BELLES-LETTRES
A l'opposé des Romains, comuie eax disciples des Grecs» les Arabes passent poar avoir cultivé les sciences exactes avec beaucoup plus de succès que les belles-lettres. On les accuse d'être restés trop servilement disciples d'Aristote, et d'avoir gâté toutes les matières qu'ils ont traitées par les défauts, les subtilités puériles jde l'école péripatéticienne. Mais il faut remarquer que les sciences sont de tous les pays et de tous les temps; que r on peut partout et toujours reconnaître le degré de leur culture» de leur étendue, de leur importance. La littérature, au contraire, qui glt tout entière dans la forme, doit être envisagée, non pas en $0%, d'une façon absolue, mais d'une façon relative, d'après l'époque, la contrée, les lois, les mœurs, d'après tout l'état social. Cest ce qu'il ne fautpas oublier en jugeant les œuvres littéraires des Arabes.
PInlotophie. — L'on prétend, par exemple, que leur philosophie ne se compose guères que d'argumentations scolastiques, qu'elle ne dépasse jamais les limites des sciences naturelles et de la morale. U est vrai que, sous une monarchie théocratique comme le khaly£ftt , les philosophes arabes ne pouvaient avoir la liberté de Platon ou de Cicéron dans les républiques d'Athènes et de Rome, ni moins encore celle que nous ont conquise les révolutions nées du libre examen. Mais cependant, ni cette liberté de penser et de dire, ni les persécutions glorieuses qu'elle attire sur ses fervents adeptes, ne leur ont pleinement fait dé&ut. Ainsi, l'on trouve
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dans l'historien Makrizy cette réflexion, digne du jésaite Mariana : «La doctrine des philosophes causa à la religion des maux plus funestes qu'on ne peut le dire ; la philosophie ne servit qu'à augmenter les erreurs des hérétiques et à ajouter à leur impiété un surcroît d'impiété. ï> (Sylvestre de Sacy, Introd. è \ Expoté de la reiigion des Druses.) Dès le ix* siècle, Al-Kendy (Abou-Youzef- Yakoub-ben-Ishftk] écrivit sur des questions philosopliîques près de deux cents traités, dont le catalogue se trouve dans la Bibl. Arab. Hisp. Eseur.^ de Casiri. Âl-Faraby professa brillamment la philosophie à Damas. Avicenne écrivit sur la métaphysique aussi bien que sur la médecine, et le célèbre philosophe que nous appelons Aben-Pace ou Avempace (Abou-Bekr-Mohammed-aben- Badjeh, né à Cordoue, mort à Fez en 1138), n'est pas seulement moraliste, mais encore métaphysicien. Âl-Gazâly (Abou-Ahmed-Mohammed, né dans le Khoraçan en 1038) n'a pas seulement écrit son Traité de$ sciences reHgieuses [Ihy a otoun eddyn), très- renommé dans l'Orient, et l'autre livre, traduit en Occident sous le titre de Philosophica et logica Algaseli; il avait laissé à sa mort un ouvrage où se trouvaient librement censurés plusieurs points de la foi musulmane. Cet ouvrage, condamné, par le collège des Imâms, la Sorbonne du temps, fut brûlé en grande cérémonie. Traducteur de toutes les œuvres du Stagyrite, le médecin Averrhoèsfut un philosophe très-audacieux, très-indévot. On l'accusa d'athéisme, comme Socrate, et si le khalyfe almohade Youzef-Abou-Yakoub, dont il était le médecin, put le protéger contre la ciguë, il dut toutefois l'obliger à se rétracter publiquement devant la porte de la mosquée à Maroc, où
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Averrhoès resta tout un jour exposé aux insultes des passants qui lui crachaient au visage ('),
