‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 55 sur 124 · CONQUÊTES P'OFFA · texte numérisé non relu

CONQUÊTES P'OFFA

de leur territoire , se soumirent par un traite. Les Saxons de Test furent subjugués , et dë^ la grande et riche ville de Londres , et le Pagus de Middlesex , avaient été annexés à la Merde , peut-être par la soumission volontaire de leurs habitans.

La possession de TEstanglie fut acquise au moyen d'un complot perfide. Ethelbyrht, roi 792. de ce pays , désirait épouser une des filles d'QflEa, et afin d'obtenir sa main , il partit avec un train magnifique pour la cour du roi de Merde , qui faisait ordinairement sa résidience à Tamworth. U était d'usage dans ce tems-là, parmi les rois et les princes y de négoder leurs mariages par députés; et les andens romans; dont les fictions nous présentent la peinture la plus fidèle des mœurs et des coutumes de la vie réelle , donnent la description des scènes qui en étaient le résultat. Lorsqu'un roi recherchait la fille d'un autre roi , il envoyait à celui-d des ambassadeurs. C'étaient des hommes graves, de vieux guerriers ou des dercs savans. A leur arrivée, ils faisaient subir un examen aux jeunes princesses , rangées debout devant eux, «t ils adressaient ensuite à leur maître un rapport sur leur extérieur et leur caractère.

CONDUITES B*OSFA. tlS

L^aînée , poi^kvaienvils dire , est dûiin^^ par sa beauté ; la seconde par son. esprit ; o^is la, plas jeuBe Vest par sa modestie <;t sa discrëtioi). Elhelbjrht trouva pkis convenable d'en juger par ses propres yeux , quoique la prudence eqt du lui suggérer qu'il y avait quelques dang^s à courir. L'Estanglie , autrefois puissaate , avait Fapidemeat dédiné ; son histoire est presqu'en blanc dans nos annales ; les noms mêmes de la plupart de ses monarques sont perdus , et nous pouvons seulement conjecturer que , de-, pu^ la mort de Kedwald , ce royaume avait été dans la dépendance, du bretwalda r^^nant. Q({a, qui prétendait à la suprématie , avait eu beau-* coup de contestations avec Ethelbycht ; m|ûs ce dernier s(î fiait à l'honneur d'un roi , Qt il s'ar vança sans crainte et sans hésitation ju^qu'i^ili palais de celui dont il comptait devenir le gçndre. La rein^ Qwendrithe , épouse d'QfiEat , était astucieuse et cruelle. « Vous tenez- en votre » pouvoir votre ancien ennemi », dit-elle à QflEa^ « celui dont vous avez si long-tems convoité » le royaume. » Le Mercien , cédant fadlemeut à des insinuations qiii s*accordaient avec ses désirs y fit couper la tête au jeune et brave Ethe&yrht , et envoyant aussitôt une puissante

ti4 GOlVQUâTlS d'oVPA.

année contre' les Estangles, il s'empara de leur pays. Ni la digue du géant, ni les rivières et les parties inondées de leurs frontières y ne les mirent en état de résister à leur ennemi.

Un foi anglo-saxdn n'était pas toigoars certain que son fils lui succéderait. Sa famille était ^ à la vérité , investie de Tautorité royale , mai» aucun individu de cette famille n'y avait un droit déterminé ou absolu. Le nouveau souverain était ordinairement désigné par les suffrages de la nation , et si le fils du dernier roi n'avait pas la capacité nécessaire pour en exercer les fonctions , le frère du défunt monarque, ou même quelque parent plus éloigné , était appelé au trône. Ce mode de succession était assez sagement adapté aux nécessités de Tépoque. Un roi anglo-saxon, dans les anciens tems , était le juge suprême ou magistrat de ses sujets en tems de paix. Il était aussi leur com-. mandant en chef en tems de guerre , et le désordre se serait introduit dans les affaires de la nation , si elles avaient été confiées au jugement ou au bras d'un enfant. Dans les occasions , cependant , où Théritier approchait de Page viril , la déviation à la succession

PUISSANGl D'orPA, Il5

directe , quoique soayent pratiquée , paraissait

moins nécessaire.

H devait être douloureux pour un père , de prévoir que son fils pourrait être exclu de la dignité qu'il avait lui-même possédée. QfFa , en 785. conséquence, adopta un moyen qui , jusqueJà, n* avait pas été employé en Angleterre , quoique de nombreux exemples en eussent été donnés chez d'autres peuples. Il convoqua un grand conseil , et avec l'approbation et le concours des prélats et des nobles de Merde , Ecgfrith , son fils , lui fiit associé dans la dignité royale. Tant qu'Offa vécut , Ecgfirith reçut comme lui le titre de roi de Mercie ; il eut un siège à côté de son père , et lorsque celui-ci mourut , il le remplaça sur le trône sans opposition.

