‹ Histoire des Arabes et des Mores d'Espagne, traitant de la constitution du peuple arabe-espagnol, de sa civilisation, de ses mœeurs et de son influence sur la civilisation moderne (volume 3)Chapitre 33 sur 63 · NATION · texte numérisé non relu

NATION

La nation qui obéissait aux khalyfes de Gordoue était loin de présenter, dans sa composition, cette unité qui distinguait le gouvernement et la loi. Jamais peuple réuni sous un même sceptre et dans une même contrée

ne fut moins compacte, moins homogène : c était T agrégation d*une foule de peuples, ayant des origines, des croyances, des lois, des langues et des mœurs diverses. Musulmans. — Les Arabes proprement dits, ceux qui franchirent les frontières de la péninsule arabique pour répandre au dehors la parole deMahomet, et convertir le monde à la pointe de leurs lances, étaient en fort petit nombre au début de leur entreprise. Ils se grossirent successivement des populations conquises et converties, qu'ils entraînaient avec eux à de nouvelles conquêtes et de nouvelles conversions. Ces filsdeTYémenetduHedjaz formaient une sorte d'aristocratie héréditaire, en qui résida longtemps toute la puissance et toute la richesse. Les commandements militaires, les emplois civils, les dignités sacerdotales, furent d'abord et longtemps leur privilège exclusif. Au reste, ils conservaient loin de leur patrie les distinctions dé familles qui avaient divisé leurs ancêtres, et formaient en Espagne autant de tribus qu en avait compté l'Arabie. A côté de ces vainqueurs et législateurs primitifs, se plaçaient les Syriens, leurs voisins immédiats, leurs premiers alliés dans la foi et dans les armes, qui, en cette double qualité, partageaient tout l'orgueil et tous les privilèges de la noblesse arabe ; puis, les Egyptiens, autres voisins, autres alliés, qui, censés Asiatiques aussi, avaient aidé les Arabes à conquérir le reste dé l'Afrique. Elevés dans le luxe et vivant dans le loisir, voués à la pratique exclusive des sciences, des arts, de la guerre et de la politique, les descendants de ces trois races, auxquels appartenait également le nom de Scharakyyn (Orientaux), formaient la société polie, la haute classe, la tête du peuple. Enfin, dans un rang infé- T. n. 2

fg HISTCHBE DES ARABES

rieur, venaient les Mores ou Berbères, les Maghréinim (Occidentaux), dont les peuplades nombreuses, aussi converties à r islam, s'étaient suocessivement jetées en Espagne, à la suite de Houza Fémyr et d'Àbdérame le khalyfe. Ces Mores, jusqu'à la ré?olte du Berbère Soulâmaii et le règne de TAlmoravide Youzef,. étaient soldats, artisans, bergers, laboureurs. Ils composaient la masse, le corps du peuple musulman; ils formaient comme nn intermédiaire entre les tribus conquérantes, dont ils partageaient le culte, et les populations conquises, dont ils avaient d'abord partagé la condition.

Chrétiens. — Celles-ci formaient la partie la plus nombreuse de la population générale de l'empire. Elles se composaient des habitants que les Arabes trouvèrent en Espagne à l'époque de la conquête de Mouza , c'est-idire des anciens Ibères, mêlés d'abord aux Romains par TefiCetdes colonies militaires qu'avaient successivement établies dans la péninsule hispanique la république et l'empire, puis aux Wisigotbs, qui avaient régné trois siècles sur cette contrée. Ces hommes de race indigène, convertis au christianisme avec les Romains, puis sujets des Goths, chrétiens comme eux, ne s'étaient point soumis à la foi du Prophète, non plus que les descendants des Romains et des Goths. En vertu des capitulations que les premiers chefs arabes leur avaient accordées, et qui furent toujours observées fidèlement, ils avaient conservé leur religion et son libre exercice. Ces durétiens vivant en chrétiens sous la domination musulmane furent nommés Mozarabes ('). Us habitaient en grand

(1) Qaelqnes- uns ont fait dérifer ce mot du nom de Mmse, oo do nom

nombre toutes les campagnes des provinces soumises au kbalyfe, et même les principales cités de lempire, telles que Séville, Gordoue, Mérida , Murcie, et surtout Tolède.

