‹ Histoire des apothicaires chez les principaux peuples du mondeChapitre 24 sur 36 · ÉCOLES DE PHARMACIE DE MONTPELLIER ET DE STRASBOURG · texte numérisé non relu

ÉCOLES DE PHARMACIE DE MONTPELLIER ET DE STRASBOURG

]ifOKTPBi.LiBB. -^ Le berceftit de YÈeoUi dé MtmtpeUier H'» pa« été agité par les tempêtes comme celui de l^École de Paris. —•Collège de Pharmacie et École de Sadté de eette irille. *- Arrêté do td teodémiaife <m Xii. -^ Déeret du li messidor de Ift même âtiftéé. «>* Format des Thèses.*-^ Permission de Gbaptal» ministre de Tiatérieur, du 20 messidor. — Vœux de cette École restés à Tétat de lettre morte. — • UaHicle Tiil de la loi de iS25. -^ Ëetf&it dé eèiUi loi. ^ tu 1111 l'Étiolé de Montpeltièf réforme de» abttf inbérentf iM troisikné examen. — Aatôrisation mii^tériellè dtt 11 octobre 48111 qui rend les Thèses facultatives. — L'École change de local. — âon riche mobilier. — Innovations et réformes capitales. — Noms dés professéars ioUitaéê dépoiê Vârrèté du 19 teodémiaini ftii Xit. — Personnel et enseignement actuels*

STRA8BOI7B6. -^ État de la Pharmacie en Alsace avant 1789. — Privilèges et droit de bourgeoisie. — Droits seigneuriaux dé la viUe de Strasbourg. — JctridicCions et rég^nce^ des prinees flltettfând#. -^ Cota* missions iionmiée» par les adminittratiOBS départementaleë^ -^ Sept professeurs. — Minimité de leur traitement. — En 1835 , rapport de M. Gui2ot^ ministre de Tinstruction publique. — Réorganisation de rÊcole. ^ En 1140, ouverture d'un notiteao loéàl. --• OrgaitlfAtioii des Cours. »» Personnel actueL «^ Enseignement.

École de MôntpêlUer. — L'École dé Pharmacie de Montpellier n'a pas en à essuyer les tribulations ni à passer pat toutes les vicissitudes de TÉcole de Phartnàdé de Paris. Je me bornerai donc à signaler seulement quelques événements qui s'y sont succédé , et à esquisser les principaux traite de la physionomie méridionale.

Sous Tânden régime , Montpellier possédait tm col^

t58 mSTOlRE

1^ de pharmacie pour la réception des pharmaciens ; la réTolution le détmisit comme beaucoup d^antres éla- Uissements scientifiques , et Técole de santé « élevée sur les débris de Técole de médecine et de ce coll^;e , déli- Tra des diplômes provisoires pour l'exercice de cet art.

La loi du 21 germinal xi , qui dota Paris et Strasbourg d'une école de pharmacie , créa en même temps Técole de Montpellier.

Par son arrêté du 29 vendémiaire an xii, le gouvernement avait accordé à cette école , pour y ouvrir ses cours, le bâtiment dit de Saint-Côme, autrefois consacré à renseignement de la chirui^e. Comme ce local n'avait pas de jardin , elle sollicita un autre emplacement qui fût plus en harmonie avec sa destination. Chaptal, alors ministre de Tiniérieur, lui fit obtenir, par mi décret impérial du 11 messidor an xii , l'ancien bâtiment de rUniversité de médecine, qu'elle continue toujours à occuper.

Au mois de frimaire an xii , en attendant que le nouveau local accordé eût reçu toutes les améliorations désirables , elle commença à faire , dans le laboratoire de l'École de Médecine, les réceptions des pharmaciens, en se conformant aux prescriptions de l'article 15 de la loi de germinal an xi ; seulement , avec l'approbation du ministre de Tintéricur, elle introduisit dans le quatrième examen une modification qui obligeait le récipiendaire à soutenir une thèse imprimée dans le format in-4*.

Cet état de choses, qui subsista jusqu'en 1831 , fit éclore une foule de thèses chimiques et pharmaceutiques d'un haut intérêt , qui ont eu l'honneur d'être approuvées par Chaptal et Fourcroy.

Le 20 messidor an xii, le ministre de l'intérieur permit à Técole d'accorder des diplômes définitifs en échange des certificats délivrés provisoirement par les

écoles de santé avant la promulgation de la loi du 21 germinal ; c'était étendre à la pharmacie les bienfaits dont jouissait déjà la médecine. Cet échange se faisait moyennant une somme de 450 francs.

Frappée des vices et de l'imperfection de la loi qui régit encore aujourd'hui l'exercice et l'enseignement de la pharmacie, l'école demanda en 1812 , par l'intervention de Chaptal qui lui accordait toute sa bienveillance, 1" qu'on déshéritât les jurys de médecine du droit de recevoir les pharmaciens; 2" que, pour être reçus pharmaciens, les élèves fussent obligés de constater, par des inscriptions prises de trois mois en trois mois, qu'ils avaient suivi les cours au moins pendant deux années.

