V0RTI6ERN ET ROWENA
d'alliés. D'autres disent qu'ils étaient exilés de leur pajs natal. Tous paraissent d'accord sur un point, c'est que les Jutes firent une gueire heureuse contre les Pietés et les Scots , et qu'en récompense de leurs services l'île de Thanet leur fut donnée , comme j'ai déjà dit que faisaient les Romains en faveur de leurs auxiliaires lastiques. Cette terre devint donc la solde des Jutes.
Plusieurs écrivains prétendent que Vorlîgem épousa Rowena , fille d'Hengist. Elle étaittrèsbelle ; et lorsque son père l'introduisit au banquet royal du prince breton , elle s^avança vers lui avec grâce et modestie , tenant un gobelet d'or plein de vin. Il ne parut ni singulier ni inconvenant que R5wena se présentât dans cette fête faisant les fonctions de porte-coupe ; les jeunes gens , même du plus haut rang , avaient coutume de servir les personnes âgées ou celles auxquelles ils voulaient témoigner du respect. . Lorsque Rowena fut arrivée auprès de Vortigem, elle lui dit, dans son langage saxon: « Woes heal , hlaford connug*» ; c'est à dire : < Porte-toi bien , monseigneur roi. « Vortigem ne comprit rien au salut de Rowena , mais les paroles lui furent expliquées par un interprète.
46 HOSTILITÉS' DES JUTES.
On refondait ordinairement : « Drinc. beal , — Je bois à ta santé. » Le w(ùssail-cup a p<;rpéUië dans la joyeuse vieiUe Angleterre le souvenir de cette cérémonie. C'était une coupe remplie de vin épicé ou de bonne bierre , qui passait à la ronde aux mains de chaque convive dans les banquets et les fêtes. Rappelons-nous donc Rowena dans les jours de réjouissances ^ pour ce supplément aux plaisirs des festins.
L'ambition des Jutes s'accrut avec leur pouvoir. Ils firent de nouvelles demandes aux Bretons, voulurent une plus grande récompense, une augmentation de territoire. Le refus provoqua leurs hostilités ; ils se joignirent aux Scots et aux Pietés et ravagèrent la Bretagne de Test à l'ouest. Les Jutes éprouyèrent ensuite des revers pendant lesquels ils furent forcés d'abandonner l'île ; mais ils revinrent jbientôt ayec des fcvces plus considérables f. ils proposèrent aux Bretons de faire la paix, et l'on ordonna un banquet pour célébrer cette réconciliation. Le perfide Hengist avait prescrit à ses compagnons de cacher leurs épées courte; sous leurs vêtemens. Au signal qu'il donna en s'écriant : « Nimed eure saxes » \ ils saisirent leurs armes. Les
' Preaes vos seaxes.