Grammaire et Rhétorique. — Une nation fière de sa langue, et qui plaçait une école dans chaque mosquée, ne pouvait manquer d'avoir un grand nombre de traités sur la grammaire et la rhétorique. Casiri a compté et cité plus de trois cents eodice^ sur ces matières dans la seule bibliothèque de tEscorial. La plupart de ceux que possédaient les Arabes furent même composés par des écrivains auxquels d'autres ouvrages donnaient l'autorité du talent et de la renommée. Ibn-Kotaïbah (Abou-Mohammed-Abd-Allah, né à Bagdad en 829, mort en 890), s'était fait connaître par son Livre historique des Notices (Kitab al Maaryf) et par ses Eitplieations du Koran (Gharyb al Koran^ Mouschkyl al Koran)^ avant de publier l'ouvrage qui l'a rendu célèbre chez toutes les nations où se parle l'arabe, AdalelKateb^ ou Gode d'instruction. Cest un traité des divers genres de style et d'éloquence. En Espagne, l'écrivain connu sous le nom dix fils de la Gothe, Ibn-al-Couthyah (Abou-Bekr-Mohammed) composait une célèbre Histoire de la conquête d Andalousie par les Arabes (Kitab fatah al Andaloûs), oh Cardonne a puisé les principaux éléments de son Histoire d* Afrique et d Espagne, en même temps que divers traités de grammaire, entre autres sur les conjugaisons des verbes (Kitab tessarifa] afal). Enfin, le plus jeune des trois frères qui s'illustrèrent au temps de Saladin (Salah-Eddyn) — (la fin du nV" siècle),
(1) On pent consulter, sur la philosophie des Arabes, le Dictionnaire des sciences philosapkiques de M. Muock, les Recherches critiques sur les éditions d^Aristote de M. Jourdain, enfin le chap. 14, au t. I du vaste et savant Mémoire de M. B. Hanréau sur la Philosophie scolastique.
dans les opérations chirurgicales ; et» pour ne citer qu*un exemple récent, la première idée, le premier procédé de la lithotritie, viennent d'être empruntés au Tukryf de ce même Albucasis que Haller, le savant universel, appelait « la source commune où puisèrent tous les cfafrurgiens postérieurs au wv"" siècle ('). ï>
Si les Arabes avaient porté si loin la science de guérir, ce n'était pas seulement par les facultés de réflexion, d'analyse, d'expérience, propres à une nation studieuse et savante ; c'était encore en aidant la médecine des sciences naturelles qui lui fournissent ses moyens d'opérer : Botanique — d'abord la botanique, dont l'étude et la connaissance étaient chez eux tout à fait populaires ; Chimie — puis la chimie, inconnue en quelque sorte de l'antiquité, et dont ils nous ont donné les premiers élé* ments. On la nomma d'abord alchimie, (de aUkymia) mot heureux, en ce qu'il montre la science arabe sortant de la science grecque. Le plus nécessaire de ses instruments opératoires, l'alambic, et plusieurs de ses produits principaux, les alkalis, l'alkohol, l'alkermès, etc., font assez connaître leur origine par les noms qu ils portent encore. C'est l'application de la botanique et de la chimie à la
(1) « Cofnmunis quati font sit, ex quo recentiores seeuU impri$Ms Xiv chi' arurgi hauteruiU.n
Voici commeni la traduction latine fait parler Albacasis : <c Acc^^itUur tnttrumetUum quod nominaiU moshabakebilia , et suaviter itUroducahÊr in virgam, et volve lapidem in medio veHcœ, et H fuerU moUis frangitur et esit, » (Liber theo. et pract,) Le texte arabe donne la figure de Finstninient, dont Fosage est pins longuement et plus clairement décrit dans la traduction anglaise da docteur Clianning (Oxford, 1778). — Voir aussi , sur ce point, le Journal dee Progrès des sciences médicales, vol, 2, et la lettre du docteur Civiale à M. le cheralier de Kern, page 2.
médecine qui a fait naître la pharmacie , science moderne aussi, dont T Arabe Àben-Zohar passe pour F un des premiers fondateurs.