La condition des Mozarabes n'était point misérable et dégradée comme on pourrait le croire d'une nation vaincue, qui ne s'est point rapprochée de ses maîtres en prenant leur culte, leurs mœurs et leur nom^ ou qui, victorieuse par la supériorité de sa civilisation, ne leur a point imposé son culte, ses lois et ses mœurs. De tous les peuples conquérants, les Arabes furent sans contredit le moins exigeant, comme le moins cruel. Ils imitèrent la tolérance religieuse et civile des Romains de l'empire, sans avoir imité les excès militaires des Romains de la république. Toute leur histoire rend témoignage de cette grande modération. En Orient, après la généreuse capitulation donnée par Omar à Jérusalem , on avait vu le kbalyfe Walyd payer le prix d'une église aux chrétiens de Damas avant d'élever une mosquée sur le terrain qu'elle occupait, et son firère Abd-Aliah conserver

de Moaza; 4'«atr«8 de nmtiHMrabes : « Le Bom àe Mozarabes, dit Voltaire, signifiait moitié arabes; il n'était pas outrageant, puisque les Arabes furent les plus cléments de tous les conquérants de la terre, et qu'ils apportèrent en Espagne de nooveDes sciences et de nouveaux arts. » ( Essai sur les mcturs, eu, chap. XIVII ). Mais la véritable étymologie du nom des Mozarabes est le mot wiosto^rab, qvÊ vent dire, dans la langue de l'Yémeo, arabi* ses, faits, devenus Arabes,

« En la perdida de Espana, Seqoedaron les cristiaiMM Con los arabes, de donde Mozarabes se Uamaron. »

(CALDBRON-La iVM« 4e 6emeM'Ària§ )

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tous les moines de FEgypte et de la Mauritanie, sous la seule condition du tribut d'un dinar par couvent. Il y avait, sous les Abbassydes, des patriarches d'Alexaodrie qui résidaient dans le couvent de Saint-Macaire, appelé par les Arabes Abou-Makar. Autrefois les chrétiens « ïnaltres de F empire romain, avaient pris toutes les basiliques, ou salles de justice, pour en faire des églises ; nulle part, les Arabes ne prirent les églises pour en faire des mosquées. En Espagne, lorsqu'ils ne possédaient encore que l'Andalousie, ils avaient confié, par une générosité singulière, le gouvernement d'une province importante et récemment soumise à un comte chrétien, à ce Théodomir, qui les avait vaincus dans un combat naval, et s'était vaillamment opposé à leur descente. Maîtres de la Péninsule entière, ils laissèrent aux habitants leurs lois et leurs juges, leur culte et leurs temples ('). Les chefs civils des Mozarabes, conservant les appellations latines de ducs et de comtes, n'avaient à leur autorité qu'une limite, heureuse et sage garantie pour leurs justiciables : les condamnations à mort no pouvaient s'exécuter qu'avec le consentement des walis arabes. Quant i la hiérarchie ecclésiastique, elle continua de subsister dans toute son étendue et avec toute son autorité sur les fidèles. Les évéques (appelés par les Arabes bitharkalh ou patriarches), élus ou agréés par les khalyfes, nommaient les curés des paroisses et les abbés des monastères. Us formèrent une Eglise séparée,

(>) À l'époqae même de la conquête, suivant la remarque de M. Romey, l'historien Isidore de Béja continua d'administrer le diocèse dont il éuil érèque, et acheva paisiblement d'écrire, sous les ijrabes, sa précieuse chronique qui va jusqu'à Tannée 764.

