‹ Histoire des Arabes (volume 3)Chapitre 46 sur 53 · INSTITUTIONS POLITIQUES 11 ECO IOM1Q1 E · texte numérisé non relu

INSTITUTIONS POLITIQUES 11 ECO IOM1Q1 E

procédé contre lui comme s'il étail présent, à charge pour le demandeur de prêter serment, sauf en matière de revendication immobilière.

Les jugements du cadi sont mis à exécution par ses -<-i-\ iteurs, si le condamné ne s'exécute pas volontairement. Certains jurisconsultes admettent même que le juge a !«■ < 1 r< h t d'emprisonner ceux <[ui ne se soumettent pointa ses jug nients.

Le juge doit résigner ses fonctions, ou s'il ne le fait pas, en être destitué par le pouvoir exécutif, quand il perd la jouissance de ses facultés mentales, quand il devient aveugle, sourd ou muet, quand il mène une conduite impie ou immorale, quand il renie l'islamisme, quand il esl convaincu de prévarication, quand il est établi qu'il ne possède pas les connaissances nécessaires à son état.

Institutions de police. — Plus l'empire musulman s'étendait, plus les villes principales s'agrandissaient, plus la communauté islamique était composée d'éléments hétérogènes, et plus se faisait sentir le besoin d'une autorité chargée de veillera la sécurité des particuliers; aussi le commandant suprême dût-il, de bonne heure, déléguer ses pouvoirs .1 un lieutenant [de police, çâhib eck»chorta, le commandant du guet, qui plus tard porta le titre |de wâlî. •■ La loi divine, dit Ibn-Khaldoûn, ne prend pas connaissance des crimes dont l'existence u'esl pas soupçonnée^; elle ne châtie que les crimes constate-- ». Il fallut instituer une police pour poursuivre ces crimes insoupçonnés, les constater par une enquête, les punir par «les peines corporelles; une luis établie, cette autorité eut beau changer de nom selon les temps et les localités hâkim en Tunisie, çâhib el-médîna en Espagne, wâlt chea les Mamloûks), elle répondait trop I .jeu .1 des nécessités (inhérentes à la vie civilisée pour pouvoir jamais disparaître (1rs fonctions paraissent avoir été établies par lest )méyyad< peut-être même par Mo'âwiya. ZiyAd ben Abihi fut, dit-on, le premier à faire lui-même des rondes, la nuit, dans les ru et à percevoir des marchands une taxe pour l'entretien du guet.

L'inspection des marchés s'appelait hisba, et le commis-

saire de police qui en était chargé, mohtasib. Sa surveillance s'étendait également à la voirie, car il devait limiter l'empiétement des boutiques sur la voie publique. Il n'avait pas le droit de fixer leprix des marchandises, ni de forcer les marchands à les vendre à un prix déterminé ; mais il devait empêcher l'accaparement des matières alimentaires, et pour cela, il avait à inspecter les marchands de farine et de pain, les meuniers, les boulangers, les bouchers, les rôtisseurs et les gargotiers. Le contrôle des poids et mesures n'était pas la moindre de ses charges. On sait, par le texte même du Qorân, comment la vente à faux poids était répandue dans l'Arabie païenne. Il était du devoir d'un gouvernement musulman de veiller à ce que l'honnêteté régnât dans les transactions, sans trop pouvoir se flatter au fond de parvenir à une justice parfaite, qu'il n'est pas donné aux hommes de pratiquer: on doit se contenter d'une approximation.

Au Caire, le mohtasib était aidé par des experts l'arîf), un pour chaque genre de commerce, qui lui servaient d'inspecteurs auxiliaires ; mais ce système avait de grands inconvénients, car ces inspecteurs exerçant le même genre de négoce que ceux dont ils devaient examiner la conduite, étaient tentés de faire servir à leur 'prof it l'autorité dont ils étaient investis, et à en abuser.

La falsification des denrées alimentaires préoccupait les pouvoirs publics, au moyen âge, toutjaulant que de nos jours ; seulement, comme, pour la découverte des fraudes, l'autorité n'était pas armée des puissants moyens d'analyse et de recherche de la chimie moderne, on se contentait de procédés empiriques. On savait que les droguistes fabriquaient de fausses vessies de musc avec des écorces de dattes non encore mûres et du passerage, pétris avec de la résine de pin, et mélangés d'un cinquième Jde véritable musc; en 'piquant la vessie avec une épingle, on reconnaissait, à la force de l'effluve qui s'en échappait pour venir frapper le palais. si le musc était pur ou falsifié. Les droguistes, les marchands de rafraîchissements et de sirops, les vendeurs de graisse, d'huile, de beurre et de fruits, les marchands d'étoffes, les courtiers et les crieurs publics pour les ventes, les tisse-

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