à les lier par de semblables manifestations , et pendant qu'il parlait , il s^éleva de si

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terribles cris de dësapprobalion , qu'il semblait que le toit 4^ 1^ ^^Ue fût sur le point de s'écrouler. Guillaume , ayant fait d'inutiles efforts pour rétablir l'ordre , se retira dans un autre appartement ; et, faisant appeler près de lui les barons im à un , il discuta tour-à«*tour et séparément ayec chacun de ces vassaux récalcitrans. Il j employa tout l'art de la persuasion ; le' service qu'il leur demandait ne devait , disait-il , jamais se changer pour eux en obligation , et les troupes qu'il leur demandait comme faveur ne pourraient , par la suite, être exigées comme un droit par lui ou ses successeurs; enfin les champs fertiles de l'Angleterre devaient devenir le prix des secours qu'il attendait d'eux. A cette perspective de rémunération, les barons consentirent, et , afin qu'ils ne pussent se rétracter , un clerc que l'on tenait tout prêt inscrivit sur son registre le nombYe de chevaliers et de vassaux que chaque baron fournirait pour cette expédition.

Guillaume ne se borna pas à faire prendre les armes à sts sujets seulement ; tous les aventuriers à^% états voisins furent invités à se ranger sous ses étendards. L'Ârmorique , devenue depuis province de France sous le nom de Bre-

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tagne , ëuit alors on fief de Normandie ; le -doc ne pouvait forcer les noUes de cette contrée à faire partie de son. armëe , mais ils cédèrent ▼olontairement à son influence. Alan Fergant et Bryan , tous deux fils de Eude^ comte de Bretagne« vinrent avecune suite nombreuse de chevaliers bretons, tout équipes pour le combat. Peul^ être étaient-ils guidés par le désir de se venger des Saxons qui avaient envahi le pajs de leurs ancêtres. D'autres vinrent du Poitou , du Maine, de la Flandre et de TAnjou , et on leur fit à tous les promesses qui pouvaient le plus les ezafer à l'entreprise: des terres, de l'argent, sm'vant leur rang et leur condition. I^ port de Saint*^ Pierre-sur-Dîve fut désigné comme le Ueu où devaient se réunir toutes les forces.

Guillaume avait découvert quatre motifs puis^ sans pour faire la guerre au peuple voisin : le testament de sou cousin , le paijure de Harold, Texpulsion des Normands k Tinstigation de God win , et enfin le massacre des Danois par Ethelred , le jour de Saint-Brice. Le faux serment de Harold fournit à Guillaume le moy«n de se procurer l'approbation du Ètége papal. Alexan4re , pontife romain , permit et même recommanda de* p«inir ce crime, pourvu que

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