Pharmacie. — Cet Aben-Zohar (Abou-Mérou&n-ben- Abd*al-Melk-ben-Zohr) , mort très-yieux à Séville, en 1261 , qui fut médecin de l'Ai mora vide Youzef-ben-Tascbf]fn, et maître d' Averrhoès, est auteur du livre intitulé Teicyr qu'on a trad uit par Reetificatio medicationis. A la même époque vivait le célèbre botaniste Aben-Bitar (Abd-AUah-ben- Ahmed-al-Béïthar, ou fils d'Ahmed le Vétérinaire), né près de Malaga, et mort en 1248. Son Recudl des médicaments simples, (Djamé Aladouiat Almofrédat), quon appelle communément Kitab Almofrédat (Livre des simples), passe pour un excellent ouvrage, plus méthodique, plus complet, mieux appuyé sur F expérience et F observation que ceux de Dioscoride, de Galien et d'Oribase. C'est l'avis de Miguel Casiri, qui a traduit dans sa Bibliot. Hisp. Arab. Esc, la belle préface d'Aben-al-Beïthar; et aussi de Juan Andrès, qui rapporte les études et les voyages faits par ce savant médecin, en Europe, en Afrique, en Asie, pour tout apprendre ou tout vérifier par lui-même. Avant ces deux célèbres Andalous, Aben-Zobr et Abenal-Béîthar, Razy avait introduit F usage des minoralifs ou purgatifs doux, la casse, le séné, le tamarin. Successivement, les médecins arabes se signalèrent par F invention de sirops, d'esprits^ d'eaux distillées, d'emplâtres, de pommades et d'onguents. Ces connaissances médicales des Arabes se transmirent aux Mores, et jusqu'aux descendants de ceux-ci, faits chrétiens. L'un des historiens de F expulsion des Morisques dit, en peignant les mœurs de ce peuple déchu : « Les Morisques se traitent eux-
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m^e0 dans lewt maladieai et n'appuient jtmai0 d« médecins; aussi viv^it-ils quatre-vingts et œnt ans. Leurs chirurgiens opèrent, avec des onguents, des cnros merveilleuses* » (4inar» Etfukion de Un Montées, parte U.) Le persécuteur des Horisques, le cardinal Ximenes de Cisneros, âgé déjà de soixante-quatre ans« miné par une maladie lente, abandonné des médecins chrétiens^ se remit aux mains d'une vieille femme more, qui le guérit complètement et lui donna dix-sept ans de vie. Philippe IH aussi, dans sa jeunesse, fut guéri par un Morisque appelé Pachet. (H. de Circourt, HiUaire de$ Moret muijares, i. Il, p. 79, et t. III, p. 162.)
Histoire rmiarelle. — En général, toutes les brandies de l'histoire naturelle étaient également cultivées par les Arar bes, qui, fervents disciples d'Aristote et continuateurs de ses œuvres, nous ont laissé de nombreux traités sur les animaux, les plantes, les métaux, les pierres précieuses» les fossiles, etc. Le plus important de ceux qui nous restent est le livre d' Al-Kazwiny (Zakariah-ben^Mohammed-ben- Mahmoud, de Eazwin, ou Casbin, mort en 1283), qu'on a surnommé le Pline des Orientam. Ce livre d'Al-Kazwiny, intitulé Adjaib-al-MakUmâi wa GhamlhQl'Uawdét^ renferme deux parties distinctes, dont la première traite de l* astronomie, tandis que la seconde, beaucoup plus intéressante, et consacrée k ce que lauteur nomme les Etres inférimars (Okm-fei^), donne une description des Trois Règnes de la nature. M. de Chézy en a traduit plusieurs chapitres, que M. Silvestre de Sacy a recueillis et annotés dans sa ChreHofM^ne arabe (tome UI). On vmra, en les consultant, que Kazwiny n'a point usurpé son beau surnom, car il a su, à la manière des grands pein-
très de la nature, Aristote, Pline, Builfon, Cuvier, réunir le style à la science, et parer des sujets sérieux d'une forme attrayante.
