‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 76 sur 124 · CARACTÈRE D^ ALFRED · texte numérisé non relu

CARACTÈRE D^ ALFRED

quoiqu'il cherchât à rëprimer ^s pencfaans , il fut porte de tetns en tems à la tprannie , et son amour de Tordre et de la justice dëgënëra quelquefois en cruautë. Cependant , après avoir ënuméré dans Alfred les imperfections dont nous Mmmes informes par les documens que nous possédons ; en admettant aussi qu'il en eut d^autres que nous ne connaissons pas , et dont le souvenir a été enseveli avec lui , nous pouvons affirmer qu'il fournit encore le plus brillant modèle que Ton puisse trouver parmi les bons rois, soit dans tout autre siècle, soit chez toute autre nation.

Une des leçons les plus instructives que fournisse la vie d'Alfred, c^est qn'il ne tomba point dans les pièges que lui tendaient ses goûts et ses tàlens intellectuels. Si son amour de la splendeur lui eût fait faire un seul pas de plus, il fût devenu un oppresseur, foulant ses sujets pour satisfaire son désir de magnificence. Son talent poétique aurait pu IVgafer de diverses manières : lorsque la harpe circulait dans un festin, les cornets d^hydromel et de méthéglin ' se succédaient ra pidement, et les chants des hommes du nord

' Autre espèce d^hydromel. (N, dùT. )

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servaient de prétexte à Tivresse ou à dçs vices plus dangereux. De même aussi le goût extrême du roi pour la littérature latine aurait pu , s'il s'y fut livré sans retenue , lui faire remplacer d'utiles travaux par une vaine étude. Mais Alfred puisait la science à son unique source , et en employait les dons à Taccomplissement exact et consciencieux des devoirs qui lui étaient imposés.

n n^ignorait pas que le premier et le plus impérieux de ces devoirs était de faire des lois sages et d'établir une bonne administration de la justice. Ethelbert avait fait mettre par écrit les coutumesl égales traditionnelles des Jutes du Kent. Ina » roi de Wessex ; Offa, roi de Mercie , et d^autres souverains anglo-saxons , avaient aussi de tems en tems promulgué des arrêts ou jugemens , afin de remplacer par des règles fixes et définies des usages ince^ains. Parmi le$ divers articles et chapitres de ces statuts , Alfred fit choix de ceux qui lui paraissaient les meilleurs , il fit subir à d'autres des amendemens , et d^ autres enfin lui parurent devoir être rejetés.

Le code formé de cette manière par Alfred ne diffère pas essentiellement de la jurisprudence de ses prédécesseurs. C'est ce que nous pouvons dire avec certitude, c^r le plus ^and

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