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LES CHÉRIFS IIASANIENS DE SIDJILMASSA

mettre à mort un marabout très vénéré chez les Ghomâra, dans le Rif, près de Bâdis, Abou’s-Sokhoûr el-Khamsî, qui annonçait à tout venant que le règne du nouveau souverain ne durerait pas. Ce fut lui qui fonda, au port de Sowéïra, la ville connue sous le nom de Mogador (1178 = 1764-65). C’est en cette même année que les Français bombardèrent Salé et Larache ; cette expédition était commandée par du Chafïaut; les chaloupes qui avaient pénétré à l’intérieur de la rivière de Larache furent cernées, abordées à la nage et prises par les Musulmans.

L’attaque de Mélila, en pleine paix (1er moharrem 1185 = 16 avril 1771) fut interrompue sur les représentations du roi d’Espagne, qui fit voir que le traité conclu portait mention de paix sur terre et sur mer, malgré les chicanes des Marocains : ceux-ci prétendaient qu’il ne concernait que la mer. Le sultan fit cesser l’attaque, mais il stipula que les Espagnols transporteraient sur leurs navires le matériel de siège qu’il avait accumulé devant la place, et que, sans leur aide, ses troupes auraient eu la plus grande peine à évacuer.

En 1189 (1775), les nègres se révoltèrent à Méquinez contre un décret qui prescrivait de prendre mille d’entre eux pour aller former la garnison de Tanger, et proclamèrent le fils du sultan, Yézid, envoyé par son père pour rétablir l’ordre. Mais celui-ci et les nègres furent défaits à la bataille d’el-Mechta et Mohammed rentra à Méquinez sans coup férir. Les nègres furent expulsés de cette capitale et répartis entre les ports de Tanger, de Larache et de Rabat. Ceux de Tanger se révoltèrent l’année suivante, et le sultan, fatigué de ces mutineries incessantes, prit le parti de dissoudre l’organisation de ces noirs; il les répartit comme esclaves entre les tribus arabes établies dans la région qui s’étend de Méquinez à Tanger et les obligea à se livrer à des travaux agricoles ; mais cette mesure le privait de sa principale force : aussi l’insurrection gagna-t-elle toutes les tribus, et quatre ans plus tard, le sultan Mohammed enrôla de nouveau ces soldats laboureurs et leur fit donner des vêtements, des armes et des chevaux.

Yézîd était un fils incorrigible contre lequel son père

était obligé de prendre toutes sortes de précautions, comme par exemple d’envoyer par mer les présents destinés aux villes saintes de la Mecque et de Médine, par crainte qu’il ne se les appropriât; ce qui ne l’empêcha pas, une fois rendu à la Mecque, de s’introduire à l’heure de la sieste dans la maison où demeurait celui qui avait la garde des présents destinés au Yémen et à la Syrie et d’en prendre la plus grande partie. Arrêté par les autorités turques, il dut rendre ce qu’il n’avait pas eu le temps de dissimuler. Rentré d’Orient au bout de trois ans, Yézîd craignit la colère de son père et se réfugia dans un lieu d’asile, le mausolée de Mouley 'Abd-es-Sélâm. C’est ce fils qui succéda à son père quand celui-ci mourut en rédjeb 1204 (avril 1789).

Son règne commença par le pillage des Juifs de Tétouan. Une tentative de siège contre Ceuta n’amena aucun résultat. Les exécutions inconsidérées qu’il ordonna provoquèrent une exaspération telle que tout le monde était disposé à reconnaître Mouley Hichâm comme souverain ; l’armée de ce dernier se rencontra avec les troupes du sultan sur les bords de l’Oued-Tansift, dans la région de Merrâkech, et fut dispersée par Fedet de l’artillerie; mais pendant la déroute, deux tirailleurs tirèrent chacun une balle sur le sultan; une deces balles Rayant atteint à la cuisse, il mourut bientôt de cette blessure (djoumàda II 1206 = février 1792). On proclama à Fez le sultan Soléïman, fils de Mohammed, qui fut préféré à cause de sa piété, de sa réserve et de son intelligence. Des luttes incessantes contre ses compétiteurs, une campagne dans la Châwiya, une marche contre Oudjda, occupée par les Turcs mais évacuée par eux à la première nouvelle du départ de l’expédition (1211-1796), occupèrent les débuts du règne et amenèrent la pacification totale du Maroc. En 1221 (1806), le sultan s’empara de Figuig qui avait déjà appartenu au Maroc du temps du sultan Isma'il ; deux ans après, il réunit à ses Etats les oasis du Gourâra et du Touât. Une expédition contre les Berbères (1226-1811) se termina par une retraite désastreuse qui se serait achevée par une immense catastrophe si le sultan n’avait réussi à reprendre l’avantage sur les Guérouân.

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