‹ Histoire des ArabesChapitre 9 sur 57 · LES MARI LOUKS CIRCASSIENS · texte numérisé non relu

LES MARI LOUKS CIRCASSIENS

pacha, construisit au Caire en mémoire de son éclatante victoire la mosquée Ezbèkiyyé qui a donné son nom à la place, convertie en jardin public, où commence le chemin de Boulaq. En 893 (1488)-, une nouvelle armée commandée par 'Ali-pacha vint reprendre les deux villes de Cilicie déjà disputées tant de fois et conquérir la Petite- Arménie, y compris Sis, sa capitale; mais l’émir Ezbèk vint l’attaquer près de Tarsoûs et détruisit l’armée ottomane.

Qâït-bàï, qui avait déjà tenté de conclure la paix, s’y essaya encore cette fois; le sultan de Constantinople, préoccupé par la Hongrie, renonça aux trois forteresses conquises par les Egyptiens dans la plaine de Tchouqour-Owa, lesquelles devaient être considérées comme des fondations pieuses affectées aux villes saintes, et la paix fut signée (896-1491). Cinq ans plus tard, Qâït-bàï, qui avait vu périr de la peste sa seule femme et l’une de ses filles, mourut après un règne de vingt-neuf ans, le 27 dhou’l-qa'da 901 (8 août 1496), à la suite de l’émotion causée par un soulèvement desMamloùks. Une belle mosquée, au Caire, perpétue le souvenir de son règne, sans compter les édifices, mosquées, ponts, écoles, qu’il fit construire ou réparer sur toute la surface de son empire.

Son fils Abou’s-Sa'âdât Mohammed (el-Mélik en-Nàçir), âgé de quatorze ans, débauché et cruel, n’avait aucune des qualités qu’il fallait pour diriger les affaires de l’Etat ; au bout de six mois, l’émir Qansoû (el-Mélik el-Achraf), connu sous le sobriquet de Khams-mïè parce que son maître Qàïtbâï l’avait acheté cinq cents pièces d’or, se crut assez fort pour s’emparer de la citadelle et assumer le pouvoir, non plus en qualité d’atabek, mais en celle de sultan ; sa folle entreprise ne dura que deux jours, car le parti adverse reprit le dessus et Abou’s-Sa'âdât Mohammed réussit à remonter sur le trône, mais pour dix-huit mois seulement, au bout desquels il fut massacré (15 rébi' I 904-31 octobre 1498) au retour d’une partie de plaisir.

On mit à sa place un autre Qansoù, oncle de Mohammed ; après vingt mois d’un pouvoir qu’il n’avait accepté qu’à contrecœur, on le remplaça (vendredi 29 dhou’l-qa'da 905

= 27 juin \ 500), par Abou’n-Naçr, surnommé Djân-poulûd (àme d’acier), déposé au bout de sept mois (18 djoumàda II 906 = 9 janvier 1501) et remplacé par Abou’n-Naçr Toumânbâï, ancien esclave de Qâït-bâï : proclamé à Damas, il fut presque aussitôt reconnu au Caire, et d’ailleurs massacré au bout de cinq mois i dhou’l-qa da 906 = juin 1501) après être resté quarante-deux jours caché dans la maison d’un ami.

Ces désordres continuels avaient fini par mécontenter les populations : pour répondre à leur vœu unanime, les rebelles réunirent un conseil composé des émirs et des chéïks, et le choix de cette assemblée se porta sur un émir qui vivait en dehors des intrigues de la capitale, Qansoù el-Ghoùri, ancien esclave de Qâït-bâï, âgé de plus de soixante ans, mais dans toute la vigueur de son tempérament; il occupait alors les fonctions de chancelier de l’empire. Il refusa d’abord d’accepter sa désignation, et n’admit de monter sur le trône que si on lui garantissait la vie sauve en cas de déposition. Il ramena la tranquillité en se défaisant des plus turbulents ; il construisit au Caire la mosquée el-Ghoûriyyè. Il fut moins heureux quand il fallut faire face aux dangers qui menaçaient l’Egypte. Une flotte qu’il fit équiper pour lutter contre les entreprises des Portugais dans la mer de l’Inde, fut détruite.

Qansoù s’était allié au souverain çafawicle de Perse, Chah Isma'ïl, mais malgré cet appui, ses troupes ne purent résister. Il fit de vaines ouvertures pour la conclusion d’une paix : le sultan ottoman voulait conquérir l’Égypte. Les deux armées se rencontrèrent à Merdj-Dâbek, près d’Alep ; l’emploi de l’artillerie, arme alors nouvelle en Orient, le solide appui que fournissait à l’armée turque l’infanterie des Janissaires, eurent raison de la cavalerie égyptienne; en réalité, c’était un monde nouveau qui prenait possession de l’Asie antérieure ; le moyen âge était décidément fini. Dans la déroute, Qansoù, tombé de cheval, périt écrasé sous les sabots de la cavalerie en déroute, à moins qu’il n’ait été tué par ses propres soldats, qui ne voulaient pas le laisser aux mains de l’ennemi et ne pouvaient l’emporter (25 rédjeb 9‘22 = *2/i août 1516).

