‹ Histoire des Arabes (volume 3)Chapitre 27 sur 53 · LA PREDICATION AHBASS1DE · texte numérisé non relu

LA PREDICATION AHBASS1DE

murs et dans les rues de Merv, fournit;! Abou-Mosiim l'occasion d'intervenir avec succès : son entrée en scène mit en fuite Naçr qui dut se réfugier à Nichâpour [rébi' Il 130 — décembre 748 .

I ii Alide, Yahva, lils de Zéïd ben 'Ali, qui avait cru trouver des appuis dans les provinces de la Perse, était tombé en combattant les Oméyyades; ce fut son martyre, pleure par tous les Chiites, qu'Abou-Moslim prit pourpretexte de sa révolte. Un agent des 'Alides a Koûfa, nommé Maïsara, envoyait des émissaires dan- le KJiorasan pour y prêcher les doctrines chi'ïtes, des Tan L02 bég.; ses envoyés se faisaient passer pour négociants, jion sans attirer l'attention des autorités, qui les surveilllaient.

En Tan 105, Bokéïr Ibn-Mâhân, ancien interprète de l'armée arabe dans le Sind, arriva à Koûfa el fui converti à la prédication abbasside, qu'il embrassa avec ardeur et dont il fut un des principaux protagonistes. C'est lui qui, à son tour, envoya dans les provinces des racoleurs affilw complot. En Ti'i, les conspirateurs tenaient des réunions dans une maison particulière; on s'en aperçut, et Ibu- Màhan fut arrêté. C'est pendant qu'il <-tait en prison qu'il acheta, pour quatre cents dirhems, a Isa ben Ma'qil el-'Idjli son esclave Abou-Moslim, qui allait devenir le chef du parti et l'amener au pinacle.

Le parti politique le plus nombreux <;iaii celui des Râwendites, <■! ceux-ci étaient les partisans de Mohammed ben el- Hanafiyya, fils d"Ali ben Abi-Tàlib; c'est à lui, disaient-ils, que son père avait délégué ses pouvoirs d'imàm, el h- iil> de Mohammed, Abou-Hâchim, les avait transmis à Ali, petitfils d"Abbâs, fils d'cAbd-el-Mottalib. Mohammed, son fils, avail hérité de sa qualité, <'t ses partisans étanl les inirnx écoutés, les Alides proprement dits, surtout les descendants d'el-Hoséïn, se trouvèrent évincés au profil de la maison cP'Abbâs. ( lr, les Râwendites onl toujours revendiqué Abou Moslim pour un des leurs.

(Miami L'imam Mohammed ben Ail mourut, son fils Ibrahim lui succéda ; Ibn-Mâhân, mis en liberté faute de preuves, partit pour !<■ K.horasan, \ réunit ses partisans dan- la ville

de Mervet proclama Ibrahim, tout en lui remettant le trésor des Chiites. C'était en 126; Ibn-Mâhân mourut Tannée suivante. Ainsi Koùfa était le centre de l'opposition qui s'abritait sous le nom de la famille d'Ali, et Merv la localité où se tenaient plus librement les réunions: c'est que là les Khozâ'a possédaient des villages; ces Arabes étaient d'anciens alliés de la famille du Prophète, et de plus, appartenaient aux Azd, rejetés dans l'opposition par la chute des Mohallabides.

Ce fut l'imam Ibrahim qui envoya Abou-Moslim dans le Khorasan. Il avait su choisir l'homme qu'il fallait. Ancien esclave, Abou-Moslim était probablement de race iranienne; ses origines sont plongées dans la plus profonde obscurité. Avoir deviné les services qu'il pouvait rendre à la cause, élait un signe de profonde pénétration. Quoi qu'il en soit, la révolte commença par le soulèvement de villages appartenant aux Khozâ'a dans la campagne de Merv, dans Tété de Tan 129 (747).

C'est là qu'il déploya pour la première fois les drapeaux noirs, présents de l'imam. Son armée se composait en grande partie de paysans iraniens, cultivateurs affranchis des villages de Merv; il y avait aussi des Arabes parmi eux, qui avaient les places en vue; car la religion avait, pour la propagande abbasside, unifié les sémites et les aryens. Les Hàchimiyya, les descendants de Hâchim, formaient le noyau de l'armée. Naçr fut obligé de quitter Merv et de se retirer à Xichàpour, qu'il dut évacuer après la défaite de son fils Témîm à Tous en chawwâl 130 (juin 748). La destruction d'un corps expéditionnaire dans le Djordjân le contraignit de ne s'arrêter qu'à Hamadàn, laissant l'Iraq sans aucune défense. Il mourut d'ailleurs tout près de là, à Sâwa, le 12 rébi' 1er 131 (9 novembre 748), à l'âge de quatre-vingtcinq ans. Il avait prévu que le mouvement du Khorasan prendrait des proportions énormes; il mourut de voir ses prévisions se réaliser.

C'était Qahtaba benChébib, un Tayvite, envoyé par l'imam Ibrahim, qui commandait les troupes : Abou-Moslim dirigeait de loin les opérations. Les troupes syriennes qui s'étaient enfuies de Hamadàn et les soldats khorassaniens de Nacr ben

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