Pendant que Charlemagne se disait le plus puissant roi de la chrétienté orientale , il donnait de même à Offa le titre du plus puissant roi de Y occident, II partageait cet honneur avec lui, comme pour faire enten'dre qu'Ofifa était son égal en autorité. Cette remarque /ainsi que beaucoup d'autres , qui ont été conservées sur le roi de Mercie , sont des témoignages de la grande renommée qu'il avait acquise. Le palais qu'il occupait à Tamworth-Town est détruit depuis

I t6 DÉCLIlf DE LA MEftClE.

long^^tflHB ; ks fmtificalîoQS qui. le défendaîml s'élèvent à peine au-dessus de Therbe , et p«mettent senkinent de ditlixi^et encore le site de cette nésidence. royale ; mais les mèdaîttea firappées pttr 0(&, et qui surpassent pour la beauté du trayail celles de tous les autres monarques aaxons , prouvent la culture de ces arts qui ne fleurissent que dans les tems de calme et d'opulence. La prospérité de la Mefcie ait toutefois d'une courte durée , parce qu'elle n'étai% point fondée sur la justice ; c'était une tour bâtie sur le sable. (Xbi , par son caractère personnel et la rigueur de son gouvernement pendant un kmg règne de quarante ans , aidait été la principale cause de la splendeur du pays ; mais aprèa sa mort, cet éclat s'évanouit , et l'on rit com- 795. mencer les destins du royaume de Wessex, rival de la Mercie.

Dans^ les roy«mies où la succession au trâne en. ligne directe est établie comme règle itfva*riable , elle produit un bon eflet , en ce qu'elle prévient ces dissentions qui font, naître des gueires civiles. On reconnaît aisémciU le^el est l'ioiié des fils du dernier roi , aucun doute ne pevft s'élever sur ce £ût ; mais il n'est pas aussi {adle de déterminer ^el est h jrfus.brave

ou le plus sage ^s compëtile»» ^ attendu qu'en pareille <ir€on«tanoe , dbaqne lecteur attnbiie tottles les quftKlés lequises au prinee dont il attend lephiade âmnnn.ïln conséquence, touile^ oioade est niaiaiftnant d'accord queqouiid ^n a un roi ^ iliaut mieux que sa diguitë setransin^te (Morkérita^icAselonlapaniogëniture, c*.e6l-àidire que le fils le^lus âge prenne k couromie, plu<* tdt que ses jeunes fièves ou ses ontks. Par ce mo^fen , âoulies les conftastations sont ^tëes , et si le suecesscnr manque de capadtë > «n peut y suppléer par jde bons iBimafires y àooA, les ams. lui serripont de guid^^s.

J'ai déjà &it rouarquer que cette règte de

succes^on directe n'était point suvrie andenne-

meqtpur les Anglo-Saxons ; aussi^ des disputes.

VélevèreifttieUes quelquefois entre les mcaibves

ée la iamille royale ^àT occasion .de ravéaement

au^^ae. À proprement^parler, le i4tilenagemai,

coRseiides sages , ou grand conseil^ savait le droit

d'élection , mais s'il surrenait une contestation ,

fépée trancbaît ordinairement ce naud. Quand

Beoitric , roi ^s Saxons de l'ouest , accéda

au trdne , «1 rencontra de l'opposition dans

Egkert , iqui aUéguuit de meilleurs droits «n sa

propre ^iavieur. Mùh Egbert afait.pttu departi-

1 18 hk ReiME XADBURGE.

sans , el il fiil oblige , afin de mettre sa vie en sûreté , d^aller se réfugier dana les domaines d^Offa. Ce prétendant , fixé dana un rojaiune voisin, était un sujet d'alarmes pour Beortric, qui envoya près d'Offa des ambassadeurs, chargés de le solliciter vivement sur deux points : c'était d'abord de lui accorder la- main de sa fille 7S7. Eadburge , et ensuite de livrer, le rebelle Egbert à la juste vengeance de son légitime souverain. Ofia consentit , sans hésiter , à la première de^ mande ; îl savait bien qu'il gagnerait à se débar^ rasser d*une fille ocMnme Eadburge. Quant à la seconde , il refusa d'y souscrire , mais il cessa de protéger le prétendant. Egbert se vit forcé de fiiir de la Pi:etagne et d'aller résider en France , où il resta pendant tout le règne de Beortric. Ces années d'exil ne fiirent cependant pas des . années de malheur. La France , gouvernée par Charlemagne , suqpassait alors en bon ordre et en civilisation tous les autres états de la chré-tienté occidentale , et nos anciens historiens ont remarqué que ce fiitunbien pour Egbert d'avoir été instruit ainsi par l'adversité, avant que d'exercer le vaste pouvoir auquel il parvint ensuite.

