ALPR£D CHEZ LA FEMME DU BOUVIER
lieu isole , an confluent des rivières de Tfaone^et dePaireltf et envirpnnë de marais qa\ serraient en m^fite teni« à cacher cette retraite et à !a défendre. Que de pd^atioiis et de fieitigaes Alfired j ëfurouva! îi vécot alors en proscrit Sa subsistance de chaque jour dépendait du hasard. Tantdt les eaux lui .fournissaient sa nourriture ; tantôt il chaasait Je daim sawvage, et quelquefois enfin il était force èe piller dans le pays occupé par les Danois , et d^enlever par surprise les provinons de Veimemi. Gependaait, cette situation malheu* resise ne put abattre son courage ni affaiblir son énergie.
Un jour, il chercha un abri dans ht cabane d*iifli bmivier, et là il lui arriva une aventure qui a souvent été racontée. Accroupi près du £eu^ il s'occupait à mettre en bon état son arc et ses flèches. Des pûns, que la femme du bouvieravait préparés f étaient placés autour du foyer. Alfired avait reçu d'elle Tordre d y veiller^mais son attentionétant détournée parle travail qu'il avait e»trepris ,41 ne s'aperçut pas^qn'ils brûlaient. La^bonne femme avait des yeux plus çlairvoyans , elle courut au foyer , retourna les pains, et réprimanda vertement Alfred de son défaut de précaution. « Eh ! bien donc » , s'écria-l-ellc du haut de sa
l68 LE COLLIB» D*ALFIIB».
Yoix glapissante , « avec cette paresse et cette » négligence, croye^yous, qui que vous soyes, » réussir à rien dans le monde? n Et elle continua ses reproches, ajoutant que celui qui s^apprètait à prendre sa part du pain deyait se montrer pluls soigneux à le faire cuire. Alfred écouta cette mercuriale avec patience, retournant les pains ainsi qu'pn le lui commandait, et sans rien répliquer. Nos lûstoriens ont du considérer cette obéissance comme une grande épreuve , car elle tient une place distinguée au milieu de leurs récits. On sait que dans des tems plus heureux , Alfred raconta souvent ses aventures à ses amis , arides de les entendre ; et cette anecdote est peut^-étre une de celles qui nous sont restées d'après son propre témoignage.
Nous devons faire encore mention d'un fait très-curieuY.Le roi portait un omementsuspendu èi un collier d'or et d'émail, et qui, perdu par lui dans Athelney , y {ut retrouvé entier, et sans al-* tération , au dix-septième siècle. On le consenre îi Oxford ' , et cette inscription qu'on lit autour:
' Dans le Muséum Ashmolëea. Une gravure le représente très' fidèlement dans Pintëressante Histoire de saint Neat, composée pat M. Gorhsm«