‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 65 sur 124 · ANCIENS SYMBOLES. I · texte numérisé non relu

ANCIENS SYMBOLES. I

se faire que par écrit ^ s^effectuaient alors verbalement. Aujourd'hui, si Ton veut acheter un cheval , il suffît d'en payer le prix au propriétaire : il livre le dieval , on Temmène , et le marche est consommé. Mais s*il s'agit de l'acquisition d'un champ , il faut faire rédiger, sur papier timbré , un acte d^une longueur démesurée , et payer des «droits au gouvernement. Ceci s'appelle une irananission. Or , dans les anciens tems ^ un cheval et un champ se transmettaient avec aussi peu de f<»inalités l'un que l'autre, et sans qu'il fôt besoin d'aucune écriture. Lorsque la terre était vendue , le propriétaire y arrachait une poignée d'herbe qu'il Jetait dans le sein de l'acheteur, en signe du changement de possession ; autrement , il coupait une branche d'arbre et la lui mettait dans la main , pour montrer que ce dernier aurait désormais le droit de recueillir tous les produits dusoL Pour donner la saisine d'une maison ou mettre eii possession l'acquéreur , on lui remettait la clé de la porte ou bien une poignée du chaume qui couvrait cette maison , ce qui signifiait également qu'elle lui avait été cédée. Ces symboles variaient quelquefois suivant le caprice du propriétaire. L'un présentait un couteau et un

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poil de sa barbe ; Tautre lin gant ; un troisîèine une ëtrille ; un quatrième le cornet dans lequel il buvait. Cest ainsi qu'Ulfus, noble de Northumbrie 9 après avoir déshérite ses enfans , fit passer ses biens à l'archevêdié d'Yorck; il déposa son cornet d'ivoire sur Tautel , en dédarant sa vo'^ lonté. On garde , dans la cathédrale d'Yorck, le cornet d'Ulfus , et le chapitre possède encore une psfftie de ses domaines. Les symboles visibles que l'on employait ainsi, fournissant les preuves des droits à la propriété , étaient conservas avec autant de soin que des contrats ou des chartes , et ils suppléaient à Técriture , en gravant le souvenir de la transaction dans la mémoire des témoins • que Ton appelait en ces occasions.

La vérité est que l'on pouvait se procurer , sans le secours des livres , un assez grand nom* bre de connaissances , soit utiles , soit agréables, parce que la plupart des sujets maintenant traités par écrit , étaient alors connus par tradition orale. La poésie , qui pour nous est le luxe de la littérature , était dans ces tems-là d'un usage vulgaire. On employait généralement les vers, même dans les classes les plus grossières , pour -conserver le souvenir de certains faits , ou pour inculquer des doctrines dans l'esprit , et cette

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coutume duca long-tems parmi les anciens Ân-« glais , comme chez leurs frères les Scandinaves. Leurs lois étaient formulées envers , les exploits de leurs ancêtres étaient célébrés par des chants. Plusieurs de ces poèmes subsistent , et d'autres ont évidemment fourni des matériaux pour les histoires en prose et les chroniques. Les Anglo- Saxons étaient grands amateurs de rhythme et d'harmonie. La harpe , dans leurs fêtes , passait de main en main , et celui qui ne pouvait montrer aucun talent en musique , était consi-* déré comme indigne d'être reçu dans la* bonne compagnie. Âldhelm , évêque de Sherboume , ne put trouver le moyen de captiver l'attention de ses concitoyens , qu'en se plaçant sur le pont et en y chantant une ballade qu'il* avait composée. Il n'est peut-être pas sans intérêt d'ajouter que nous devons cette anecdote au roi Alfred , qui l'avait consignée dans son manuel ou album.

Les hommes illétrés participaient donc aux avantages que procurait la récitation des vers , et l'on pourrait dire que les poètes eux-mêmes n'avaient guère besoin d'être plus instruits? Le» vers, chez les nations du nord , étaient souvent composés sur-le-champ , à la manière des

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