‹ Histoire des Arabes (volume 3)Chapitre 37 sur 53 · Le Khalife lui surveenl -i\ an--. Il mourut en · texte numérisé non relu

Le Khalife lui surveenl -i\ an--. Il mourut en

prenant un bain alors qu'il étail malade, a Bilbéïs 386-996 . Il eut malheureusement pour successeur un fou. Abou-'Ali el-Mançoûr, qui prit pour titre El-Hâkim biamrillâh • celui qui commande par l'ordre de Dieu », et que les Druses considèrent encore aujourd'hui comme une incarnation «le la Divinité. Onze ans s'étaienl ;> peine écoulés depuis son intronisation qu'il <;dicla tout à coup une foule de mesures plus insensées les unes que les autres. Des ordonnances prescrivirent de ne plus ouvrir les marchés «pie la nuit, et de les tenir Ici nies pendant le jour: bientôt après ce lui

le contraire: interdiction de sortir de sa maison une fois !<■ soleil couché. Il fui défendu aux femmes de quitter leurs demeures, et pour qu'on fût plus sûr delà mise à exécution «h- cette mesure, les cordonniers durent s abstenir de leur fabriquer «les bottines.

Les chrétiens et les juifs furent contraints de porter des marques distinctives, visibles de loin : mesure déjà prescrite par 'Omar, mais aggravée par El-Hâkim. ('.était d'ailleurs un homme imposant, dont les yeux brillaient comme ceux

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du lion et dont on ne pouvait guère soutenir l'éclat. On prétend qu'il avait une vénération particulière pour la planète Saturne et croyait être en rapports avec Satan. Après avoir suivi le rite chi'ïte, il passa au rite sunnite, et plus tard il se prétendit le septième et dernier nâtiq des Ismaéliens. Dans la première période, il poursuivit énergiquement les juifs et les chrétiens et fit démolir les églises et les synagogues dans tout son empire; dans la seconde, il reconnut à ses sujets le droit d'adopter la religion qu'ils voudraient, et même il permit aux renégats devenus musulmans de retourner à leur ancienne confession, apostasie qui, de par la loi musulmane, est punie de mort.

Son règne, dans ces conditions, ne fut guère tranquille. Abou-Rakwa, prince oméyyade d'Espagne, chassé de la cour du Khalife de Cordoue Hichâm par l'influence du majordome el-Mançoûr, réunit autour de son nom les Arabes et les Berbères de Barqa et s'en vint tout tranquillement envahir l'Egypte et camper aux portes du Caire : les renforts arrivés en hâte de Syrie sauvèrent la capitale, et une ruse de guerre permit de dompter l'envahisseur. La garde nègre dont el-Hâkim s'entourait excitait la jalousie des Turcs et des Berbères, qui se livraient à des tumultes et à des séditions. La tentative, poursuivie par le Khalife, de faire des doctrines Ismaéliennes la religion d'Etat de l'Egypte, se heurta au mauvais vouloir du peuple. En 395 ('1004 on avait fondé, sous le titre de Dur el- ilin « maison de la science », une université destinée à répandre les dogmes ismaéliens. Un ismaélien de race turque nommé Darazî, venu de l'Orient et comptant parmi les courtisans intimes du souverain, s'imagina de publier dans la grande mosquée un écrit où il était montré que l'âme d'Adam était passée a Ali, gendre du Prophète, et de lui aux Fâtimites en général et à el-Hâkim en particulier. Les auditeurs se soulevèrent et tombèrent à bras raccourcis sur l'imprudent, qui s'échappa à grand'peine; ses partisans furent tués et leurs maisons pillées. El-Hâkim facilita sa fuite en Syrie, où il trouva îles adeptes dans le mont Liban. De son nom de Darazî est venue l'expression durzi. d'où Druse : les Druses sont les descendants de ses

LES I VIIMITKS

partisans. Doux autres entreprises d'el-Hâkim pour faire admettre sa divinité n'eurent | >;i s plus de succès. Le Persan Ham/.a, qui avait formulé celte doctrine La dernière ïoi> (411-1020 , dut prendre la fuite à la suite d'une sédition ; il alla rejoindre Darazi et devint auprès de lui la grande autorité théologique des Dru ses : sou catéchisme est encore enseigné aujourd'hui.

