‹ Histoire des Arabes et des Mores d'Espagne, traitant de la constitution du peuple arabe-espagnol, de sa civilisation, de ses mœeurs et de son influence sur la civilisation moderne (volume 3)Chapitre 46 sur 63 · INVENTIONS · texte numérisé non relu

INVENTIONS

Aidés p^r toptes ces sciences, et par tous ces moyens de les cultiver avec succès» les An|bes ont &it une foule d'inventions* diverses, et les plus importantes peut-être des temps modernes, après Vimprimerie.

Horloget. — Us excellaient dans la mécanique. Chez eui^ l'nsage des horloges, des fnacbiqps à mesiirerletepips, remontait à T origine dp lepr puissance, et personne n'ignore qpe la prein^ière horloge qui parpt en Occident fut celle qu'envpya le kh^ly^ Haroup-aUBaschyd en ppésent à G^arleip^gne , avec un jeu d^écbecs et dfss pl^ptsde divers fruits et légumes eqcore inconnus parmi nous (dans r^npée 807). Que cette horloge ait été mue simplement par pne clepsydre, qu elle fut une horloge d'eiju , il n'en est pas moips Remontré, puisqp'elle cofpptait les dou^e heures du jour en faisant tomber autant de ballps d'airain sur un timbre de même mét^l, qi^e, dès cette époque, le^ Arabes i^yaiept autre chose pour marqper \e^ n^esures dp ten^ps qpe l'antique sablier et le Cifdr4P solaire. Il est certain, d'ailleurs, qu'ils construisirent de véritables horloges mécaniques. On a cru que, dans son célèbre Itinerarium, le rabbin Benjamin de

un Tflrâeao qui .contepAil h bibliothèque de Muley-ZycUu, mifomolm de Maroc» et cette précieuse capture fut déposée tout entière dau$ la bibliothè- (p9 des rois d'E^gne à TEscorial. Mais, le 7 juii^ 1674; c'est-Mire avant q^ Vétude des langues orientales permit de recueillir tous les fruits d'une si belle conquête littéraire, le feu prit à l'Escorial , et consuma huit mille volumes , presque tous arabes (Nicolas Antonio, préface de la Biblioteca Pspanoh). En 17çp, lj(jrsque Michel Cçsiri commençait à dresser Tinventaire ^ la bibliothèque «UTfbe, il resl^ft encore ^,82{k volumes manuscrit.

ET pn MOUS D'£SPA6NE. U9

Tudela , 31 longtemps accfisé de in^nsonge , et maintor nant reconnu Térjdiqqe , avait [fait un conte §n décri- Tant r horloge de Pâmas ; fasis cette même description » faite par l'Arabe Àben-Djobeïr , est recueillie dans la Relation d'Abd-^l-Latbyf (*)• Le P. Martin Sarmiento affirme qu'il a trouvé plusieurs mentions expresses d'horloges dan^ les manuscrits arabes , et il les nomme , pour traduire littéralem^nt , horlggei aut(mate$, se mouvant d'elle3-mêmos. J. Condecite également (parte /F, cap. 16). un certain Abou-Ahd-AUah-ben-Arrakam , instituteur du roi de Grenade Naz^r (Ai-Nasser, yers 1310), <( hommp incomparable dans l'art mécanique ( la fnaquir nerifi ) , if> qui était célèbre parmi les siens pour avoir inventé des tabler astronomiques et de très-ingénieuses

(1) a Quand on sort par la porte Djiroum, on voit à droite, dans la muraille de la galerie en fece, une sorte de salle ronde en forme de grande ▼oAte» dans iaqneUe sont denx disqnes de eoiyre percés de petites portes, dont le nombre égale celai des heures du jopr, et deux poids de cuivre M>inbent du l>ec de deux éperviers de enivre dans deux tasses percées. Vous voyez les deux éperviers étendre leur cou, avec les poids, sur les deux tasses, et laisser tomber les poids; cela se feit d'une façon si merveilleuse qa'oa croirait que c^est de la magie. Lbs poids en tombant font do bruit, puis ils rentrent par les trous des tasses dans l'iptérieur du muf . Aussitôt la porte se referme avec une tablette de cuivre. Cela continue ainsi jusqu'À ce que, toutes les heures du jour étant passées, toutes les portes se soient fermées. Four la nuit, c'est un autre mécanisme. Dans Tarcade qui entoure les deux disques de cuivre, sont dou^e cercles de cuivre percés, e( dans chaque cercle un vitrage. Derrière le vitrage est une lampe que l'eau iait tourner par un mouvement proportionné à la division des heures. Quand une heure s'achève, la lueur de la lampe illumine le verre, et les rayons se projettent sur le ce^le d/e ci^vre. Ensuijle h mième c^^ /i ^eu pour le cercle suivant, jusqu'à la fin des heui^ de la nuit. Un h/^p^me est clergé 4e diriger cejlte mécanique, et de remettre le^ poids ^ Ijeur place. Pu no^me cet^ machine l'horloge. V.oil^^ ce qu'en dit Abep-Piobéir : Dieu ^\ est parfaitement savant (Trad. de Sylvestre de Sacy). »

