‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 61 sur 124 · ROLLON, DUC DE MORMANBIE · texte numérisé non relu

ROLLON, DUC DE MORMANBIE

lorsqu'il reçut Tinvestilure de son duché, montra quelle espèce de stgels Charles allait avoir dans les Normands. Cëtait la coutume, dans la Gaule, que le vassal qui recevait une donation baisât le pied du roi, ce qui, au fond, n'était pas plus humiliant que de lui baiser la main , puisqu'il ne s^agissait que d'une formalité établie par l'usage. RoUon s'y refusa, disant qu'il ne se courberait jamais devant personne ; à la fin , cependant , il consentit à s'acquitter de cette obligation , mais par député, et en conséquence il fit signe à un de sts soldats de s'avancer pour la remplir à sa place. Le farouche Danois obéit avec humeur; et saisissant le pied du roi , il l'éleva jusqu'à ses lèvres avec tant de violence et de brutalité, qu'il fit tomber Charles à la renverse , au milieu des rires de la multitude. Rollon-le-Ganger, qui prit ensuite le nom de Robert , devint ainsi le premier duc de Normandie. Berengarius et Alan , chefs des Bretons de l'Armorique , se soumirent à lui comme vassaux, et les Anglais, par la suite n'eurent que trop à maudire le jour où il avait quitté la Bretagne pour le rivage opposé. Pendant qu'un corps, considérable de Danois S77. s'occupait à réduire le royaume de Mercie , d'autres continuaient leurs opérations contre Al£ned

GCKRIIÉ IfAVALK SODS ALFRED. lG5

«t les Saxons de l'ouest. Une armëe de ces iMurbares marcha contre Exeter , pendant que leur flotte, partant de Fembouchure de la Tamise où elleëtait en station, faisait yoile vers Tbuest, afin de rejoindre les forces de terre. D paraît qu'à cette ëpoque, Exeter ëtait une ville libre, presqu*indëpendante des rois de Wessex, et l'on se souvient sans doute que les Bretons étaient en rëToke contre le gouvernement anglais ; ainsi , les Danois firent preuve d'adresse en essayant d'attaquer Alfi'ed dans la partie la plus vulnérable de ses domaines. Alfi*ed sentant toute l'importance de la guerre maritime, et voulant couper les communications des pirates , avait ordonne de construire dans les ports de longs vaisseaux ' , faits exprès pour le combat. Il fiit inopinément secondé par les élémens : une violente tempête qui s'éleva , fit perdre aux Danois une grande partie de leur flotte. L'armée d'Alfred était assez considérable pour cerner les Danois dans Exeter, mais elle ne put prendre cette ville, et une paix , ou une trêve , se négocia entre les assiégés et les assiégeans.

Les Danois firent serment , et donnèrent des^

Voyez pages 183 et t8&.

lG6 RETRAITE d'aLFREB.

otages en garantie de la paixX'année précédente^ ils avaient contracté un engagement sevibbble de la manière la plus solennelle , en jurant sur le saint anneau,, ou bracelet consacré à Odin; mais, infidèles à leur propre croyance , ils avaient violé leivs promesses, et la trêve qu'ils venaienl de conclure fut enfreinte avec aussi peu de retenue. La déloyauté de ces barbares n'était égalée que par leur férocité, et les Ànglo-Saxons auraient fini par leur ressembler sans l'introduction du christianisme.

Au plus fi>rt de l'hiver, saison dans laquelle les 878. opérations militaires étaient ordii^airemeat suspendues, les Danois firent une irruption soudaine dans le Wilts , et dans les shires on rjomtés voisins. Us causèrent tant d'épouvante aux hahitans, que ceux-<â s'enfuirent en grand nombre dans l'île de Wi^t : les autres se soumirent. Alfred, presqu'entièrementprivédesOn pouvoir^ et suivi seulement d'une petite troupe de partisans dévoués , aiQsi que de sa vieille mère .Osburge ' , fut contraint de se retirer dans^AlihelAey,

' D*aatres ëcrivatns rapportent qu^Osburge , à cette époque , était morte depuis long-tems , et que ce fut la reine , épouse d* Alfred , qui le suivit dans Tile d^Athelney. {N. daT.)

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