nationale, TEglise de Saint-I^éandre et de Saint-Isidore, l'Eglise gothique ou mozarabe, qu'Alphonse YI trouva subsistante à Tolède, et saint Ferdinand à Séville, et qui existait encore , à Tolède surtout , bien après les rois catholiques. Tous les exercices du culte furent permis, sous l'unique condition que les chrétiens s'abstiendraient des actes extérieurs, tels que les processions, et qu'ils ne pourraient punir celui d'entre eux qui embras* serait volontairement l'islamisme ('). Enfin, les Mozarabes n'étaient point exclus des charges de l'Etat. Outre les rangs de l'armée, où servaient toujours un grand nombre d'entre eux, oulre les professions libérales, plusieurs emplois, même importants, leur étaient ouverts. Ainsi l'on voit figurer un évêque parmi les ambassadeurs envoyés à l'empereur Othon le Grand, par Abdérame IIl. Une preuve plus évidente encore de la grande liberté de conscience laissée aux chrétiens sujets des khalyfes, c'est que, d'après les chroniques espagnoles elles-mêmes, plusieurs conciles eurent lieu en Andalousie pendant la domination des Arabes. Je puis citer

(1) On peut voir, dans La Etpana Sagrada de Fierez, Risco et Merino, la liste des évèqnes mozarabes de Tolède, Mërida, Ségovie, etc., et au temps même de la prétendue persécution des chrétiens sous Ab^rame II (voir an tome I, page 140), il y avait, à Gordoue, onze couvents, sans compter les églises : trois, dans les murs, sous Tinvocation de saint Ancycelle, de saint Zoïle et des martyrs Fauste, Janvier et Martial ; huit, hors des murs, consacrés au Sauveur, à Marie, à saint Christophe, saint Félix, saint Martin de Tours, saint Zoïle, saint Just et saint Pasteur. (Romey, tome III, page 480).

Les Arabes montrèrent la même tolérance, ou plus grande encore, dans les autres pays de leur domination. «( Us avaient laissé aux Siciliens le libre exercice de la religion chrétienne ; ils leur permettaient même de faire des processions publiques. » (Johannes de Johanne, Codex diplom, Siciliœt cit^ par M. Libri. )

celoi de Séville, en 782, sous le règne d'Àbdérame le Grand; celui deCordoue, en 853, sous le second Abdérame; et un troisième à Cordoue , en 862, sousMouhamad. Le concile de 852 avait été convoqué sur l'ordre même du khalyfe, afin que les évéques fissent cesser» par leurs remontrances et leur décision , les troubles qu'excitaient des chrétiens trop zélés. « Nous devons au « christianisme , a dit Montesquieu , ce droit des gens « qui fait que, parmi nous , la victoire laisse aux pen- « pies vaincus ces grandes choses, la vie, la liberté, les « lois, les biens, et toujours la religion, lorsqu'on ne <c s'aveugle pas soi-même (Esprit des Lois, liv. xxiv, « chap. 3). i> Je demande pardon de contredire Montesquieu; mais les Arabes avaient déjà pratiqué, à l'égard des chrétiens, ce nouveau droit des gens auquel le christianisme ne s'est pas toujours rigoureusement soumis, pas plus envers eux qu'envers les pedples du Nouveau - Monde ; et pour rendre sur ce point aux Arabes totite la justice qui leur est due , on doit se rappeler qu'ils étaient alors dans la première ferveur d' une croyance nouvelle, dans le premier entraînement de la victoire. Ce nouveau droit des gens que vante à juste titre l'illustre auteur de Y Esprit des Lois, les chrétiens ne r ont pratiqué qu'à l'époque de la philosophie.

