MYTHOLOGIE ANGLO-SAXONNE
leurs sciences ; la musique et la poësie desBardes, les enchantemens des magidens^ ayaient été enseignés par Odin, et il n^ avait guère de princes ou de chefs des Anglo-Saxons, qui, cotnme jel'ai déjà faitobserver , ne réclamassent l'honneur de descendrede lui. Dans les 5/]gïi;5 ou chansons Scandinaves , Odin est présenté comme le guide qui conduisit les Asi, ou hommes du nord , sur les bords de la- Baltique , après leiu* avoir fait quitter leur pays originaire, voisin peut-être de la mer noire. Les savans historiens de la Suède et du Danemarck, en supposant ingénieusement qu'il exista trois Wodens ou Odins , à des époques différentes, ont essayé d'apporter une chronologie régulière dans les aventures attribuées à ce Dieu. Cependant, Woden doit être simplement considéré comme une création mythologique ; il est probable à la vérité que le caractère historique deTEire/urieux^ telle est la signification de son nom , a quelqu'origine réelle ; mais il est impossible d'analyser les élémens dont il se compose. Thor, divinité patronimique de Thorsda^, en anglais thursdajr (jeudi ) , vient immédiatement après Odin. On lui rendait le même culte qu'au
' f)^oo</ signifie tncott furieux à^ïi% le dialecte actuel de l'Ecosse.
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Jupiter-Tonnant des Romains, auquel le même jour était consacré ; mais le tonnerre de Thor était un marteau quUl maniait avec une force irrésistible, et Ton raconte beaucoup de^ fables sur ^ts eiploits et ses combats contre les géans et les démons.
Freya, était la femme d^Odin, et donna son nom à Freya-da^y en anglais^î'/db/ (vendredi). CVtait la Vénus du nord.
Vient enfin Sster , dont le nom a servi pour saiurday ( samedi ). Il était représenté debout sur un poisson et tenant un seau à sa main. Cétait apparemment une divinité des eaux.
Outre les dieux dont il vient d'être question , beaucoup d'autres recevaient aussi des honneurs. Saxnotey fils d'Odin, était vénéré par les vieux Saxons de la Germanie , et probablement par leurs frères de la Bretagne , presqu'autant qu'Odin lui-même , et c'est de lui que sont descendus les rois d'Essex. Les Slaves , qui , sortis de VAsie, se répandirent en Europe après les Teutons , s'étaient établis sur les bords de la Baltique où résidaient les vieux Saxons. Les Russes sont des Slaves , mais cette nation consistait en un grand nombre de tribus , et le peuple sauvage qui s'avança jusqu^à l'Elbe était aussi nommé Slavo-Winidi, Vendi, ou Vandales. Leur
'JO RELIGION TECTONIQUE.
mythologie avait quelque affinité avec le sjrfttème religieux actuel des Indous. Leurs idoles étaient souvent couvertes de symboles, et représentées avec plusieurs têtes. Les Slaves ou Vandales adoptèrent quelques divinités teutoniques adorées par les Saxons leurs voisins : ceux-ci en empruntèrent également aux Slaves , et Sater fut apparemment un de ces dieux étrangers.
Dans la Bretagne , surtout dans le Deïra , les Angles paraissent avoir joint à leur propre idolâtrie ^elle du culte druidique. Cette flexibilité d'opinion ne fut point en eux le résultat de la légèreté. Pieux avec ignorance, et ne sachant comment trouver la vérité , ils sentaient Tinsuffisance de leur foi, et soupiraient poiu* une religion plus pure. Si les Ânglo-Saxons ont vu dans les rochers , les ruisseaux et les arbres , des objets qui demandaient des libations et des sacrifices , ils ne croyaient pas pour cela que ces arbres , ces eaux et ces pierres pussent les entendre ; mais ils offiraient leurs prières sous l'ombrage des forêts, ou sur les bords des torrens , parce qu'ils s^imaginaient que ces lieux étaient plus particulièrement fréquentés par les Elçes, divinités subalternes , qui, quoiqu'invisibles aux mortels , remplissaient ce globe sublunaire. Malgré ces illusions et beaucoup d'autres semblables , les
RELIGION TEUTONIQCE. ^I
nations teutoniques avaient retenu quelques vagues reminiscenses des vëritës entrevues par les patriarches, ou qui leur avaient été rëvélëes. Leur coutume de diviser la semaine en sept jours est peut-être un de ces vestiges. Ils avaient la ferme conviction que l'ame ne périssait point avec le corps. La langue anglo-saxonne fournit un singulier témoignage de Tidëe qu'ils s'étaient Unnnée sur l'essence de Dieu ; ils lui donnaient le nom de God, qui signifie bon, et indiquaient ainsi qu'il est la bonté même' et la source de tout ce qui est bon. Cependant, la pensée qu'ils ont eue , en désignant la divinité par un mot équivalent à une bonté absolue , toute frappante qu'elle puisse paraître, est peut-être moins remarquable que le nom de man dont ils faisaient usage pour exprimer u/iAo/n/n^, et qui veut dire aussi méchanceié , montrant par là qu'ils reconnaissaient combien notre nature déchue s'était identifiée avec le vice et la corruption. Selon leur doctrine , le jugement et la destruction de ce monde devaient être suivis d'un état plus heureux. Quoique sauvages et féroces envers leurs ennemis , ils étaient moins corrompus que les Grecs et les Romains plus civilisés qu'eux. Ils étaient fidèles , honnêtes et chastes , ils tour-