‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 60 sur 124 · appelait une paix. Les Danois n'observèrent le · texte numérisé non relu

appelait une paix. Les Danois n'observèrent le

874. traité qu'aussi long-tems que cela leur convint. Us établirent leur quartier-général dans le Lincolnshire , jusqu'à ce qu'ils trouvassent une occasion favorable pour attaquer le roi Burhred, qu'ils défirent sans peine. Il s'échappa , s'eiifuit

LA MBKGIE CONQUISE PAU LES DANOIS. l5^

)»ar les mers jusqu^à Rome , où il termina ses jours infortunés , et il y fut inhumé dans le collège de la nation anglaise. '

La Mercie tout entière fut alors au pouvoir des Danois ; mais « conformément à leur politique astucieuse, ils ne prirent pas immédiatement le gouvernement du pays. Ils trouvèrent dans un certain Ceolwulf , thane ou ministre du roi Burhred, l'instrument qui leur était nécessaire. Ils l'installèrent comme roi; mais à condition qu'il abdiquerait aussitôt *que ses nouveaux maîtres lui^en donneraient l'ordre. Ceolwulf, investi d'une puissance précaire , agit à la manière des pachas turcs : il ne songea qu'à tirer le meilleurparti possible de son gouvernement. La Mercie avait été complètement ravagée ; les nobles, pour lai plupart, s'étaient enfuis ou avaient péri dans les batailles, et il ne restait même plus qu'un petit nombre des habitans des campagnes. Ceux-ci forent spoliés sans miséricorde par Ceolwnlf , qui commit toutes sortes d' actes d'oppression jusqu'au moment où les Danois, jugeant qu'ils n'avaient pas besoin de lui plus long-tems , le privèrent de sa honteuse autorité.

' Maison [affectée aa logement des pèlerins et des voyageurs. (N.duT.)

l6u LA MEKCIB CO:<QUrSE PAR LKS DANOIS.

On se souvient que déjà la Northumbrîe ayak ëlé envahie \ cependant les Danois n'avaient pas encore entièrement rtduit le pays. Après la mort 867. d'Osbert et dTUa , ils choisirent un Northumbrien nomme Egbert, pour gouverner, ou plutôt pour opprimer la Bemicie, comme roi vassal, sons leur autorité. Il fut chasse par une des ré- 875. volutions qui désolaient ce pays, et un Da- S76. nois, du nom de Ricsig fut mis à sa place. Les incursions ennemies se renouvelèrent. Les Faïens, sous Halfdane, détruisirent toutes les églises et tous les monastères. La ruine de Ja cathédrale de Lindisfairne fut surtout déplorée comme le plus grand des malheurs du siède. Cnthbert , un des prélats de ce siège , canonisé par le respect et la reconnaissance des Anglais , était considéré comme le protecteur du nord, et rtle de Lindisfairne était aux yeux de tous une terre sacrée. Une portion considérable de territoire, située entre les rivières de Tyne et de Wear, et faisant partie de l'ancienne frontière qui séparait les- deux royaumes nor* thumbriens * , avait été donnée aux évêques et

' Pa^eU9.

* Il eu a iii fait mention à la page 56. — Carlisle , ayec un territoire de doute milles à la ronde , avait été dooné à révéché , par

La M&RCIB CONQUISE PAR LB8 OAllOIS. t6t

mise en cukure par leurs tenanciers. Cette con^ trëe fut saccagée par les Danois , qui étendirent leurs dévastations «or toute;» les. parties de la Naithumbrie , et n'épargnèrent pas non plus les pays voisins occupés par les Pietés , les Scots et les Cambriens; ces peuples souf&irent également de leurs ravages. Halfdane consomma sa conquête en partageant une grande partie du territoire de la Northumbrie entre ses partisans , et ceux-ci , en s'établissant parmi les Angles, finirent par

