lYSrillE FÉODAL
sèment de ce qu'il lui presorii^it, le seigneur s'âsrataitde safidëlitë par an serment solennel. On Toit que r essence de ces transactions est pareille. Le seigneur abandonne la possession de sa terre à des conditions ; mais cette terre ne continue pas moins d'être sa propriété ; le te* nancier n'a simplement que le dt^it èltxt jouir. Une convention à peu près de même espèce était appelée chez les Rom^ains empkyteusïs. Ce mot, prononcé tmphyiefsis, paraît avoir été abrégé ou ^ corrompu et changé en celui de phjrtef tua fief, et finalement en celui à^fief; vers le xi*. siècle , ce dernier terme remplaça celui de bénéfice , en France ef en Italie ; mais tes nations teuto» niques ne donnèrent jamais à leurs bénéfices d'autre nom que celui de loan , dont j'ai d^ (ait mention ' .
Telle est la (orme d'une institution qui s^étendit par degrés de manière à envelopper la politique des nations les plus florissantes de la chrétienté occidentale. Il sti(Era de faire observer ici que le vassal , en recevant son bénéfice d'après une mauvaise imitation de la loi romaine , rendait
* Pour les preuves de cette ëtymologie , voyei Htse and pro- ^tu 6/0iê éhgiUh commonweaiih , p. CCV , etc.
STSTÈHE viODAL. 335
ioujôurs hommage selon la loi teutoniqàe : Tan semblait devoir être la conséquence de Taulre , et le nombre d'indiridas qui devinrent ainsi bénéficiers augmenta rapidement , sur le continent comme dans la Bretagne. Nous Sommes obligés , pour nous aider dans Phisfoire des tetiures chez les Anglo-Saxons , d'emprunter quelques pages aux historiens du continent ; maiâ nous le pouvons avec confiance. Les traits géttéi'aùlt de la loi étaient semblables des deux côtés du détroit. Moralement parlant , les divers royaumes de la chrétienté ne formaient qu'une république; hs clercs , seuls hommes qui s'occupassent des lois, constituaient une corporation ; ils avaient les uns avec les autres des relations continuelles , et en dirigeant les affaires de législation, ils ne contribuèrent pas peu à augmenter l'uniformité qui s'y fit ensuite remarquer.
Quand il est (juestion d'un chevalier, nous • croyons voir un noble et galant guerrier mourté sur un coursier firingant; notre imagination lui donne un bouclier décofé d'armoiries, et un casque surmonté de plumes, orné du niban que loi A donné sa dame, «vec laquelle il vient d'avoir un entretien dans un bosquet solitaire. Tel fiit laspect de la vassalité féodale du moyen-
336 ITITÈME rSODAL.
âge , lorsque l'esprit de la chevalerie gothique eut t!inbelli cette institution. Mais dans Torigine, le knighi ou cheçalier anglo-saxon était simplement le serviteur^ de son prince , qu'il suivait dans les combats afin d'y gagner, à grands coups d^epée , les cinq hydes de terre qui lui avaient ëte' concédées. Ces chevaliers étaient appelés aussi thegns ou thanes \ mots qui signifient également serviteurs. Cependant , le titre de ihane devint bientôt un honneur quand il fiit appliqué à ceux qui servaient le roi. Les termes qui expriment les fonctions les plus humbles, deviennent des motifs d'orgueil en passant dans la sphère de la royauté , dorés alors par les rayons édatans qui s*échappent d'une couronne, et lorsque , par exemple , nous savons combien il est
■ Cnicht en anglo-saxon , et knecht en langue germanique , signifient tous deux seroUeur, Vers IVpoque de la conquête, le mot cnûiâ avait pns à peu près sa signification moderne de ckeTalter. £a Allemagne, au contraire , telles sont les variations des langues , que ce terme , au lieu de s^ennobUr , devint aussi bas que possible. M^Àecht ne désigna plus qu*un serf , un paysan , et fut mis en opposition avec ritUr ou tiques,
* De thegnian ou ihauan , servir ; en allemand dienen, l>ans les chartes latines , les thanes étaient appelés ordinairement mviMAi, et quelquefois , mais plus rarement , milites» La mesure de terre appelée hytie contenait de cent à cent vingt acres*.
* L*Mff« aastait e»l k pM pm égal à Parpmt de Paru. ( if. db T.)
8T8TKME FÉODAL. SS^
honorable aujourd'hui d'être maître de lagarderobe ou premier valet de chambre , nous pouvons comprendre sans peine que les serviteurs d'Ethelhert ou de Rodwald devaient se montrer fiers envers ceux de leurs compatriotes qui n'entraient pas comme eux dans les appartemens du roi.
A Tëpoque où Thistoire commence à nous fournir des renseignemens certains , les thanes étaient déjà devenus les principaux propriétaires fonciers des royaumes anglo-saxons. Mais Tapplication du principe féodal aux rois etaldermen, vassaux de la couronne anglo-saxonne , ne peut s'apercevoir distinctement avant le règne d'Egbert ; il y a lieu de croire que ce fut pendant sa résidence chez le souverain des Francs qu'il apprit à en connaître les avantages. Le pouvoir de la dynastie carlovingienne trouvait alors un de ses plus fermes soutiens dans la sujétion féodale, et l'on se rappellera que la cour de Charlemagne , à laquelle Egbert s'était formé pendant son ban-nissement % passait pour un modèle achevé de bon gouvernement et de saine politique. Pour avoir un exemple du système qui était suivi ,
' Voyex page 118.
338 BTSTBME rÉODAL.
lisons rfaistoire du fougueux Tassilon y repié* sentant des agUvjings, anciens chcC» de la nation 7^8. bavaroise. Défait par Pepîn, il reçoit eosuitc du vainqueur , à titre de bén^e , le territoirr habite par les Bavarois ; il fait serment de fidélité ; et les obligations auxquelles il est soumis se découvrent bientôt. Tassilon paraît au milieu des vassaux de Pépin ^ et vient grossir avec sts partisans Varmée que celui-ci conduit contre les Lombards. Sa sujétion se confirme de nouveau
757. dans une occasion solennelle* Â la cour plénière tenue 4 Gompiègne , et en présence des notbies de la couronne franque, il se recommande bum* blement comme vassal de Pépin et de ses fils, Charles 6t Carloman : il renouvelle son seraient Bur les reliques de Tapôtre des Gaules ' , et tous tes grands de la Bavi^e donnent leur assen-* liment aux conditions qu'il vient de s'imposer. Mais ni la promesse , ni le serment , ni Tobli* gation ne purent assurer l'obéissance de Tassi- 4on. Le Bavarois parvint à se soustraire au joug de Pépin-, qui ne put jamais ressaisir sur lui son autorité.
La puissance de Charlemagne atteignit à b