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LES WAH HABITES

Glial i b , ne se sentant plus en sécurité et pensant que l’arrivée de la caravane turque, sous les ordres d’un pacha représentant le Sultan ottoman, serait pour lui d’un grand secours, alla trouver 'Abdallah-pacha et le pria d’intervenir entre l’émir Sa'oud et lui. 'Abdallah essaya de négocier avec le chef des Wahhâbites ; celui-ci refusa d’admettre son entremise et lui fit comprendre qu’il ne devait pas se mêler d’affaires qui lui étaient totalement étrangères; le pacha turc jugea prudent de ne pas insister et se contenta d’accomplir le pèlerinage dans le délai fort court qui lui était imparti. Après le départ des pèlerins, les Wahhâbites entrèrent sans difficulté à la Mecque; Sa'oûd installa dans la dignité de chérif 'Abd-el-Mo'in, pour lequel il avait pris fait et cause; il fit mettre à mort les dignitaires ecclésiastiques qui lui paraissaient suspects, et démolir les lieux particuliers de dévotion dont la ville était remplie, ne laissant subsister que la mosquée qui entoure la Ka'ba et d’où il chassa les marchands qui s’y étaient installés ; enfin il fit enlever les voiles qui recouvrent le temple central ainsi que tous les objets précieux déposés dans la mosquée.

Ghâlib, après son insuccès auprès du chef de la caravane, s’était réfugié à Djedda, aux côtés de Chérif-pacha. L’émir Sa'oûd résolut de s’emparer de la place; mais celle-ci fit une belle résistance, tous les assauts échouèrent; la peste ayant éclaté sur ces entrefaites, il fallut abandonner le siège. Une entreprise contre Médine n’eut pas plus de succès; les Wahhâbites furent battus, et Sa'oûd se vit contraint d’abandonner le Hedjâz, où la garnison de deux cents hommes qu’il avait laissée à la Mecque ne tarda pas à être massacrée par la population révoltée.

Le 18 rédjeb 12.18 (3 novembre 1803), 'Abd-el-'Aziz fut poignardé, pendant qu’il faisait la prière de Yaçr, par un Persan qui voulait venger le meurtre de ses enfants, massacrés lors de la prise de Kerbélà; il s’était fait Wahhâbite et avait attendu plus d’un an sans pouvoir réaliser son projet. Le meurtrier fut saisi sur-le-champ et brûlé tout vif ; on prétend cependant que les flammes n’attaquèrent point son corps et qu’on fut obligé de lui trancher la tête. Ainsi

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mourut, à quatre-vingt-deux ans, celui qui, par une lutte perpétuelle, avait le plus contribué à fonder, en plein cœur de l’Arabie, l’État wahhâbite.

Sa'oùd succéda à son père et étendit considérablement les possessions des Wahhâbites; l’occupation du Bahréïn et du pays des Djawâsim en 1804 attira l’attention du gouverneur de Bagdad, 'Ali-pacha, qui commença de grands préparatifs en vue de combattre les sectaires devenus dangereux; il leva une armée composée de Kurdes et d’Arabes, et la Porte mit sous ses ordres les deux anciens gouverneurs de Damas et de Djedda, Abdullah et Ghérif; mais la lenteur avec laquelle s’achevèrent ces dispositions découragea de nombreuses bonnes volontés, comme celle de l’imam de Mascate, chassé de ses États par l’invasion des Wahhâbites, et qui vint à Baçra à la tête de quinze navires de guerre ; fatigué d’attendre, il allait regagner F 'Oman lorsque sa flottille fut attaquée, près de Zebara, par les corsaires des Djawâsim; il périt en combattant. Les Wahhâbites ravagèrent la région de Baçra, insuffisamment défendue par la tribu des Montéfik. L’armée d’ 'Ali-pacha, après être restée plus de cinq mois campée à Hilla sans rien faire, en dehors de quelques escarmouches insignifiantes, fut brusquement rappelée à Bagdad par une révolte du Kurdistan, et il ne fut plus question de lutter contre les Wahhâbites.

Ceux-ci, se sentant soulagés de ce côté, reprirent le cours de leurs entreprises et occupèrent, cette fois sérieusement, la Mecque et Médine. Ceux des pèlerins qui échappèrent au massacre de la caravane de 1806 trouvèrent la première de ces villes au pouvoir des Wahhâbites, qui s’emparèrent du mahmal , la riche litière apportant les présents du Sultan, et accablèrent d’impositions les malheureux fidèles; ceux-ci virent les mosquées démolies, les chaires à prêcher renversées ; au milieu d’un monceau de ruines, la Ka'ba, dépouillée de tout ornement, dressait seule son rigide profil. Médine était depuis longtemps entourée d’ennemis ; l’occupation wahhâbite fut pour elle une délivrance. Plus tard Sa'oùd fit ouvrir le tombeau du Prophète et s’empara des pierres précieuses qui y étaient enfermées, et qui

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