Igfrîth de Northumbrie (an. 6S5). Lon àt U desiruction de TëgUle de Lîndisfaîrne , le corps de saint Cothbert fut préserve , et après «fattieuTS translatioiis , oti le déposa dans la cathédrale de Dorham , dont les évèques sont les successeurs de ceux de Lîndisfairne , et oÀ le slëge d^ëvéchë de cette dernière ville a par conséquent été traasféré ( an* 990 ). Le corps de saint Cuthbert fut placé dans une chèsse magnifiqtie , détruite 4 IVpoque de la réforme. Selon les traditions des catholiques du nord , les reliques ont été sauvées et enterrées secrètement dans la cathédrale. Ces traditions enseignent de plus que, depuis ce tems jusqu^à nos jours , il y a tou-« Jours eu àDurham trois moines bénédictins auxquels ce secret a été confié. Lorsque Tun d^eux meurt , les deux survivans lui nomment un successeur afin d^assurer la transmission du secret , jusqu^an tems où le culte catholique sera rétabli. £n 1S27, un squelette , quePon suppose être celui de saint Cuthbert , fut exhumé par le révérend James Raine. Ces restes étaient accompagnés de plusieurs reliques très-curieuses des siècles anglo-saxons. Les preuves et les argumens de M. Raine se trouvent dans son intéressant ouvrage intitulé : Saini CuMeri , avec la description deTétat des restes. Mais il a rencon" tré un savant et opiniâtre adversaire dans le révérend M. Fletchefi ministre de la congrégation catholique de Newcastle.

l(x) AOLL024 , DUC BC NORMANDIE.

se mëlanger tellemenl av^e euK, qu^ik ne- formèrent pluft qu'une même nation.

Une guerre continuelle et déprédatrice était alors portée de tous côtés dans- la Bretagne, par les hommes dû nord , qui infestaient les cdtes de France avec le même acharnement. Ils étaient quelquefois vaincus , mais, après chaque revers, ils semblaient revenir plus puissans que jamais; « Que Von en tue trente mille en un joor j» disaient les Anglais ^ a et le lendemain il y en » aiva le double en campagne. »

Les Danois étaient remarquables par la célérité de leurs mouvemens , tant sur mer que si» terre. Ces pirates, devenus cavaliers aussitôt qu'ils étaient sortis de leurs vaisseaux, s'élançaient avec impétuosité à travers l'Angleterre. Cette activité augmentait en apparence leur nombre, mais ils étaient réellement très-nombreux , et avaient à leur tête les plus vaillans et A«uii les plus expérimentés des fils d'Odin.

Parmi ces chefs , se trouvait Hrolf ou Rollon, que ses compatriotes ont surnommé Ganger, c'est-à-dire le marcheur. On croît qu'il était prodigieusement grand, et d'une corpulence énorme. Plusieurs historiens danois prétendent

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qu'il était si pesant qu'aucun cheval ne pouvait le porter , et que son surnom lui vint de ce qu'il fut toujours obligé d^aller à pied. Un autre grave historien de la même nation assure au contraire que RoUon montait à cheval , mais que quand il y était , ses longues jambes touchaient près qu'à terre, et que dans celte position il semblait encore marcher. Puisque cette dirersité d^opinion existe parmi les savans , je puis risquer aussi mon hypothèse , et je suppose quUl a pu prendre le surnom de Ganger à cauise de ses mouvement continuels contre ses ennemis. Rollon, après avoir fait une expédition contre \e& Hébrides, aborda en Angleterre. Vaincu dans un rude combat, ou du moins tenu en échec, il se retourna contre la France où une fortune plus briUaute l'attendait. Après une longue série d'événemens , RoUon parvint à prendre possession ^\%. de la province de Neustrie que le roi des Français , Charles-le-Simple , fut forcé d'abandonner au pirate danois. Cetpendant, cette cession lui (ut faite à condition qu'il se reconnaîtrait le vassal de Charles , et que le roi des Français resterait le supérieur du duc des Normands. RoUoû consentit sans beaucoup de répugnance à cette stipulation, mais la scène qui se passa

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