horloges (muy mgeniosoi reloxe$.) Reste à savoir si les horloges automates des Arabes étaient à pendule ou seulement à balancier circulaire. Le savant docteur Edouard Bernard, d'Oxford, n'hésite point à déclarer que cette grande découverte de Temploi du pendule pour la mesure du temps appartient aux Arabes, et qu'il faut leur restituer une invention que se disputèrent Tltalie et la Hollande, Galilée et Huyghens ('). Laissons-lui, sans insister, la responsabilité de cette opinion un peu aventureuse et qui ne repose pas sur de solides preuves.

Les Arabes, qui construisirent une foule d'ingénieuses machines de guerre, soit pour F attaque, soit pour la défense, employaient l'art mécanique à toutes sortes d'usages. Voici, par exemple, la description que font leurs historiens d'un minbar (chaire de prédicateur), et d'une maksoura (tribune réservée), construits dans la mosquée de Maroc pour l'émyr almohade Abd-al-Moumen (vers 1150) : o(... On lui présenta un minbar^ ou chaire, de merveilleux travail. Toutes les pièces en étaient du bois aromatique appelé lyt et de sandale rouge ou jaune; les chapes, viroles et crampons, les clous, les vis, étaient d'or et d'argent gracieusement travaillés. On lui fit aussi une maksoura, ou chambre mobile, qui allait d'un côté à l'autre, sur des roues, et si grande qu'il y pouvait tenir mille hommes. Elle avait six côtes, ou bras, attachés par des gonds, et ces bras, ainsi que les roues, étaient disposés de manière qu'ils ne faisaient aucun bruit en se

(*) « Quid vero attronomi Arabum in Cl. Ptolemeo, magno construe-

tore artit cœlestit, injuria nulla reprehenderint : quam ilU soUicite temporis minutiat per aquarum guttuUu, immanibus scioiheris, imo (mirabere) fîli penduli vibrationibus, jampridem disHnxerint et mensurarint (Trans. Philos, n» 158). D

mouvant. Us s élevaient et s abaissaient en mesure. Ces deux constructions étaient placées dans les nefs par où rémyr entrait à la mosquée. Elles avaient Tune et l'autre de tels ressorts faits par la géométrie , que chaque machine se mouvait dès qu'on soulevait les rideaux de Tune des deux portes . par où Témyr venait à la prière du ajourna (vendredi). Dès que le rideau se levait, on voyait se mettre en marche la maksoura d'un côté, le minbar de l'autre, par le moyen de leurs ressorts et de leurs roues, avec beaucoup de mesure et de majesté. Ils levaient et baissaient leurs bras en cadence, et peu à peu, sans aucun bruit, ils venaient se placer aux endroits convenables de la nef principale. Le minbar contenait une telle machine que,dès que le khatyb (prédicateur) montait les marches, la porte s'ouvrait d'elle seule, et se fermait quand il était entré. L'émyr, avec sa famille et ses gardes, s'avançait dans la maksoura avec la même facilité, et'se retirait de la même façon, sans qu'on pût voir ou entendre le mouvement de ces admirables machines. Elles étaient l'œuvre du célèbre mécanicien Aihâs-Yahisch, de Malaga, le même qui construisit la forteresse de Djébal-Tharyk (Gibraltar) par ordre d' Abd-al- Moumen. if> (J. Gonde, parte III, cap. M.) Il est inutile, après cette description, de faire remarquer tout ce que ces machines si compliquées exigeaient de savoir et de ressources dans l'art mécanique. Archimède ou Yaucanson n'eussent pas mieux fait qu' Alhâs-Yahiscb . Tout le monde convient que les Arabes ont transmis des Indes & l'Europe les chiffres qui portent leur nom, et qu'ils appellent souvent lettres indiennes ('). Mais peu

