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LES ROIS DE GHASSAN ET DE H IRA

l'on voit se former le royaume de Hîra, lorsqu'il entre en conflit, d'après les traditions arabes, avec la reine Zabbâ, qui est la Zénobie de Palmyre. Les premiers princes nommaient Mâlikben Fehm, 'Amr ben Fehm, visiblement le frère du précédent, et Djadhîmat el-Abrach. Ces rensi ignements n'ont d'ailleurs aucun fondement historique, sauf peut-être pour le dernier, à cause de ses rapports a\ ec Zabbâ : mais ce qu'en disent les Arabes n'est que des légendes <'l des contes populaires.

Pour expliquer comment le pouvoir est ensuite passé à la dynastie dos Lakhmides, la tradition arabe cite le roman de Adi le Lakhmide, qui, se trouvant dans la tribu d'Iyâd, devient amoureux de Raqâch, sœur de Djadhîma, profite d'un moment d'ivresse de la part de Djadhîma pour obtenir son consentement au mariage et s'enfuit devant la colère du roi revenu à lui. Le lils né du mariage, 'Amr, esl enlevé par les djinns, revient quelque temps après et, à la mort de Djadhîma, devient son successeur. Il est difficile de déterminer l'époque où eut lieu rétablissement de la dynastie, peut-être a la fin du troisième siècle, sous le roi Sassanide Sapor Ier.

Son nom de Lakhmides provient de la tribu de Lakhm à laquelle appartenait 'Amr lien 'Adî ; on l'appelle aussi 6 la famille de Moharriq » sans qu'on puisse s'expliquer nom, qui semble un nom propre et non un surnom. le brûleur», car en ce cas il serait précédé de l'article. Amr ben llind a été désigné ainsi et avant lui les deux Imrou-oul- Qaïs. In passage du diwan de Djérir où se trouve l'expression labd Moharriq, « l'esclave de Moharriq », a lait penser que ce nom pouvait désigner une divinité païenne sur laquelle nous n'avons pas d'autres renseignements : mai- e esl aussi le nom d'un personnage mythique de 1 antiquité païenne, auquel les poètes font allusion, sans que nous en sachions davantage.

Après Amr ben 'Adi, l'on nomme Imrou-oul-QaïS surnommé el-bèd' « l'origine o ou « le commencement . i està-dire le premier qui fut roi. Le vague souvenir qu'en avaient conservé les traditions arabes a été soudainement mis en

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pleine lumière par la découverte des ruines de son tombeau, à en-Némâra, dans le Çafà (Syrie centrale) et par la lecture de l'inscription en caractères nabatéens et en langue arabe mélangée d'expressions syriaques, qui est maintenant au musée du Louvre. Par cette inscription, nous apprenons la date de sa mort 7 décembre 328). Il y est appelé « celui qui ceignit la mitre », ce qui veut dire que sa souveraineté était fondée sur une investiture d'origine perse. Il parait avoir poussé ses conquêtes et ses expéditions fort loin dans l'intérieur de l'Arabie, car non seulement on mentionne les deux tribus d'Asad, celles de Nizâret de Madhhidj, non seulement on note la soumission de la tribu de Ma'add, celle que les anciensontle mieux connue, mais encoreil est questiondu siège et de la prise probable de « Nedjrân, la ville de Chamir », dans l'Arabie méridionale ; Chamir est Chamir Youhar ich. roi du Yémen. La date fournie par l'inscription donne une haute valeur à la chronologie de Tabari, en ce qui concerne les quatre successeurs d'Imrou-oul-Qaïs Ier ; les quatrevingt-dix ans de règne qu'il leur donne correspondent exactement au temps écoulé depuis la mort du premier roi de Hîra jusqu'à celle de No'mân Ier.

Son fils, Amr II, lui succéda. La liste d'Ibn el-Kelbi, qui nous a été transmise par Tabari, fait intervenir ensuite un ■certain Aus ben Kallàm, sur lequel nous savons peu de chose; c'est un interroi, il n'est pas de la lignée rovale, on en fait un Amalécite, expression très vague; son règne a pu s'établir à la faveur des troubles qui ont suivi la mort du roi de Perse, Sapor II. Après cinq ans, il fut renversé et mis à mort par un Lakhmide, Djahdjabâ ben Atik : Imrououl-Qaïs II monta sur le trône de ses ancêtres.

On peut fixer vers 418 l'époque où en-No'man Ier cessa de régner. Il était borgne, et son surnom El-A'war a été conservé par les historiens. Un autre surnom, es-Sàïh « le pèlerin », fait allusion à une légende. On prétend qu'après trente ans de règne, en-No'mân, rempli d'orgueil, contemplait ses palais et demanda à son ministre; « As-tu jamais vu rien de pareil ?» — Non, répondit le ministre, si cela devait durer. 11 n'y a que ce qui est auprès de Dieu qui dure !» — Et com-

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