Cette demande , reproduite sous tous les ministres de l'intérieur qui se sont succédé, est toujours restée une lettre morte, et n'a jamais reçu de réponse favorable.

En 1825, la Chambre des Députés décida, par l'article 8 d'une loi sur les écoles secondaires de médecine , que les Facultés auraient le droit de recevoir les pharmaciens de deuxième classe pour toute l'étendue du royaume. Cette loi, qui froissait la raison et blessait l'équité , devait porter un coup fatal aux écoles de pharmacie : aussi , pour conjurer le danger qu'elle eût couru si cette disposition législative eût été sanctionnée, l'école de Montpellier invoqua la puissante intervention de Chaptal , et le pria d'être le protecteur des intérêts des écoles de pharmacie près de la Chambre des Pairs; mais cette démarche fut inutile, car le gouvernement retira la loi avant de la présenter à la chambre haute.

En 1831, l'école réforma quelques abus inhérents au troisième examen.

« Il était bien reconnu que les préparations de pharmacie et de chimie n'étaient que très-rarement manipu* lées par les candidats qui se les procuraient ailleurs , et

que beaucoup d^entre eux empruntaient une plomc étrangère pour la rédaction de leur thèse.

En conséquence ^ Técole demanda au ministre de Tintérieur, l*" que le récipiendaire fût contraint de faire les neuf opérations de Texamen pratique dans le laboratoire de Técole et sous les yeux d'un professeur qui ne serait pas toujours le même , qui veillerait à leur exécu-^ tion 9 et qui ferait à Técole un rapport sur le savoir et |a capacité des candidats ; t^ que la thèse cessât d'être exigible et devint facultative.

Cette autorisation fut accordée par arrêté jninistérid du 11 octobre 1831.

Le local qu'elle avait créé et acquis à ses frais devenait alors insuffisant, et les changements introduits dans la nature et le mode d*examen pratique nécessitaient dâi laboratoires plus spacieux et un mobilier mieux assorti Aussi s'empressa-trëlle de faire Tacquisition d'une vaste maison qui lui était contiguë, et s*enrichit-elle d*un mobilier important qui lui était devenu indispensable, et qui ne laisse aujourd'hui presque plus rien à désirer.

Les frais de ces utiles changements , qui ne réalisent encore qu'incomplètement ses vœux , ont pu être couverts par le nombre toujours croissant des récipiendaires, dont le chiffre s'était élevé , dans les premières années de sa création, autant à cause de la cessation des réceptions qui avaient duré pendant la période de l'école de santé» que parce que les candidats étaient animés de l'espoir que le titre de pharmacien reçu dans les écoles les grandirait aux yeux du public, et leur assurerait des SQPcès. Mais bientôt à ces espérances légitimes succédèrent d'amères déceptions, et l'on ne tarda pas à voir les jeunes gens déserter l'école pour aller demander aux jurys médicaux Içt collation d'un titre plus facile et moins dispendieux.

DES APOTHICAIRES. ^i

Jusqu'en 1821, TÉcoIç de Pliarmacie d^ Montpellier s'était bornée à visiter les pliarmacies de U ville; mai^» en 1829« elle 3entit la nécessité de prœéder à cen visite» dans toute rétendue de la circonscription assignée par 1a loi ^ et demanda à Tautorité supérieure une somme nécessaîri à cette opération y et à prendre sur les fonds du éèpuUh» ment. Le conseil général de THéraiilt» sur la proposition du préfet, était sur le poiut de voter 2,000 fr.« quand « interprétant la loi d'une manière tout à^fait inattendue # M» de Corbière, alom ministre de l'intérieur, décida que 1^ dépenses nécessitées par les viMtes devaient être sup^ portées par les écoles.

Toutefois, l'école ne se découragea pa», et, dan9 le courant de l'année 1831 , elle commença Timpeetioo des officioesy depuis si longtemps méditée ^ et appela l'attention de l'autorité sur des abus invétérés et nonw breux, qu'elle voit tous les jours peu k peu dispa* raitre.

De plus, pour réparer un oubli de la loi, et pour eom« bler une lacune regrettable , elle pourf uÎ¥it Me investi'^ gâtions jusque chez les officiers de wnté, dont elle contrôla sévèrement les pharmacies défaillantes et négligées, et fit de ces visites l'objet d'un rapport qui obtint l'approbation du ministre compétent.

Enfin y l'école de Montpellier ayant remarqué, dans sa première tournée d'inspection, rinobservance de Tartîcle 6 de la bi du 21 germinal, et ayant constaté que les secrétariats des mairies ne possédaient pas le registre destiné à Tinscription des élèves en pharmacie, se bAta d'instruire le ministre de cette dérogation , qui poutait avoir pour résultat la délivrance de certifioala da complaisance.

Une circulaire ministérielle du 31 janvier 1832 confirma l'article précité de la loi , et , appjn^iaot l'impor-*

m HISTOIRE

tance et la gravité des rérélationfl de Fécole , elle exigea que cet article fût à Tavenir sévèrement observé.

