‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 69 sur 124 · DÉCADENCE POSSIBLE DES SCIENCES. SO'J · texte numérisé non relu

DÉCADENCE POSSIBLE DES SCIENCES. SO'J

directement ou indirectement lies au commerce ou à rindustrie. Les sciences abstraites seraient nëgligëes ou tomberaient dans Toubli. Peut-être quelque sage isolé en cultiverait-il encore une partie , mais ce serait inutilement , puisqu'il ne trouverait plus personne qui eut le pouvoir ou la volonté de profiter de ses connaissances.

€l)apitre Vm.

Première éducation d'Alfred. — D ne put avoir de bons instituteurs. — Grande décadence des sciences en Angleterre , après les invasions danoises . — Traduction de la Bible dans les premiers tems du mojen-âge. — Ce travail , peu goûté parmi les nations qui parlaient les langues romanes, reçoit au contraire des encouragemens de celles qui fsàaaient usage des dialectes teutoniques. -^-Ulfila. — Csdmon. ^— Projets d'Alfred pour la restauration des sciences.

Alfred n^eut aucune connaissance des lettres jusqu^à Page de douze ans. Ses parens le chérissaient à cause de sa beautë ; mais Pinstruction que le plus pauvre enfant reçoit maintenant si facilement , ne pouvait être donnée au fils d'un roi anglo-saxon. Alfi%d apprit à tirer des sons de la trompe , à bander un arc , et il acquit beaucoup d'habiletë dans le noble exercice de la chasse , regarde dans le moyen-âge comme le talent qui convenait le mieux aux princes ; on répudiait la science des livres , dont on jugeait qu'ils pouvaient se passer.

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LVsprit ardent d^Âlfred ne resta cependant pas inactif. Il ne pouvait pas lire , mais il prétait une oreille attentive aux vers rëcitës dans le palais de son père par les ménestrels et les gieemen, maîtres dans l'art du chant anglosaxon. Il passait des jours et des nuits à écouter ces poèmes ; il les accumulait comme des trésors dans sa mémoire , et pendant tout le cours de sa vie la poésie continua d^étre son amuse, ment et sa consolation , au milieu des trotibles et des inquiétudes qui l'assiégèrent.

Un jour, la mère d'Alfred, sa propre mère Osburge, et non la française Judith, comme quelques uns Tout cru, lui montra, ainsi qu'à ses frères, un livre de poè'sie anglo-saxonne qu'elle possédait. « Mes en&ns , dit-elle , je Ti> donnerai ce livre à celui de vous qui pourra n le lire le premier, n L'attention d'Alfred fut captivée par les brillantes dorures et les couleurs des lettres capitales enluminées. Il était etichanté de la magnificence de cet oljet, et il demanda à sa mère si réellement elle tiendrait sa promesse. Elle la lui confirma , et init le. livre entre ses mains; il s'appliqua ensuite avec tant de persévérance à le mériter, qu'il l'obtint en effet.

Le peu qu'Alfred avait appris lui donna une

IIO PKBMIÈEE IBUCATlOIf D'A^rtBD .

enrie extrême d'en apprendre davantage , mais il ignorait la langue latine , et c^était un obstacle £tit pour Tarréler. Les sciences et les connaissances de toute espèce n^e'taient révélées que par les Uvres latins , et Ton ne pouvait en trouver un seul 9 quelque dësir qu'Alfired montrât de s'instruire dans cette langue. Une profonde indififërenoe pour la littérature régnait dans le pays, et il y avait si peu de grammairiens , c'est-à-dire de latinistes, dans le royaume de Wessex, qu'il fut impossible de découvrir pour lui un instituteur capable. Alfred a dit souvent dans la suite que, de toutes les privations et les malheurs qu'il eut à supporter , rien ne lui parut plus pénible que l'oisiveté forcée de sa jeunesse , époque à laquelle son intelligence était le mieux disposée pour recevoir des leçons , et où cependant tout son tems étiit perdu. Dans un âge plus avancé, les travaux de la royauté et les atteintes réitérées des plus vives souffrances ' interrompirent des études qu'il avait alors les moyens de suivre ^ et fatiguèrent ses esprits. Cependant il persévéra, €t la soif inextinguible qu'il avait manifestée dans Tenfance pour Tinstruction , ne le quitta que

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