LES EYY0UB1TES
avec lequel il les avait échangés contre la possession de la Syrie. Celui-ci alla demander asile aux Croisés de Saint- Jean-d’Acre ; on le reçut, mais on le livra ensuite à Ismâ'il, prince de Damas, qui le fit étrangler.
L’Egypte attirait toutes les ambitions : le prince de Bonis et celui de Karak promirent aux Francs le partage de celte province s’ils les aidaient à la conquérir, et leur cédèrent toutd’abord Tibériade, Ascalon et Jérusalem; la guerre resta indécise, d’autant plus qu’un nouvel élément entra en scène: les troupes du Khârizm-Châh ou roi du Khârizm (Chorasmie, Kliiva actuel), refoulées des bords de l’Oxus par les conquêtes des Mongols, s’allièrent avec le sultan d’Egypte, etvinrent attaquer les Francs et leurs alliés sous les murs de Gaza, où, réunis aux Égyptiens, ils remportèrent une victoire complète qui donna la Syrie, sauf Bonis, à El-Mélik eç-Çâlih.
Le concile de Lyon (1245) avait décidé une septième eroisade. Elle était commandée par Louis IX, roi de France ; elle débarqua en Égypte. Depuis la première conquête de Damiette par les Francs, on avait tout fait pour mettre cette ville en état de défense ; mais ces préparatifs ne servirent a rien: l’émir Fakh r-eddin, qui avait tenté de s’opposer au débarquement, vit ses troupes écrasées, et la tribu arabe des Banou-Kinâna, chargée de la garde des remparts, fut prise de terreur panique; elle s’enfuit, et les habitants la suivirent. Les Croisés entrèrent sans coup férir dans la place, qui n’avait plus de défenseurs (22 çafar 645 = 29 juin 1247). El- Mélik eç-Çâlih était alors en Syrie, préparant l’attaque de Bonis ; à cette nouvelle, il revint en hâte, et comme il souffrait d’un ulcère au jarret, il se fit transporter sur une litière. A son arrivée il fit pendre tous les membres de la tribu des Banou-Kinâna et alla camper à Mançoùra, ou d’ailleurs il ne tarda pas à mourir de cet ulcère â la jambe qui avait empiré rapidement ; il avait a peine quai unU ans
(15 cha'bân =14 décembre).
Il n’avait pas désigné de successeur, et son seul lils elail alors â Hiçn-Kaïfâ, en Syrie. L’esclave favorite du sultan, qui avait un grand empiresurlui et qu’il aurait même épousée suivant certains auteurs, Chadjar ed-dorr, était la mère de
ce seul fils, Ghiyâth-eddîn Tourâu-chàh ; pour lui conserver le trône, elle se concerta avec l’émir Fakhr-eddin et le chef des eunuques Djémal-eddin Mohassin ; la mort du sultan fut tenue secrète ; on lit accroire à l’assemblée des émirs qu’il avait formellement désigné son fils pour lui succéder et qu’il avait choisi pour alabek (t uteur du jeune prince ) et chef du gouvernement l’émir Fakhr-eddin. Celte ruse réussit, tandis qu’on mandait en toute hâte Ghiyath-eddin Tourâu-Châh (el-Mélik el-Mo'azhzham).
Pendant ce temps les Francs marchaient sur le Caire. Un combat heureux leur ouvrit la route de Mançoùra (la Massoure i, où ils surprirent l’armée musulmane le mardi 5 dhoù’lqûda647 (8 février 1250) et la massacrèrent en partie ; l’émir Fakhr-eddin avait courageusement péri au début de l’attaque ; la charge du corps des mamlouks arrêta seul l’élan des chevali ers français. On resta sur ses positions respectives. L’arrivée du nouveau sultan ranima l’ardeur des Musulmans, et, au fort de la lutte, ceux-ci réussirent à s’emparer de trentedeux navires de la flotte des chrétiens. Cette perte était irréparable, car les vivres des Croisés leur venaient par eau de Damiette ; ils proposèrent d’évacuer celle-ci si on leur rendait Jérusalem, mais leurs offres furent rejetées. Pressés parla famine, il leur fallut songer à se replier sur le port où ils avaient débarqué ; mais au milieu de leur retraite ils furent atteints à Fareskoùr le jeudi 2moharrem 648^6 avril 1250 et complètement défaits ; le roi Louis IX et les princes de son entourage, qui s’étaient retirés à Minyet Aboù-'Abdallah, furent forcés de se rendre prisonniers à l’eunuque Mohassin.
Cette victoire fut fatale au jeune sultan. Enivré par son succès, il crut pouvoir éloigner de lui les émirs et les mamlouks pour s’entourer de courtisans ramenés de Mésopotamie. Le mois de moharrem ne s’était pas encore écoulé que la révolte éclata : le lundi 50 (4 mai), les mamlouks assaillirent sa tente, et l’un d’eux, Béïbars, lui porta le premier coup :1e sultan se réfugia dans une tour de bois à laquelle on mit le feu, il courut alors vers le Nil pour y trouver une embarcation, mais atteint par les flèches, il tomba et fut achevé à coups de sabre. Ce fut la fin du règne des Eyyoubites en Egypte.
