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LES MAMLOUKS CIRCASSIENS

Bab-el-Mandeb et vint mouiller à Djedda. La Mecque, dont le chérif un instant révolte venait d’être contraint à reconnaître, comme par le passé, la suzeraineté de l’Egypte, devint un marché international important, et les cris des négociants s’entendirent tout autour de laKa'ba; il fallut réglementer les opérations et interdire aux marchands d’envahir le temple. Les Mamloîiks ordonnèrent d’apporter à Alexandrie ou au Caire toutes les marchandises venant d’Orient, et les y soumirent à des taxes exorbitantes ; ils s’emparèrent du monopole des épices, y compris le poivre, et du sucre, dont on avait pourtant besoin à titre de médicament, en cas de peste. Qara-Youlouk, des Turcomans du Mouton-Blanc, avait fait une tentative sur la frontière de la Syrie; l’armée envoyée pour le repousser assiéga Édesse, qui capitula et n’en fut pas moins mise à sac (832-1429); l’indiscipline était telle qu’il fallut se contenter de ce succès.

Les difficultés étaient incessantes avec Chàh-Rokh, fils et successeur de Tamerlan, qui aurait voulu obtenir l’autorisation d’envoyer à la Mecque le voile de la Ka'ba, et ne réussit qu’à s’attirer une réponse insultante de Barsbàï ; celui-ci, suzerain de la Mecque, ne pouvait accepter une ofire qui aurait marqué, aux yeux des Musulmans, sa propre déchéance. Pris entre les deux ennemis, le rôle de Qara- Youlouk n’était pas des plus faciles; Barsbàï s’en vint en 83(3 (1433) assiéger Amid (Diarbékir) sans succès; néanmoins, le Turcoman fit la paix etreconnutla suprématie des Mamloûks. La mort de Qara-Youlouk remit tout en question, mais le gouverneur de Damas rétablit la paix en poursuivant l’ennemi au travers des plateaux de l’Asie Mineure.

Les derniers jours du sultan furent attristés par la peste qui ravagea l’Égypte et pénétra même dans son palais; il n’en fut pas atteint, mais comme ses deux médecins n’arrivaient pas à le guérir d’une autre maladie qui l’inquiétait, il leur fit couper la tête.

Seize ans dura le règne de Barsbàï qui mourut à soixante ans (samedi 13 dhoûl-hidjdja 841 = 7 juin 1438) après avoir désigné pour son successeur son fils Djémâl-eddin Yoûsouf (el-Mélik el-'Aziz) qui ne régna pas plus de trois mois, ses

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