(1) Us les placent, non comme les lettres de leur écriture, de droite à

horloges (muy mgemosos reloxe$.) Reste à savoir si les horloges automates des Arabes étaient à pendule ou seulement à balancier circulaire. Le savant docteur Edouard Bernard, d'Oxford, n'hésite point à déclarer que cette grande découverte de Temploi du pendule pour la mesure du temps appartient aux Arabes, et qu'il faut leur restituer une invention que se disputèrent l'Italie et la Hollande, Galilée etHuyghens ('). Laissons-lui, sans insister, la responsabilité de cette opinion un peu aventureuse et qui ne repose pas sur de solides preuves.

Les Arabes, qui construisirent une foule d'ingénieuses machines de guerre, soit pour l'attaque, soit pour la défense, employaient l'art mécanique à toutes sortes d'usages. Voici, par exemple, la description que font leurs historiens d'un minbar (chaire de prédicateur), et d'une maksoura (tribune réservée), construits dans la mosquée de Maroc pour l'émyr almohade Abd-al-Moumen (vers 1150) : o(... On lui présenta un minbar^ ou chaire, de merveilleux travail. Toutes les pièces en étaient du bois aromatique appelé lyt et de sandale rouge ou jaune; les chapes, viroles et crampons, les clous, les vis, étaient d'or et d'argent gracieusement travaillés. On lui fit aussi une maksoura^ ou chambre mobile, qui allait d'un côté à l'autre, sur des roues, et si grande qu'il y pouvait tenir mille hommes. Elle avait six côtes, ou bras, attachés par des gonds, et ces bras, ainsi que les roues, étaient disposés de manière qu'ils ne faisaient aucun bruit en se

(*) ...... Quid vero astronomi Arabum m Cl. Ptolemeo, magno eonstrue-

tore artis eœlestis, injuria nuUa reprehenderint : qtum UU soUicite temporis minutioi per aqtuxrum guttuhs, immanibus sciotheris, imo (mirabere) fili penduli vibrationibus, jampridem disHnxerint et menmrarint (Trans. PhiJos. n« 158). »

mouvant. Us s'élevaient et s abaissaient en mesure. Ces deux constructions étaient placées dans les nefs par où rémyr entrait à la mosquée. Elles avaient Tune et l'autre de tels ressorts faits par la géométrie , que chaque machine se mouvait dès qu'on soulevait les rideaux de Tune des deux portes . par où l'émyr venait à la prière du ajourna (vendredi). Dès que le rideau se levait, on voyait se mettre en marche la maksoura d'un côté, le minbar de l'autre, par le moyen de leurs ressorts et de leurs roues, avec beaucoup de mesure et de majesté. Ils levaient et baissaient leurs bras en cadence, et peu à peu, sans aucun bruit, ils venaient se placer aux endroits convenables de la nef principale. Le minbar contenait une telle machine que, dès que le khatyb (prédicateur) montait les marches, la porte s'ouvrait d'elle seule, et se fermait quand il était entré. L'émyr, avec sa famille et ses gardes, s'avançait dans la maksoura avec la même facilité, et'se retirait de la même façon, sans qu'on pût voir on entendre le mouvement de ces admirables machines. Elles étaient l'œuvre du célèbre mécanicien Alhâs-Yahisch, de Malaga, le même qui construisit la forteresse de Djébal-Tharyk (Gibraltar) par ordre d' Abd-al- Moumen. r> (J. Gonde, parte Itl, cap. M.) Il est inutile, après cette description, de faire remarquer tout ce que ces machines si compliquées exigeaient de savoir et de ressources dans l'art mécanique. Archimède ou Yaucanson n'eussent pas mieux fait qu' Alhâs-Yahisch . Tout le monde convient que les Arabes ont transmis des Indes & l'Europe les chiffres qui portent leur nom, et qu'ils appellent souvent lettres indiennes ('). Mais peu

(1) Us les placent, non comme les lettres de leur écriture, de droite à

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de gens savent ou soupçonnent que nous leut devons aussi, selon toutes les apparences, les trois découvertes qui ont chargé Tétat littéraire, géographique et militaire du monde entier, h savoir : le papier, la boussole et la poudre k canon. Ce sujet exige et mérite quelques développements. Ils nous seront en partie fournis ou indiqués par Juan Andrès [lomo /% cap. lOJ.

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