EDOUARD HÉRITE DU TRÔNE
du bain de l'oiseau plongeur, de Vkériiage de la baleiné, périphrases que les scaldes anglo^axons emploient pour désigner la iatr.
Alfere , ealdorman de Mercie , était le dief des antî-dunstanistes s parti qui soutenait les séculiers. Dans toute l'étendue de ses Tastês domaines , les moines furent à l'instant criasses. Le mal que les dunstanistes araient finit aux séculiers leur fut rendu. Ayiwin , alderman de TEstanglîe , était , au contraire , plein de asèle pour le parti monastique. La violence fat opposée à la violence , et le pays afe trôttra dans une situation qui approchait de la guerre cÎTile. Enfin , un grand conseil ou witeniagemot fut convoqué à Winchester , et les deux archevêques Dunstan et Oswald firent tant par leur influence et leur activité , qu'ils placèrent le jeune Edouard sur le trône , conformément aux volontés de son père.
Dunstan avait remporté la victoire , mais bien difficilement , et ses ennemis n'étaient pas dis- ^77. posés à cesser de combattre. Alfere était soutenu 978. psir ane puissante confédération de nobles et par Elfiîde, mère du compétiteur k la cooroitne. Les séculiws gagnèrent dé nouvelles force«% et DuMlan tta obligé de s^e soumettre à rhufmliatioh
l'assemblée db CALifE. 35a
de rencontrer ses adversaires dans les synodes^ assemblëspour décider les importantes questions qui divisaient alors Tëtat etTëglise.
Les séculiers s'efforçaient de faire prévaloir leur cause par le raisonnement; ils se promirent de {^ands avantages des talens et de Téloquence d^un évêque scot nommé Beomhelm , qu'ils avaient appelé d'Irlande pour les aider dans la discussion , et qu'ils mirent en avant comme leur champion pour tenir tête à Duns* tan. Le choix de cet avocat est un fait remar^ quable dans l'histoire ecclésiastique ^ en ce qu'il tend à prouver qu'à cette époque, l'église des Scots, dont le siège était probablement en Irlande 9 n'avait pas entièrement reconnu la suprématie de celle de Rome.
Un reùde&vous fut donné à Calne , dans le Wiltshire , et le conseil, où se trouva la plus grande partie de la noblesse d'Angleterre, s'assembla dans une grande chambre située à un étage supérieur. Beornhelm prononça son discours à la fin de la séance , et il y mit toute la chaleur , toute la puissance d'argument que l'on était en droit d^attendre de sa renommée. Alors Dunstan se leva ^ mais avec lenteur, en hésitant et comme accablé par le poids d^ années. Il évita
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'd^ entrer dans aucune réfutation, déclarant qœ le tems de ses travaux était passé ; quMl ne voulait plus se mêler aux disputes et n^aspirait qu'à passer en paix le reste de sa vie , et que quant à sa cause , qui était celle de Téglise y il espérait que le pouvoir du ciel se manifesterait pour la défendre.
Il avait à peine fini de parler que l'édifice trembla , les solives craquèrent , et une parde du plancher s'enfonça. Tous ceux qui étaient venus pour s'opposer au parti monastique fiirent précipités en bas , estropiés ou tués par la chute des poutres , tandis que Textrémité sur laquelle se trouvaient Dunstan et ses amis resta aussi solide qu'auparavant, et qu'aucun d'eux ne reçut la moindre blessure. Cet événement fiit^il le résultat d'un stratagème firauduleux? Dunstan avait^il fait préparer cette chambre, de manière à engloutir ses adversaires et à leur ôter la vie ? Cette question a été vivement agitée de nos jours , et la balance des probabilités doit être laissée au jugement du lecteur. On serait autorisé à penser que le zèle chagrin de Dunstan, enflammé par Taberration mentale, pouvait lui avoir suggéré cet artifice meurtrier ; mais on est foil^é d'admettre qu'il y aurait eu