L'excessive tolérance des vainqueurs avait rendu plus facile et plus prompt le rapprochement des deux peuples. Malgré la différence des cultes, les Espagnols montrèrent peut-être moins de répugnance à se mêler avec les Arabes qu'ils n'en avaient montré dans l'origine à se mêler avec les Goths, quoique ceux-ci ne

fassent séparés d'eux que par une hérésie ('). Les mariages mixtes étaient très^communs. (J'entends de musulman à chrétienne, car ils ne furent jamais ^permis, dans rislam« de musulmane à chrétien ; c'eût été comme une abjuration.) L'on vit, au moment de la conquête, Abd-al-Azyz, fils de Mouza, épouser Egilone, veuve' de Boderic, dernier roi des Goths. La mère d'Âbdérame III était chrétienne; cette origine n'empêcha point son aïeul Âbd-Allah de le choisir dans toute sa famille pour l'appeler à l'empire, et ne fit murmurer aucun fanatique à son avènement. L'horreur qu'avaient inspirée les coutumes mahométanes se dissipa bientôt, et ce relâchement gagna jusqu'aux prêtres. Au milieu d'une nation où le vœu de chasteté ne fut jamais connu, la plupart d'entre eux se mariaient comme les séculiers, et, chose digne de remarque, cet usage n'existait pas seulement dans les pays soumis aux Arabes ; beaucoup de prêtres le suivaient, même dans les Etats des rois espagnols. Ce ne fut qu'après les grandes conquêtes de saint Ferdinand, que les légats du saint-siège purent ramener le clergé espagnol à la règle du célibat (^).

Juifs. — Outre les diverses tribus musulmanes d'Asie

(1) Les Goths étaient restés ariens jusqu'au règne de Récared (585). Ce ne Ibt qu'après avoir embrassé la foi catholique qu'ils commencèrent à se confondre avec les indigènes , appelés encore Romains.

p) Je ne dis pas à la règle de chasteté. Des personnes graves m'ont assuré qu'il existe, dans les archives du Senorio de Biscaye , une loi rendue peu après cette époque , qui permettait aux prâtres , pour le repos des ménages, d'avoir chez eux une concubine (una baragana) ; et l'on sait que les vieux contes de bonnes femmes à la veillée commençaient souvent par cette formule : « il y avait un jour ce qu'Q y avait — que le bien qui vient soit pour tout le monde» et le mal pour k mdtresse du curé, n

et d* Afrique, outre les Mozarabes, demeurés chrétiens, les khalyfes comptaient parmi leurs sujets un grand nombre de juiCs. En 136, sous le règne d'Adrien, environ cinquante mille familles des tribus de Juda et de Benjamin étaient venues se réfugier en Espagne, lorsque le peuple hébreu, chassé de la Palestine après la révolte de Barcochébas, se dispersa par toute la terre. Les Goths, qui les Irouvèrent établis dans cette contrée, les y laissèrent vivre à peu près en paix, mais dans une condition inférieure, avilie ; et lorsque les Arabes se furent emparés de F Espagne, la tolérance qu'ils montraient pour toutes les sectes ennemies, surtout pour leurs devanciers dans la religion des prophètes que Mahomet avait nommée une seule religion, attira sous leur domination une foule de juifs, que la persécution frappait dans tout le monde chrétien. Tant qu'y régnèrent les Arabes, TEspagne fut le pays de l'Europe qui comptait le plus de juifs parmi ses habitants. On a vu qu à la bataille de Zalakâh (1086), les juifs a étaient nombreux « dans les deux armées, » et qu'en 1107, ils se rachetèrent chèrement, auprès de FAlmoravide Youzef, de la conversion forcée que semblait leur imposer Tan 500 de rhégire (^). Des villes entières leur appartenaient, comme le prouvent les récits des historiens arabes, qui disent queTarmée d' Abd-al-Azyz, fils de Mouza, traversa « Jaen, (1 El vira et Grenade, que possédaient les juifs (^); i> comme le prouvent les noms de Calatayud, Rotalyhud [KalalaUYéhoud, RolaHul-Yéhoud), etc. Percepteurs des impôts.

(*) Voir au premier volume, page 254.

(2) Que tenian los Judios, {i, Conde.)

