‹ Histoire des Arabes (volume 3)Chapitre 28 sur 53 · LA PREDICATION ABBASSIDE · texte numérisé non relu

LA PREDICATION ABBASSIDE

Sa\ \ âr résistèrent dans Néhâwend ; mais au bout de quelques mois elles durent capituler (dhou'I-qa da 1 31-juillel 7 V . L'armée du Khorasan descendit des hauts plateaux par la passe habituelle, Kirmanchâh-Holwân-Khâniqîn. Qahtaba surprit le camp ennemi, mais il péril au milieu de son sucées, d'une façon mystérieuse, au milieu de [la nuit. Son fils Hasan lui succéda et entra à Koùfa sans coup férir 1 'i moharrem- 2 septembre . L'imam Ibrahim avait été arrêté par ordre de Merwân; il recommanda à sa place son frère A-bou'l-'Abbàs, qui fut proclamé khalife, le 12 rébi' Il 132 ('28 novembre 749 . dans la grande mosquée de Koùfa.

Pendant ce temps, le khalife oméyyade Merwân II avait quitté l.larràn et marché dans la direction de Mossoul à la tête de troupes syriennes, et à la rencontre d'un corps expéditionnaire qui opérait de ce côté-là; il fut complètement défait sur la rive gauche du grand Zâb, dans une bataille qui dura du 2 djoumâda II 132 au 11 du même mois 25 janvier 750 . Ses troupes étaient découragées, tandis que les l\li<>rasaniens étaient décidés à vaincre. Le khalifat oméyyade était tombé; Merwân se rendit à Harrân, puis à Damas, chercha un refuge à Abou-Fotros près de .la (l'a. puis à Paramâ sur la côte d'Egypte, enfin à Bouçîr près d'( >chmonéïn dans la Haute-Egypte, où il périt en se défendant, les armes à la main, à la fin de la même année août 750). Sa tête fut coupée et envoyée à Abou'l-'Abbâs, comme preuve de l'heureux succès de la poursuite; c'esl l'usage, mais ce qu'il y a de particulier, c'est que sa langue fui dévorée par un chat, comme le disent des vers conservés par Ibn-el-Athir.

Les membres de la famille des Oméyyades furent poursuivis partout, surtout en Syrie, et mi> à morl sans forme de procès; les tombeaux des khalifes lurent fouillés, leurs os profanés; on déterra le cadavre de Hichâm, dont il ne restait plus que le ne/ d'intact, on le fouetta, on l<' suspendit au gibet, puis les os furent brûlés e1 les cendres jetéi vent. Chose étrange, 'Omar II e1 Mo 'âwiya furent respi Il a'échappa aux recherches qu'un petit-fils de Hichâm, <|ui s,, rendit en Espagne el j fonda à son t<>ur une dynastie.

La Syrie, qui perdait tout avec les < Iméyyades, \e\ \.

mais trop tard. Un courtisan de Merwân et l'un de ses généraux, Abou'I-Ward Medjzâtben el-Kauther se révolta à Qinnesrîn et proclama un descendant de Yézid Ier, Abou-Mohammed Ziyâd ben 'Abdallah, qu'on appelait le Sofyânide et dont on disait que sa venue annonçait la fin du monde; c'était les Qaïsites qui formaient le gros de son armée. Cette révolte fut détruite à la bataille de Merdj el-Akhram près de Qinnesrin à la fin de Tannée 433 (fin juillet 751). Abou'l- YVard périt en combattant ; le Sofyânide s'enfuit à Palmyre et de là dans le fiedjaz, où il fut mis à mort par el-Mançoûr, le second khalife abbasside.

C'en était fini de l'empire arabe ; l'hégémonie allait passer aux défenseurs de la prédication abbasside, aux Persans, et la fondation de Bagdad devait marquer bientôt définitivement liranisation (istïdjâm) de l'Etat arabe: la langue seule allait persister, mais la littérature devait être profondément aflectée par l'influence du nouvel esprit. La bataille du grand Zàb était en quelque sorte la revanche de Qâdisiyya, où avait sombré le grand empire perse des Sassanides.

LA PRÉDICATION A.BBASSIDE <-;

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