Parmi les naturalistes andalous, il faut remarquer et citer Issa-ben-Aly-al-Sadita, surnommé Al-Garnatby ou le Grenadin, qui» dans le xiv* siècle , a écrit un gr^nd Traité de la chasse, en près de trois cent cinquante chapitres, où se trouve l'histoire naturelle de tous les animaux qui servent comme auxiliaires ou comme but de la chasse : d'une part, les chiens, les chevaux, les oiseaux de fauconnerie ; de l'autre, toutes les races diverses de gibier. Casiri parle avec éloge de ce livre curieux, que, malheureusement, ni lui ni d'autres n'ont traduit.
Mathématiques. — Les Arabes connurent toute la science d'Euclide ('). Mais aux mathématiques des Grecs ils ajoutèrent des parties entièrement neuves, telles que l'arithmétique moderne [K Im-ai^Hhésâb) ^ dont les opérations n'étaient point possibles avec les chiffres appelés latins, et r algèbre (AUDjebr'OucHd'Mokabélah) dont le nom dit assez l'origine (^).
(<) Qu'ils nonflnent Oklyd, et de gui d'HerJielot cite jusqu'à seize traducteurs.
(3) « Crefrr, c'est de ce mot joint avec Tarticle que nous avons fait algèbre, « qui est «née tout^ur, et qui signifie proprement la réduction des nom- « bres rompus à un nombre entier. Cependant les Arabes ne se servent ja- « mais de ce mot seul pour signifier ce que nous entendons par algèbre, « mais ils y joignent toujours celui de mocabelah, qui signifie opposition et « comparaison. Ainsi algèbr n aimoeabelahf que les Arabes rangent dans les « règles d'Elm^alrHessdb, c'est-à-dire de l'arithmétique, est proprement « chez eux ce que nous appelons algèbre. 11 ne faut donc pas croire que cette « science tire son nom du philosophe et mathématicien nommé 6re6er , que les « Arabes appdlent Djaber, ni moins encore confondre le mot g^ avec celui «( de gefr (nom d'un livre cabalistique.) » (lyHBRBBlOT, Bibiioî, orierUale,)
Astronomie. — Us connurent aussi la science d'Hipparque et de Ptolémée, et ne rétendirent pas moins que celle d'Euclide. Avec leur goût du recueillement et de la méditation , leur esprit porté aux découvertes et aux aventures, il n'est pas étonnant que les Arabes aient cultivé V astronomie, dont on place l'antique berceau chez les Ghaldéens, leurs voisins. Mais de cette astronomie rustique qu ils pratiquaient de temps immémorial, les Arabes 9 s aidant des mathématiques dans leurs observations, avaient fait une science nationale, dont, seuls , ils entretinrent le feu sacré entre la chute de r empire romain et la renaissance.
On peut voir, dans Y Histoire de l Astronomie au moyen âge, par Delambre, quels progrès firent les Arabes sur les Grecs dans la trigonométrie, Tanalemme et la gnomonique. <i T^e nombre des observateurs, dit Delambre, fut plus considérable chez les Arabes qlie chez les Grecs ; ils eurent de meilleurs instruments... Les Arabes appliquèrent leur trigonométrie aux problèmes célestes. Us paraissent les premiers auteurs des différents systèmes sur la division du ciel... Us donnèrent une forme plus régulière et plus géométrique à la doctrine des directions et des profections, si même ils n'en sont les véritables inventeurs ('). ^ En rappelant que le résumé vulgaire de la science des cieux, mis à la portée et à l'usage de tous, se nomme encore Al-Manak, il suffira de citer quelques noms et quelques œuvres parmi les astronomes arabes :
(<) Delambre adonné d'assez longs détails sur les traraux des astronomes qu'il appelle Albategnius, Alfragan, Thébilh, Ibn-Jonis, Iboul-Wefa, Alpéirage, Arzachel, Geber, Aboul-Hassan ; puis sur Alphonse X, Sacrobosco, Regiomontanus et les autres disciples des Arabes jusqu'à Viète.