El-Hâkim disparut soudainement de la scène dans la nuit du 27 chawwàl 'il 1 13 février h » -j 1 , d'une façon mystérieuse et qui n'a jamais été expliquée clairement. Il a été probablement assassiné sur le mont Moqattam, mais il semble que ce ne soit pas à l'instigation de sa sœur, comme ou l'a prétendu. Son lils Abou'l-rîasan Ali ezh-Zhâhir n'avait que seize an fut sa tante Sitt-el-Molk qui devint la régente du royaume C'était une femme énergique; elle rétablit l'ordre par l'exécution d'un certain nombre d'officiers, fauteurs de troubles. La tranquillité ainsi ramenée par des mesures violentes qui n'atteignaient que les meneurs dura jusqu'à la mort de Si 1 1 - < • l— Molk et même jusqu'à l'épidémie de peste qui enleva le Khalife ezh-Zhâhir le 15 cha'ban 127 13 juin 1036 , laissant le pouvoir à son fils Agé senlement de sept ans. Vboû-Témim Ma'add el-Mostançir, qui régna soixante années lunaires, exemple de durée bien rare dans les annales musulmanes. C'était un mulâtre, fils d'une esclave nègre, qui n'eut qu'une pensée, après celle de s'amuser le plus possible, ce fut d'augmenter le nombre de ses gardes du cor] s, tous o de sorte que cette troupe s'éleva bientôt à cinquante nulle, hommes. Cela ne pouvait donner rien de bon. Les inti de cour curent vite fait de déplacer Dizbirî, le seul général qui pût maintenir dans le devoir les chef-, militaire-, de Syrie; une révolte de la population de Dama-, fomentée par le ministre El-Djardjarâi, et appuyée par des soldats mécontents, l'obligea à fuir «lu chef-lieu de son srouvernemenl : un mois plus tard, il mourait à Mep, où il s'était n 133 lin de 1041 . En fc40 1048-49 le Zfrule Mo izi ben Bâdis se déclara indépendant : le Maghreb échappait à l'Egypte. Dix ans plus tard, il \ eut de telles discordes entre les m et les troupes turques que Mostançir dut vider son trésor j r

calmer, à coups de gratifications, cette effervescence. Un descendant du Hamdanide de Mossoul qui, comme le fondateur de la dynastie, s'appelait Nàçir-ed-daula, mais dont le nom propre était Hasan ben Hoséïn, devint ministre en ho!\

1002) et les Turcs reprirent le dessus, mais pour opprimer le Khalife tout autant que les nègres. Dans leurs pillages, la demeure du Khalife fut incendiée et la riche bibliothèque du palais fut dispersée, perte irréparable. Nâçir-ed-daula assassiné par des conspirateurs fut remplacé en /i65 (1072-73) par le Turc Iklegiz, après avoir poussé l'abus du pouvoir jusqu'à supprimer, dans certaines villes, la Khotba au nom de son maître pour y substituer la prière au nom du Khalife de Baghdad, el-Qâïm.

Pour échapper à la domination des prétoriens turcs, el- Mostançir avait fait venir d'Acre l'Arménien Bedr el-Djémâli, accompagné de mercenaires d'origine arménienne (466-fin de 1073). Bien qu'âgé de soixante ans, Bedr prit des mesures vigoureuses, fit mettre à mort par ses officiers les émirs turcs du Caire, et prit le commandement suprême des forces militaires avec le titre de Mirgoûch c'est-à-dire Emîr elgoyoùch « commandant des troupes »). 11 mourut peu de temps avant el-Mostançir (487-1094), en laissant à son second fils Chàhinchâh un pouvoir encore plus étendu que le sien ; et le nouveau général installa à la place du Khalife défunt l'un de ses plus jeunes fils, el-MostaTi, qui lui confirma le titre d'El-Mélik el-Afdal « le prince le plus excellent ». C'est alors que les Ismaéliens se séparèrent des Fàtimites, dont ils comprenaient la faiblesse, et sous la direction du Persan Hasan ben Sabbàh, fondèrent en Perse et dans les montagnes du nord de la Syrie des Etats qui ont popularisé dans le monde entier le nom des Assassins ou « fumeurs dehachich »

hxehchàchin.). En même temps les Croisés apparaissaient à 1 horizon : après avoir, comme un torrent, traversé l'Asie .Mineure, ils arrivaient en Syrie. Les pouvoirs musulmans ne se rendirent pas d'abord très bien compte du nouveau danger qui les menaçait ; el-Afdal ne pensait qu'à reprendre les provinces perdues par l'extension rapide des Seldjouqides ; il enleva Jérusalem aux Orloqides que ceux-ci y avaient lais-

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