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LES ROIS DE GHASSAN ET DE IIIH

ment y parvient-on '.' — En renonçant au monde et en ser\ ant Dieu. » Pénétré de ces paroles, en-No'mân quitta secrètement son palais la nuit suivante; on ne le revit plus jamais. Cette légende provient des vers du poète arabe chrétien Adi bon Zéïd, qu'il composa pendant qu'il était en prison et dans lesquels il fait apparaître les grands hommes des temps passés ; on y voit en-No'mân songer tout à coup à la mort et au néant de la vie humaine. Ce qui ferait croire, si les faits auxquels pensait le poète "i'1 quelque réalité historique, qu'en-No'mân, qui avait eu des rapports avec saint Siméon Stylite et avait laissé prêcher la religion de Jésus dans ses Etats, avait, sans pourtant s'y convertir, une certaine disposition au christianisme.

En-No'mân avait obtenu le litre de général au titre perse : le roi Sassanide avait mis sous sou commandemenl deux troupes de cavaliers connues dans la tradition sous les appellations de Dausàr (à deux tètes) et de Chehbâ la brillante . la première composée d'éléments arabes de Tanoûkh, la seconde, de troupes perses; il avait été chargé de l'éducation de l'héritier royal, Behràm-Djoùr (l'onagre, ainsi apprbà cause de sa passion pour la chasse de ces bêtes ; il lit construire deux palais restés célèbres chez les poètes, Kliawarnaq et Sadir. Le premier aurail été bâti par un architecte romain, Sinimmâr, qui, en guise de récompense, fut précipité du haut des murs après l'achèvement du château, soit parce qu'il s'était vante de pouvoir élever un autre palais encore plus beau, soit parce qu'il connaissait l'existence d'une certaine pierre qui. une l'ois enlevée, entraînerait l'écroulemenl de tout l'édifice. La « récompense de Sinimmâr ) est devenue proverbiale. Le nom de Khawarnaq est persan; les Arabes l'expliquenl par « palais des festins o; M. Andri voudrail y voir un mot huvarna signifiant ■■ ayant un beau toit»; M. llalévy le rattache à hvarênot splendeur ou gloire royale ».

Sad ir est toujours nom mé par le-- poètes, à côté de Khawarnaq : mais il n'est pas dit que son constructeur ait été en- No'mân. Son nom est aussi probablement perse; Djawâliqi L'explique parles mots skh <lill<i « à trois coupoles »; il est

difficille de se rendre compte du mot caché par cet étrange dilla .

Son fils, el-Moundhir Ier, le remplaça ; fidèle vassal des Perses, il aida à monter sur le trône de son père Yezdgïid le pupille d'en-No'mân, Behrâm V Djoùr qui avait contre lui les prêtres mazdéens. Il l'aida à la guerre contre les Romains ; ses troupes étaient présentes à la grande défaite des Perses en 421, lorsqu'une foule de « Sarrasins » périrent noyés au passage de l'Euphrate.

Il laissa le trône à son fils El-Aswad (462-482), « celui que les Perses firent prisonnier », sans qu'on en sache davantage ; s'était-il révolté contre son suzerain, qui le punit ainsi de sa désobéissance ? Vient après lui son frère el-Moundhir II (4S2-489 , que remplace son neveu en-No 'm an II, fils d'el-Aswad (489-503) et d'une princesse de la tribu de Kinda; c'était un guerrier qui combattit les Piomains en faveur des Perses et fut battu à Bithrapsos sur l'Euphrate 498 ; il prit également une part active à la guerre entreprise par le roi de Perse Qobâdh en 502, qui l'envoya attaquer Harrân ; d'abord battu par les généraux romains Olympius et Eugène, il revient à la charge et remporte des succès sur eux; cà la bataille du Khàboûr, près de Circésium, il reçut à la tête une blessure dont il mourut. Pendant ce temps, des Arabes de la tribu de Thalaba, inféodés à la politique romaine, avaient pillé le territoire de Hîra.

Qobâdh plaça sur le trône des Arabes un membre de la tribu de Lakhm qui n'appartenait pas à la famille royale. Abou-Ya'foùr ben 'Alqama (503-505), puis il fut remplacé par el-Moundhir III, fils de Ma es-samâ « l'eau du ciel », incontestablement le surnom de sa mère. Certains historiens lui donnent pour père un certain Imrou-oul-Qaïs, surnommé aussi el-bècï comme le fondateur du royaume ; ce ne peut être qu'une erreur ; d'autres auteurs le disent fils d'en-No'mân. Le nom véritable de sa mère est également douteux; les uns l'appellent Mâriya (en syriaque : « la dame ») ou Mâwiyya, de la tribu d'Asad ; les autres, c'est-à-dire les auteurs byzantins et latins, lui donnent le nom de Chaqîqa. On a proposé de voir dans Ma es-samâ le surnom d'el-Moun-

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