LES EYYOIJBITES
Eyyoubites.
GYPTE.
El-Mélik en Nâeir Çalâh-ed-din Yoùsouf (Saladin). 504-1100
— - el-'Aziz 'Imâd-ed-din 'Othmân .... 589-1193
— él-Mançoûr Mohammed . 595-1198
el-'Àdil Séïf-ed-din Abou-Bekr (Sapha-
din) . 596-1199
— el-Kâmil Mohammed . 615-1218
el-'Âdil II Séïf-ed din Ahou-Bekr. . . 635-1238
— eç-Çâlih Nedjm ed-dîn Eyyoùb. . . . 637-1240
— el-Mo'azhzhamToùrân-Châh . 647-1249
— el-Achraf Moùsà . 648-650 (1250-1252)
Damas.
El-Mélik el-Afdal Nour-ed-din ‘Ali .
el-'Âdil Seïf-eddin Abou-Bekr .
el-Mo'azhzham Charaf-ed-din Isa.
en-Nâçir Çalàh-ed-din Dâoûd . . .
— el-Achraf Moûsà .
eç-Çâlih Ismâ'il . 635-1 2.V7
el-Kâmil, el-'Àdil, eç-Çâlih et el-Moazh-
zham d’Égypte . 635-645 (1237-1249)
en-Nâçir Çalâh-ed-din Yoùsouf, d’Alep,
Alep.
El-Mélik ezh-Zhàhir Ghiyâth ed-din (jhazi . . .
el-'Azîz Ghiyâth-ed-dîn Mohammed . .
en-Nâçir Çalâh-ed-din Yoùsouf, 634-658
Mésopotamie.
El-Mélik el-Auhad Nedjm-ed-din Eyyoùb . . . 597-1200
— el-Achraf Mozhaffar-ed-din Mousà. . . 607-1210
el-Mozhaffar Ghâzi .... 628-643 (1230-1244)
Hama.
El-Mélik
el-Mozhafîar Ier Taqi ed-din 'Omar.
el-Mançoûr 1er Mohammed ....
en-Nâçir Qylydj-Arslân .
el-Mozhaffar II Taqi ed-d!n Mahmoûd el-Mancoîir II Mohammed ....
el-Mozhaffar III Mahmoûd . 683-698 (1284-1298)
— el-Mo’ayyad Abou’l-Fedâ Ismâ'îl, 710-1310.
— el-Afclal Mohammed . . . 733-742 (1332-1341)
H OMS.
Mohammed ben Chirkoûh . 574-1178
El-Mélik el-Modjâhid Chirkoiih . 581-1185
— el-Mançoùr Ibrahim . . . 637-1239
— el-Achraf Mozhaffar - ed - din Mo usa,
Arabie.
El-Mélik el-Mo'azhzham Toûrân-châh ben Eyyoùb. 569-1173
Séïf-el-IsIâm Toghtékin ben Eyyoùb ..... 577-1181
Mo'izz-ed-din Ismâ'îl . 593-1196
El-Mélik en-Nâçir Eyyoùb. . 598-1201
— el-Mozhaffar Soléïmân. . 611-1214
el-Mas'oùd Çalâh-ed-din Yoûsouf, 612-625
LES EYYOUBITES
BIBLIOGRAPHIE
Recueil des historiens des Croisades, Historiens orientaux, in-t'°, t. Ier, 1872 ; extraits d’Abou’l-Fédà et d’Ibn-el-Athîr ( Kâmil el-téwârikh et Histoire des Alabcks de Mossoul ), par M.-G. de Slane ; t. III, 4884; t. IV, 1898 ; t. V, 1906. Les deux derniers tomes contiennent le Kilâb er-Raudataïn, « Livre des deux jardins », histoire de Nour-eddîn et de Çalâh-ed-din, par Abou-Châma, publié et traduit par G. Barbier de Meynard.
Bahâ-ed-dîn Ibn-Cheddâd, Vita et res gestae sultani ... Saladini. ed. et latine vertit A. Schultens, in-t'°, 1755.
Imâd ed-dîn el-Kâtib el Isfahanî, El Falh el-Oossi fi’l-fath elqodsi, Histoire de la conquête de la Syrie el de la Palestine par Salahed-din, texte arabe publié par C. de Landberg, t. I, in-8, 1888.
Michaud, Bibliothèque des Croisades. Quatrième partie, chroniques arabes, traduites et mises en ordre par Reinaud : 1 vol. in-8, 1829.
Adolph-H. Helbig, Al-Qcidi al-Fâdil, der Wezîr saladin’s, eine Biographie. In-8, Berlin, 1909.