Alfergan (Ahmed-ben-Kossayr-al-Fergany), qui vivait sous le khalyfe Al-Mamoun, mort en 833. On le surnomma AUHacyb, ou le Calculateur. Son Introduction à t astronomie est un abrégé de Y Almageste deVtolémée, ou plutôt de toute l'astronomie grecque, qu'il répandit' ainsi et naturalisa parmi ses compatriotes. — Abou- Hansoùr (Yahyah-ben-Aly), né en 855, surnommé Al- Mounédjem ou Y Astronome. C'est lui qui fut placé par les successeurs d'Al-Mamoun à la tête des savants réunis h Damas et à Bagdad. Il passe pour Tauteur de la Zidgé ou Table vérifiée, qui fut rectifiée , dans le siècle suivant, par Aboul - Wafla (Mohammed - ben - Yahyah - Abou'l- Ouafla-al-Mouzdjany). — Albategnius (Mohammed-ben- Djaber-al-Batany], né en 877, mort en 9^. Sa fameuse Table Sabéenne (Zidgé-Saïby) a été traduite sous le titre de Sdentia slellarum ; on y trouve la première notion des tangentes et des sinus. Al-Batany avait reconnu, par l'observation d'une équinoxe, que Tannée de trois cent soixante-cinq jours était trop courte; il mesura l'obliquité de l'écliptique, et découvrit le mouvement de l'apogée du soleil. Cette découverte a le plus illustré son nom. <c Elle a marqué, dit Bailly, les travaux des Arabes. C'est une pierre qu'ils ont mise à la construction de l'édifice du monde ; elle y ^st restée pour leur gloire, et pour celle d' Albategnius... le plus grand astronome qui ait paru sur la terre depuis Ptolémée. » Lalande aussi le place parmi les vingt plus célèbres astronomes qui aient vécu jusqu'à nous, a Albategni, dit Delambre, rendit à la trigonométrie le service le plus signalé en substituant les sinus aux cordes... Il emploie les sinus verses, qu'il a le premier introduits dans la
lOt HISTOIRE DBS ARABES
pratique de la trigonométrie sphérique. » — Aboa- Ryhan (Mohammed-ben-Âhined-al-Byrouny), mort en 941, surnommé Al-Mohakak, ou le Très-Sabtil, auteur d'uoe Table astronomique, d'une Géographie, etc. — Al- Soufy, du Khoraçan, mort en 986, qui a laissé, outre sa Table, un Catalogue de$ étoiles fixes et un Traité sur la pro^ jeetion des rayons. — Ibn-Jonis (Aly-ben-Abd-al-Rhaman- Ebn-Younis) , né en 979, mort en 1008. Le résumé de ses travaux se nomme Eidgé-Ibn-Younis ou Ziàgé-Bakémyt Table hakémite. C'est, de toutes les Tables arabes, la plus complète et la plus célèbre. Ibn-Younis était aussi poète et musicien. — Al-Hacen (Abou-Aly-al-Hassan), mort au Caire, en 1038. Il est très-connu par son fameux Trait^ d optique, traduit sous le titre Alhaken opticw thésaurus, et par son Traité des crépuscules [lÀber de crepusculis et nubium ascensionibus] . Il a prouvé , par les phénomènes de la réfraction, que l'espace au delà de l'atmosphère, Véiher, qu'il nommait la substance du ciel, est composé d'une matière plus rare que l'air respjrable. — Abou-Raghel (Aly), qui vivait à Cordoue dans le xi* siècle, est l'auteur du livre traduit sous le titre De judidis seu fatis stellarum, qu'on regarde comme l'origine d'une science vaine qui se propagea vite parmi les crédules esprits du «moyen âge, et dura plus que lui, l'astrologie judiciaire. Le dernier terme de cette science» parmi les Arabes, est le livre d'Al-Bouni (né au xm* siècle à Bouna, aujourd'hui Bône, l'ancienne Hippone), et qui a pour titre Soietl des connaissances, a II passe, dit U. Reinanà [Monuments arabes, etc.), pour renfermer les secrets les plus surprenants, et les musulmans ne le lisent, comme le Roran, qu'en état de pureté « »