Ainsi « rÉcole de niarmacie de Montpellier peut être fière des améliorations qu'elle a semées dans ses inspections» et doit s*enorgneilIir d'avoir déraciné de nombreux abus qui souillaient Texercice de la pharmacie, conune d'avoir fermé des officines illégalement ouvertes, d'avoir aboli des prête-noms défendus par la loi , et puni des officiers de santé livrant des médicaments dans les localités où exercent des pharmaciens légalement reçus. Tels sont les titres qu'elle s*est acquis à la reconnaissance publique; elle en conquerra encore d'autres si elle parvient à exécuter des projets qu'elle médite depuis longtemps pour les progrès de la science ' .

Je dois à Tobligeance de M. DuportaU directeur de cette école, les renseignements suivants sur le personnel dont elle se compose.

Formé par arrêté du 25 vendémiaire an xii , ce personnel resta constitué ainsi qu'il soit pendant un bon nombre d'années :

MM. Virenque^ directeur, sans enseignement.

Figuier y professeur de chimie.

Rey^ professeur de pharmacie.

Pouzin, professeur d'histoire naturelle, de médicaments et de botanique.

RebouU) professeurs adjoints, sans enseigne- Blanc^ ] ment.

Depuis cette époque, l'école a perdu en entier ce personnel, et dans l'ordre suivant :

MM. RebouU décédé le 12 juiUet 1804, âgé de 60 ans.

Figuier^ décédé le 27 mars 1817, âgé de 53 ans.

^ Extrait analytique des Pandectes.

MM. Pouzin, décédé le 15 avril 1822, âgé de 55 ans. Rey, décédé le 12 mai 1826, âgé de 69 ans.

Blanc, décédé le 20 avril 1828, âgé de 65 ans,

déjà démissionnaire.

Virenque, décédéle 1 7 janvier 1 829, âgéde70 ans.

La nomination des successeurs de ces professeurs a été faite dans l'ordre suivant :

M. Birard a succédé à M. Figuier, le 3 septembre 1817.

M. Duportal a succédé d'abord à M. Reboul, le 18 février 1818, comme professeur adjoint, ensuite à M. Pou-' zin comme professeur titulaire, le 26 juin 1822, et à M. Virenque, dans les fonctions de directeur, le 6 avril 1829,

M. Pouzin fils a succédé d'abord à M. Blanc, comme professeur adjoint, le 4 septembre 1822 ; ensuite à M. Rey, comme professeur titulaire, en décembre 1826. Il est aussi trésorier.

M. Gay fut nommé professeur adjoint en remplacement de M. Pouzin fils, le 13 octobre 1824.

M. Balard fut nommé professeur-adjoint, le 2 décembre 1829, en remplacement de M. Duportal, qui depuis longtemps avait cessé de Têtre, étant devenu titulaire.

M. Cauvy fut nommé professeur adjoint, le 2 février 1843, en remplacement de M. Balard, nommé professeur à la Faculté des Sciences de Paris.

L'ordonnance royale du 3 septembre 1829 ayant créé une chaire de physique et une autre de chimie organique et de toxicologie, son personnel et son enseignement actuels sont établis de la manière suivante :

MM. Duportal, directeur, professeur d'histoire nais

turelle des médicaments et de botanique.

MM. Bérard, professeur de chimie inorganique,

Pouzin^ professeur de chimie organique et de toxicologie ,

Gay^ professeur adjoint de pharmacie,

Cauvy, professeur adjoint de physique '•

JÊIcoh de Strasbourg. Avant 1789, on ne pouvait ouvrir d'officine en Alsace sans un privilège spécial. Ce privilège, ceux-là seuls pouvaient l'obtenir qui avaient droit de bourgeoisie et qui justifiaient d'ailleurs du titre de maître en pharmacie. Ce titre était délivré pour Strasbourg et les villes sur lesquelles elle exerçait des droits seigneuriaux, par un collège de médecine que le . magistrat réunissait à cet effet.

Dans les villes soumises à la juridiction des princes étrangers, à Bouxwiller et à Ribeauviller, par exemple, des commissions spéciales étaient créées, dans lé mêm^ but , par les régences des princes.

Partout ailleurs, un inspecteur général des hôpitaux procédait, dans une tournée qu'il faisait annuellement, à l'examen des candidats en pharmacie.

plus tard, les réceptions eurent lieu, soit par des commissions nommées par les administrations départementales ou autres, soit par les jurys médicaux , jusqu'à l'époque de la création des écoles de pharmacie.

Fondée par la loi du 21 germinal an xi, l'Ecole de Pharmacie de Strasbourg se composait de sept mem-? bre?, savoir :

MM. Macquart, directeur, décédé en 1808.

Spielmann, trésorier, décédé en 1811.

t Extrait analytique des Pandectes.

Trois professeurs titulaires ,qui étaient :

MM. Hammerj que diverses raisons engagèrent à se reîirer en 1 830 ;

Page 1