‹ Histoire des Arabes et des Mores d'Espagne, traitant de la constitution du peuple arabe-espagnol, de sa civilisation, de ses mœeurs et de son influence sur la civilisation moderne (volume 3)Chapitre 52 sur 63 · PAR VOLNEY · texte numérisé non relu

PAR VOLNEY

« Nous eûmes jadis un roi nommé TimaoSf au temps duquel Dieu étant irrité contre nous, je ne sais par quelle cause, il vint du cité d'Orient {par l'Isthme de Suex)^ une race d'hommes de condition ignoble (des pâtres^ trè^-méprisés par let laboweurs d'Egypte) , mais remplie d'audace, laquelle fit une irruption soudaine en ce pays, qu'elle soumit sans combat, et avec la plus grande facilité. D'abord ayant saisi les chefs ou princes, ces étrangers traitèrent de la manière la plus cruelle les villes et les habitants, et ils renversèrent

m HISTOIRE DES ARABES

les temples des dieux. Leur conduite envers les Egyptiens fut la plus barbare, tuant les uns, et réduisant à une dure servitude les enfants et les femmes des autres. Ils se donnèrent ensuite un roi nommé SalatiSy qui résida dans Memphis, et qui, plaçant des garnisons dans les lieux les plus convenables, soumit au tribut la province supérieure et la province inférieure. 11 fortifia surtout la frontière orientale, se défiant de quelque invasion de la part des Assyriens, alors tout-puissants; et, parce qu'il remarqua dans le nome de Sais, à l'orient de la branche (dti Nil nommée) Bubastite, une ville avantageusement située, qui, dans notre ancienne théologie, s'appelle At^ar, il l'entoura de fortes murailles, et il y plaça une garnison de 240 mille hommes armés. Chaque été, il y venait (de Memphis)y tant pour faire les moissons et payer les soldes et salaires , que pour exercer cette multiAde et inspirer l'effroi aux étrangers. Après 19 ans de règne, il mourut; son successeur, nommé Béon^ régna 44 ans; puis ApacKnat, S6 ans et 7 mois, puis ApaphiSf 61 ans; puis YanioMf 50 ans; puis Ams, 49 ans et 2 mois.

a Ces six premiers rois firent constamment aux Égyptiens une guerre d'extermination. Toute cette race portait le nom de Ykiog^ c'est-à-dire rois pasteurs ; car, dans la langue sacrée, YK signifie m, et, dans le dialecte commun, sos signifie posteu^r. d

Josèphe, cessant de citer textuellement Manétbon, mais s'appuyant toujours de son autqrité, ajoute : « Ces pasteurs rois et leurs successeurs possédèrent l'Egypte environ 511 ^ns. M^is, les rois delà Thébaïde et ceux du reste de l'Egypte ayant entrepris contre eux une guerre longue et violente, ils la continuèrent jusqu'à ce que, sous l'un de ces rois nommé Alisphragmutos (lisez Misphragmutos)^ les pasteurs vaincus et repoussés du pays, se renfermèrent dans un local nommé Avar, dont le circuit était de dix mille arpents. Ils entourèrent ce local d'une forte et immense muraille, pour la défense et la conservation de leurs personnes et de leur butin. Après AlisphroQ" mutoSy son fils, pommé Thummosis, vint avec 480 mille hommes assiéger cette place. Mais, n'ayant pu réussir à la prendre de force, il fit avec les pasteurs un traité dont la condition fut qu'ils pourraient quitter l'Egypte sains et saufs; à ce moyen, ils emmenèrent leurs familles et tout leur butin, etc. »

Pour donner aux Juifs, ses compatriotes, une origine un peu noble, Josèphe prétend ensuite que ces pasteurs se retirèrent dans la Judée, où ils bfttirent la ville de Jérusalem. Mais cette opinion est si mal fondée, que le même Manéthon, lorsqu'il explique Torigine des Hébreux et leur sortie d'Egypte sous Moïse, qu'il nomme (karsiphf affirme que c'était une tourbe populaire composée de lépreux et de gens impurs de toute espèce au nombre de 80 mille, chassés par le roi Amenophy père de Séthosy sur l'ordre d'un oracle.

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