‹ Histoire des Arabes (volume 2)Chapitre 3 sur 28 · CONFIGURATION PHYSIQUE DE L’ARABIE · texte numérisé non relu

CONFIGURATION PHYSIQUE DE L’ARABIE

coulé, une fois pour toutes, clans un moule définitif, la constitution sociale sous laquelle vit une grande partie de l’humanité.

Le Yémen est l’ancienne Arabie heureuse, mais elle n’est plus que l’ombre de la légendaire contrée. Les traditions locales attribuent à la destruction de la digue de Ma’reb l’appauvrissement et l’assèchement du pays. La région renferme de nombreuses ruines, et ces débris de constructions massives, couvertes d’inscriptions, ont fourni les documents de l’épigraphie sabéenne, qui ont permis de reconstituer toute une histoire d’un pays, alors qu’on n’en retrouvait plus, dans les légendes musulmanes, que quelques traits épars noyés dans un cycle complet de contes populaires. La contrée est très élevée, et forme un plateau montueux ; Çan'â est à 2.130 mètres, et les cols des montagnes ont plus de 2.000 mètres.

A l’extrémité sud du Yémen est 'Aden, ville complètement ruinée lorsque l’Angleterre s’y installa et y fit construire un port, station de charbon sur la route de l’Inde. A l’époque où Wellsted la visita, on n’y voyait plus que quatre minarets octogones restés debout, dont deux seulement paraissaient assez solides pour résister encore quelques années ; mais les mosquées dont ils dépendaient étaient dans un tel état de ruine que les fidèles n’osaient plus s’y rassembler pour la prière. De vastes fortifications indiquaient néanmoins quel développement ce port avait atteint au moyen âge ; de nombreux cimetières attestaient son antique splendeur, due au commerce de l’Inde, facilité par le régime périodique des moussons.

A l’est du Yémen se trouve le Hadramaut ( Hadramitæ et Chair amolilæ de Pline et de Ptolémée, Hatsarmâvet de la Genèse), qui ressemble beaucoup au Yémen ; il est couvert de collines fertiles, ses vallées sont bien arrosées.

Plus à l’est encore est le pays de Mahra, où l’on parle une langue particulière conservée également dans l’île de Soqotora,et qui est sémitique. C’est au Mahra que l’on a créé la race de dromadaires de course, connue sous le nom de mahrî (au pluriel méhari , forme sous laquelle ce mot est passé en français).

L’Oman est une bande de terre assez étroite resserrée entre la mer et une suite de montagnes granitiques qui fait partie de la chaîne qui enserre l’Arabie. La côte est basse et sablonneuse, mais couverte de villages abrités par des bois de palmiers. Son climat doux rappelle l’Inde. Sa capitale est Maskat, qui doit son indépendance actuelle à une dynastie d’imams khâridjites de la secte des Ibâdites. Elle a appartenu aux Portugais de 1508 à 1658. Elle est entourée par des collines élevées formées par des rochers de teinte sombre, sur lesquels tranche violemment la couleur des maisons et des fortifications.

Le Bahréïn est une province de l’Empire ottoman. D’après Abou’l-Féda, il doit son nom, qui signifie « les deux mers », à sa situation entre le lac d’El-Ahsà et le golfe Persique. La capitale était autrefois Hadjar, ville déchue; elle a été remplacée par el-Ahsâ (et par contraction Lahsâ). El-Qatîf est une ville qui doit son importance aux pêcheries de perles des îles Bahréïn, qui portent le même nom que la province et qui sont au nombre de deux, Awâl et Arad.

Le Nedjd, ou plateau central, est en grande partie de formation calcaire : on y rencontre aussi des roches de granit. Il forme des séries de plateaux d’aspect blanchâtre, superposés comme les marches d’un escalier ; le bord extrême est presque toujours abrupt. Les pâturages y sont verts toute l’année, les arbres n’y sont point rares ; ils sont parfois isolés, parfois réunis en groupes. D’innombrables vallées découpent profondément le terrain.

Le désert de Syrie, qui s’étend entre les dernières pentes de l’Anti-Liban et des montagnes de la côte jusqu’à la vallée de l’Euphrate, forme la limite nord de l’Arabie et en fait même partie, d’après les géographes arabes qu’il faut suivre en ce cas. C’est en général une vaste steppe calcaire, nommée Hamâd, entrecoupée de monticules blanchâtres ; dans les vallées intermédiaires croissent, surtout au printemps, différentes plantes utilisées pour la nourriture du chameau, du cheval et du mouton.

La nécessité de changer de campement à mesure que le fourrage diminue, fait que « les émigrations arabes ont la

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