EES MAMLOUKS CIRCASSIENS

Il laissait son pouvoir à son esclave et lieutenant Toumàn-beg (el-Mélik el-Achraf), qui commandait au Caire en son absence. Avec les débris des troupes de Syrie et de nouveaux contingents, Toumân essaya de défendre l’Egypte en allant camper sur la lisière du désert, à Çalâhiyyè; mais les Turcs tournèrent cette position en marchant droit sur le Caire par el-Khanqâh. Toumân battit en retraite et vint tomber sur les derrières de l’armée ottomane; l’action s’engagea à er-Ridâniyyé. Pour contrebattre l’artillerie ottomane, le Mamloûk avait acheté aux Vénitiens quatre-vingts bouches à feu, mais les artilleurs égyptiens étaient encore inexpérimentés ; les Turcs remportèrent une victoire complète vendredi 29 dhou’l-hidjdja 922 = 22 janvier 1517)

Le Caire fut occupé sans coup férir, les Mamloùks poursuivis et massacrés; pendant le pillage, de nombreux Egyptiens furent molestés. Un retour offensif de Toumàn-beg, sept jours après, lui rendit inopinément la possession de la ville, qu’il mit en état de défense. Dans l’après-midi du huitième jour, les Ottomans faisaient irruption en masse, et réoccupaient très vite la cité. Toumân-beg avait pu s’enfuir dans la haute Egypte : là, une ambassade envoyée par Sélim vint le trouver pour traiter de la paix, à laquelle Toumân-beg était assez disposé, mais les Mamloùks ne le permirent pas et massacrèrent les messagers du sultan ottoman; l’Égyptien revint combattre dans la plaine des Pyramides ; après une lutte qui dura deux jours, il fut arrêté par des Bédouins et livré aux Ottomans. Sélim Ier le reçut d’abord avec colère et lui reprocha sa résistance obstinée et le meurtre de ses envoyés ; Toumân-beg déclina toute responsabilité sur ce dernier chef et déclara que l’honneur l’avait obligé de combattre pour l’indépendance du pays dont le gouvernement lui avait été confié. Sélim, impressionné par cette hère réponse, avait décidé de lui laisser la vie et de l’emmener à Constantinople ; toutefois, sur les remontrances de Khaïr-beg et de Djan-Berdi, il changea d’avis et il le fit pendre sous l’arcade de Bâb-Zowéïlé (22 rébf auwal 923 = 15 avril 1517). L’Égypte n’était plus qu’une province de l’Empire ottoman.

MaMLOUKS BORD.IITES.

El-Mélik

ezh-Zhàhir Séïf-ed-din Barqoùq .

en-Nàçir Abou’s-Sa'âdât Faradj

el-Maneoùr 'Izz-ed-clin Abd-eF'Aziz .

en-Nàçir Faradj (2n fois) .

el-'Adil el-Mosta'in, khalife abbasside .

el-Mo’ayyad Chéïkh .

el-Mozhaffar Ahmed .

ezh-Zhâhir Séïf-ed-dîn Tatâr ....

eç-Çâlih Nâçir-ed-din Mohammed .

el-Achraf Séïf-ed-din Bars-bâï ....

el-'Aziz Djémal-ed-din Yoùsouf

ezh-Zhàhir Séïf-ed-din Djaqmaq .

el-Mançoùr Fakr-ed-din Othmàn .

el-Achraf Séïf-ed-din Inàl .

el-iMo’ayvad Chihûb-ed-din Ahmed

ezh-Zhàhir Séïf-ed-din Khochqadem .

ezh-Zhàhir Séïf-ed-din Yelbâï ....

ezh-Zhàhir Timour-boffhâ ....

el-Achraf Séïf-ed-din Qàït-bâï ....

en-Nàçir Mohammed .

ezh-Zhàhir Qànsoù .

el-Achraf Djân-poulâd ......

el-'Àdil Abo u’n-Naçr Toùmàn-bàï .

el-Achraf Qànsoù el-Ghoûri .

el-Achraf Toùmàn-bee:

LFS MAM LOUKS CIRCASSIFNS

BIBLIOGRAPHIE

Les ouvrages cités au chapitre précédent.

G. Weil, Geschichie der Chcilifen, t. Y; Geschichle dev Abbasidenchali'fats in Egypten, t. II, Stuttgart, 1862.

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