ORIGINE BU SYSTÈME FEODAL
Les LiiiU recevaient leurs donations en terre , suivant le mesurage fait par le cxsar qu^ils servaient' ; et quandlespeuples germaniques , comme les Francs , par exemple, devenaient les conquërans d'une province romaine, ils s'emparaient de tous les avantages de la civilisation. Le sénateur romain abandonnait sa vUla, ttst contentait de vëgéter sur une partie de son domaine , le tiers ordinairement, qui lui ëtait laisse par ses hôtes fâcheux; et les hâtes , car cVtait le nom que se donnaient à eux-mêmes ces incommodes visiteurs, pillaient les vignes et recueillaient le blë du propriétaire. L'histoire de la propric^té foncière estun sujet de perplexité, surtout à cause de la grande difficulté que Ton trouve à démêler les coutumes teutoniques d'avec les lois romaines. Il suffira de remarquer que les peuples germaniques n'imitaient que grossièrement tout ce qu'ils voulaient adopter. Pour reproduire ma comparaison prise dans l'architecture, ils confondaient les détails, et joignaient fréquemment ensemble des membres discordans, si embrouillés, et copiés avec si peu de soin, que paraissant, à la première vue,cotistituerun style original, on en découvre cependant II'- ■ ■
' Voyez page S5.
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le modèle , en lés examinant arec aUefition. Cette ^psfière moulure biHeUée a été suggérée par les denlicules de la corniche de Yitruve ; le tjpe de ce chapiteau couronné de chardons se retrouve dans Tacanthe corinthienne; ce piédestal disproportionné a été ciselé diaprés Tordre dorique dn Col]rsée ; et le tout est arrangé suivant une méthode qu'aucun Romain n'aurait jamais pu inventer.
C'est ainsi que les concessions territoriales doat j'ai parlé ' , faites aux vétérans, romains , et quelquefois appelées bénéfices, fournirent aux harbares une règle de conduite qu'ils adoptèrent , ou , 4u moins , ils en conçurent l'idée que le soldat devait être récompensé par uae dotation territoriale ; et depuis le premier établissement des Francs dans les Gaules , nous voyons que des donations de cette espèce ont été faites à même les terres qui formaient le domaine royal. Nous n'avong pas d'égales preuves de la même pratique dans la Bretagne ; cependant , Bede nous apprend que la terre était considérée comme le fonds public sur lequel on devait prendre le salaire du soldat. Qiiand cette terre était employée différemment , de telle sprte que l'étst
' Voyez pages ââ et suivantes.