La reine Eadburge , femme de Beortric, avait autant d'ambition et de cruauté qu'Offa, son

LA R£1IIB KABBDaCE. I 19

père. Elle travaiUait sans cesse a eidter.la mes- 799. inldligence en^re le roi et ses siqets. Devenue ^KNIl haïssable à tous , ellie rendait à tous haine pour haine , et avait recours au poison pour exercer sa vengeance , lorsqu'elle ne pouvait la satis£iire autrement. Ayant un jour préparé une potion mortelle , qu'elle destinait à un des nobles de la cour, il arriva par hasard que Beortric en but, et il expira bientôt Le crime ne put rester caché : Eadhorge fut privée de son rang et bannie, et le peuple de Wessex , non content de la punition infligée à la coupable, résolut d'abolir la dignité qu'elle avait possédée. Il fiit décrété que dorénavant, Tépôuseduroi ne seraitplus appelée reine, qu il lui serait défendu de s'asseoir sur le trône, et qu'elle ne pourrait plus particii^er en aucune manière aux honneurs ou aux avantages de la royauté. Eadburge s'enfuit enFrance , disgraciée, mais riche , ayant emporté avec elle une grande quantité d'or. Elle se livra dans ce pays à la débauche la plus efifirénée. Le dénûment fut le résultat de cette conduite. De la France , elle s'en alla errer en Italie ; et pendant les demièrek années de son existence , ce n'était plus qu'une mendiante ordinaire des rues de Pavie. Ainsi s éteignit la famille d'Ofïa.

Beortrie «rfttAt «péri par la soélënftcsâe de m ftnune , £^ert4}u revint de France, moiUa «ns mvpoMtîon ÎBténeure sur le trâiie deyenu m* cant ; conclut la paix avec lés Merdens armés contre lui, et eut cnsaite tout le loisir de s^élablir dans son royaune. Les neuf premières années de oe règne forment presqu'un vide dans les chroniques authentiques. Dans les dacumens moins dignes de foi ^ cet îulervalle est en .parde rempli par le rédi d'un parlement tenu à Winchester, dans lequel Egbett décréta que la Bretagne méridionale prendrait le nom d'Angleterre. 11 est asses probable que la prépondérance des Angles devait souvent faire appeler Anglais les peuples auxquels nous donnons ordinairement le nom d^ Anglo-Saxons ; mais noire p^s ne reçut l|i dénomination d'Angleterre que beau^ coup plus tard , et le parlement d'JËgbert est une pure fiction.

Selon Tusage ordinaire des Anglo-Saxons , £gben poursuivit les Bretons avec acharnement il n'est pas è ctaireque ce fut pour les chasser du pays; c'était plutôt afin de les réduire a un état de si^étion tributaire. Les Breimis d.e l'ouest 809« opposèrent une résistance vigoureuse , mais

VICTOIRC d'eABERT. 121

inalik. Après un musaone terriUe de$ deiiKcôlés, Egjbeit obdnjt enéîn TaTantage^nl rëuMÎt égale* ^Uméat contre ceuK (pii habituent la^rive septentrionale de Vemboucfaure^ la Seveme ; et enfin tout le pays de Galles actuel, ou la plus grande partie, se soumit à son autoiitë. Portons mainte- 783. nani uoÊie attention sur le Kent ^ dont Akhmund, père d^Egbert , arait été roi , apparemment après l'extinction de la famille des AEsnngas^. Si l'on me demande qiiand^t de «pieUe maniève Akkmund fut place sur le trône, je dirsi seulement ique les souvenons anglo-saxons en général , et 9Vtont ceux de Wessex , avaient coutume d*étaliiîr leurs fils en leur donnant ce que les Français appellent des apanages; c*est-à«dire en . les plaçant dans quelque royaume de moindre importance, qu'ils gouvernaient, assujétis à la tmache atnée de la maison royale; de même que^ dans la vie pmée, un noble, lorsque son îA& vient eu âge, lui accorde sur ses biens une propriété décente,^umoyen de laqndle il peut semarier, élever ses enions et les ponrvoir, en attendant qu'il possède les |>rincipaux domaines deSa funille. Alchmund était donc un de ces roitelets , .t%

' Vojei page L^.

122 EADBKftT.

je suppose ( il faut se souvenir que c'est seule-' ment une hypothèse), je suppose , dis-je , qu*îl ne devint roi de Kent que par l'influence de celui de Wessex. Mais avant lui , comme de son tems , il y avait dans le Kent bien d'autres rois dont les ëtats n'avaient peut-être pas plus d'étendue que les laihes , divisions territoriales du pays '• Ce petit royaume était dans le plus grand désordre ; et après le règne d'Alchmund, ce fut

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