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intendants des riches, courtiers des négociants, et faisant le commerce extérieur, ils furent les plus actifs propagateurs de la civilisation arabe parmi les nations chrétiennes, surtout pour les sciences, mathématiques, astronomie, chimie, médecine. Ils jouissaient, d'ailleurs, pour leur culte, quoique sans bénéfice de capitulation, de la même tolérance que les chrétiens, car Y une des églises actuelles de Tolède, San(a-Maria-la-Blanca, est un ancien temple juif, une synagogue, dont la construction appartient évidemment à 1 époque des Arabes. Les juifs avaient obtenu l'autorisa tion, soit de la construire à neuf, soit, si elle est de fondation gothique, de la réparer et de Tembellir.

Après la fondation du royaume de Grenade, on ne voit plus, parmi les diverses populations entassées dans cette province, aucune trace des chrétiens mozarabes. Ils avaient tous reflué dans les pays limitrophes conquis par les Espagnols. Mais les juifs s*y trouvaient encore en grand nombre. C'est ce que démontre, entre autres preuves, une ordonnance du roi Ismayl (1314), qui oblige les juifs à porter sur leurs habits un signe distinctif pour ne pas être confondus avec les musulmans. Depuis rentrée des rois catholiques à l'Alhamrâ, et Tédit d'eipulsion prononcé contre eux, les juifs furent traqués et pourchassés dans toute TEspagne, comme les loups en Angleterre, jusqu'à la destruction du dernier d'entre eux.

Idolâtres. — Divers passages des historiens arabes autorisent à penser qu'il se trouvait aussi, dans la population de l'empire des khalyfes, en Espagne et en Mauritanie, un certain nombre d'idolâtres , de ceux qu'ils

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nomment païens, soit sectateurs de Tancien cnlte do feu on des astres, soit simplement adorateurs de fétiches. Ceux-là étaient profondément méprisés, et vivaient, an milieu des trois religions autorisées, dans un complet isolement. Nulle union n'était permise, non-seulement de païen à musulmane, mais encore de musulman à païenne. Tout animal tué par eux, même à la chasse, était immonde. Un croyant ne pouvait ni toncher de la main T un d'eux, ni converser avec lui, sans être tenu à une ablution immédiate pour cause de souillure : ils formaient précisément une caste de parias.

Eselavei. — Enfin, l'Espagne musulmane nourrissait un grand nombre d'esclaves, attachés au service du khalyfe, des grands de l'empire, des membres de toutes les tribus nobles, et des familles riches dans les trois religions. Les sévères prescriptions portées par Mahomet contre le luxe, défendant aux hommes l'usage des pierres précieuses, des bijoux d'or ou d'argent, des étoffes ou ameublements de soie, le luxe ne pouvait se montrer que dans le nombre des chevaux et des esclaves. Il y avait, de ceux-ci, deux espèces : les uns, suivant le droit des gens de cette époque, étaient des prisonniers de guerre faits dans les combats ou dans les irruptions sur le territoire ennemi, soit parmi les chrétiens, soit parmi les rebelles d'Afrique ; les autres étaient des nègres que le trafic de la traite livrait déjà, en manière de bestiaux, à des maîtres étrangers. Les prisonniers étaient répartis comme butin de guerre ; et la loi défendait de relâcher un captif, ou d'en tirer rançon. Mais le khalyfe avait droit de ranger les prisonniers parmi ses sujets tributaires, payant la capitation. Leur fuite, dans l'un

on r antre cas, était punie de mort. Cesclaye, soit de naissance, soit par droit de la guerre, était la chose du maître, qui avait sur Ini une puissance absolue. Il pouvait disposer de la femme esclave, soit comme concubine, soit en la mariant à quelque autre esclave, pour qne ses enfants lui appartinssent. Mais l'esclave, habilité par le patron, pouvait posséder, commercer, et l'esclave aflEranchi devenait pleinement homme libre ( ^).

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